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San Rosendo à CELANOVA (Galice)

La généalogie est vraiment un sac de surprises. 

On peut se découvrir des ancêtres époustouflants, des bandits ou des saints.

San Rosendo,  galicien, est une de ces surprises. Quand je dis « mes ancêtres », je ne dis pas la vérité vraie. Il est un collatéral de mes ancêtres, une sorte de très très grand-oncle.

En Galice il fait l’objet d’un culte religieux très ancien et toujours vivace.

Sa vie a été nimbée de sainteté.

Il s’agit de D. Rosendo GUTIERREZ, fils de D. Gutierre MENENDEZ, comte de CELANOVA et de Sainte Aldara ERIS, son épouse.

Il serait né le 26/11/0907 à Santo Tirso, petite ville près de PORTO au Portugal et serait décédé en 0977 dans le monastère de San Salvador de Celanova qu’il avait fondé. Sa naissance hors de la Galice s’explique par le fait que son grand-père paternel Hermenegildo GUTERRES était Comte du Portugal.

Parmi les nombreuses charges exercées, il aurait été :

  • vice-roi de la Galice
  • évêque de Compostelle
  • Abbé de son monastère de Celanova
  • Administrateur Apostolique de Iria Flavia (actuelle ville de PADRON) et de Santiago de Compostelle entre 968 et 977
  • Dans les luttes et litiges entre rois OR, il fit office d « arbitre politique »

 

San Rosendo

San Rosendo

Je le dis mon grand-oncle, voici pourquoi :

  • En 0860, nous avons le mariage de Ermesinda GATONES de VIERZO avec le Comte de PORTUGAL, Hermenegildo GUTERRES
  • Parmi leurs enfants on retrouve Gutierre MENENDEZ, 2ème Comte de SOBRADO marié à Aldara ou Ilduara ERIS (Sainte). Ils sont les parents de Rosendo (Saint) .
  • Une fille du couple, donc sœur de Rosendo, Elvira MENDEZ de PORTUGAL, épouse Ordoño II, roi de LEON.
  • Ce couple Elvira et Ordoño sont les parents de RAMIRO II, roi de LEON vers l’an 900.
  • Ramiro II épouse en 3èmes noces ARTIGA ou ONEGA, probablement d’origine musulmane, convertie
  • Le fils de ce dernier couple, Ramiro et Onega, est Lovesendo RAMIREZ, qui épousa la princesse Omeyiade Zayra IBN ZAYDAN, appartenant à la famille des califes de CORDOBA.

Ma ligne descendante de ce couple Lovesendo et Zayra est consultable sur l’article de ce blog « Zayra, ma princesse Maure ».

C’est l’époque qui me paraît la plus mystérieuse, comme celle d’un paysage surgissant du brouillard, comme par des échappées.

Après les Romains, les Wisigoths sont les maîtres de toute cette région, l’Entre Douro e Minho, l’actuel Portugal au nord de Coimbra, qui a inclus pendant des siècles la Galice.

A partir de OVIEDO, dans les Asturies, un petit royaume wisigoth-chrétien se défendit contre les musulmans et agrandit peu à peu son territoire, repoussant chaque fois les « infidèles » un peu plus vers le Sud.

Les « ricos-hombres », à peine une demi-douzaine, étaient ces grandes familles médiévales, descendantes presque toutes des wisigoths et ayant la capacité de fournir au roi des centaines d’ hommes en armes.

Les « croisés » arrivant de toute l’Europe, tels, en ce qui concerne la France, les ABREU (appartenant à la famille des Comtes d’ EVREUX) ou les BORGONHA (Henri et Raymond, cousins, appartenant à la famille des Ducs de BOURGOGNE) avaient apporté à ces « ricos-hombres » le sang bleu du reste de l’Europe.

Or, l’atmosphère guerrière permanente allait de pair avec une christianisation, bien ou mal acceptée par les populations primitives, descendantes des Celtes et des Ibères. Les voies de communication rendaient possibles tous les échanges.

Par exemple, vers la ville d’ASTORGA convergeaient les voies romaines venant de BRAGA au Portugal, de MERIDA, de TOLEDO, de ZARAGOZA et de LUGO, en Galice.

Les populations d’origine arabe, les mozarabes, furent christianisées de gré ou de force.

Pour revenir à Saint Rosendo, il appartenait, par son père et par sa mère, à des familles très puissantes de Galice et de Léon-Asturies.

Par son père il était cousin germain des rois : Ramiro II de LEON, Sancho ORDONEZ de Galice, Alfonso IV de LEON et du Comte Osorio GUTIERREZ.

 Il est nommé évêque de Mondonedo, succédant à son oncle et maître, l’évêque Graon.

Dès le plus jeune âge il fait preuve d’une grande sagesse. Cette sagesse sera mise à l’épreuve souvent dans les arbitrages qu’il est appelé à exercer entre les grandes familles, auxquelles il appartenait.

Son action est vantée et saluée à tel point que le roi de LEON, en une période de vacance de pouvoir, le nomme vice-roi de Galice.

Il impose la règle bénédictine dans tous les couvents de sa juridiction et se retire encore jeune dans le couvent de Celanova, qu’il avait fondé. Dès son décès, en 977, des quantités de miracles lui furent attribués, la canonisation eut lieu 200 ans plus tard et le culte se maintint au point que l’on prénomme toujours des enfants d’après son prénom, Rosendo. 

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Couvent de san Salvador à Celanova ( san rosendo à Ourense)

 

 

 

 

Irène Angelina, princesse de Byzance, belle-fille de Frédéric Barberousse

Née vers 1181 à CONSTANTINOPLE, fille de Isaakius II, empereur de BYZANCE et peut-être d’une princesse appartenant à la famille PALAIOLOGINA, elle rentre dans l’Histoire en épousant en premières noces Roger III, roi de Sicile, et, une fois devenue veuve, en épousant Philippe, un fils second du Duc de Souabe. Ce Duc de SOUABE, devenu Empereur du Saint Empire Romain-Germanique n’est autre que Frédéric Barberousse. Dans une période tourmentée politiquement, période où le Pape, les Papes successifs, cherchaient à agrandir leur pouvoir temporel, se voyant en quelque sorte comme les « rois de l’Europe ». Frédéric de Hohenstaufen, par sa personnalité et par ses origines familiales, ayant pour père un Duc de Souabe, Gibelin, et pour mère Judith de Bavière, une Welf, apparaît à l’époque comme « la pierre angulaire », en opposition aux visées temporelles de ROME.

L’épouse de Frédéric était Béatrice de BOURGOGNE. Elle fut la mère de Philippe von Hohenstaufen, second époux d’Irene Angelina.

La Souabe, dénommée ainsi d’après ses premiers (?) habitants, les SUEVES, est la région qui voisine avec la Bavière, dans le sud de l’Allemagne. Ces peuples, les Sueves, comme les Alanes, les Vandales ou les Wisigoths furent de ceux qui sillonnèrent l’Europe pendant le Haut Moyen Age. Tous furent christianisés et se fondirent entre eux dans le creuset du Temps.

Irene Angelina est née, donc, aux alentours de 1181 à Constantinople et est décédée dans son château d’ HOHENSTAUFEN le 27 août 1208, peut-être en couches.

Philippe, son époux, alors roi d’Allemagne, venait d’être assassiné par un rival, Otton de Wittelsbach, dans le château de Bamberg. Dans tous les écrits de l’époque, même les écrits de ses adversaires, Philipe est qualifié de prince sage, très éclairé, attentif aux autres, bon mari, bon père et bon gouvernant. Le crime dont il fut la victime frappa profondément ses contemporains.

J’ai retrouvé ces Grands-Parents par leur fille Elisabeth qui épousa le roi de CASTILLE et LEON, Fernando III, le Saint.

La famille paternelle d’Elisabeth von SCHWABEN, les HOHENSTAUFEN, est celle qui prit une part prépondérante lors de la célèbre et terrible guerre civile, entre Welfs (Guelfs) et Gibelins, qui déchira l’Italie du Nord et du Centre, ainsi que le sud de l’Allemagne pendant des décennies. La cause en fut, comme toujours, la volonté de domination constante des grandes familles d’Allemagne, des Ducs de SOUABE, les Hohenstaufen entre autres, pour obtenir la mainmise sur l’Italie.

Mais en Italie, au delà des grandes familles de Toscane, Florence et Pise, qu’il fallait réduire, il y avait à Rome un obstacle presque infranchissable, le Pape.

Celui-ci, au delà du pouvoir matériel, détenait un pouvoir spirituel, par la doctrine, transmise par les ecclésiastiques de toute l’Europe, doctrine qui infiltrait toutes les familles, toutes les villes, tous les pays.

Une discorde régionale germanique, entre les Ducs de Bavière et les Ducs de Souabe, s’exporta vers l’Italie, rasant des contrées entières, et mettant à feu et à sang les merveilleuses villes que nous connaissons.. Des grandes tours seigneuriales, dont on peut avoir une petite idée en visitant S. Geminiano, furent détruites par centaines.

Les HOHENSTAUFEN étaient porteurs d’une tradition de fidélité à l’Empire Germanique.

Les Ducs de BAVIERE étaient plus portés à suivre l’ autorité papale.

Elisabeth, fille de Irene Angelina et de Philippe von HOHENSTAUFEN, loin de sa Souabe natale, partageait la vie du roi de CASTILLA et LEON, Fernando III, le Saint.

Le couple a eu dix enfants.

Elisabeth, née à Nuremberg en 1202, est décédée à TORO en Castille le 5/11/1235. Décédée à 33 ans, en ayant donné naissance à dix enfants ! La vie des femmes à cette époque-là était tout sauf un long fleuve tranquille, même pour celles qui  avaient des parcours protégés .

C’est en étudiant mes ancêtres PUGA, originaires de Galice, que j’ai trouvé ces 21 èmes grands-parents.

Voici comment :

  • Fredéric Barberousse de HOHENSTAUFEN , Duc de SOUABE, puis Empereur du Saint-Empire et Béatrice de BOURGOGNE

  • Philippe von HOHENSTAUFEN, Duc de SOUABE, puis roi d’Allemagne et Irene Angelina

  • Elisabeth von SCHWABEN et Fernando III, rey de CASTILLA y LEON

  • Manuel, Infante de CASTILLA, señor d’ESCALONA y PENAFIEL né à CARRION de los CONDES en 1234, décédé à PENAFIEL en 1283 et Nuña

  • Sancho MANUEL, seigneur de l’INFANTADO y CARRION et Inês DIAZ de TOLEDO, fille de l’Amiral de CASTILLA

  • Inês DIAZ MANUEL et Vasco MARTINS de SOUSA CHICHORRO, 1er seigneur de MORTAGUA, au Portugal

  • Isabel VASQUES de SOUSA et Diogo GOMES da SILVA, premier seigneur de CHAMUSCA

  • João GOMES da SILVA , « claveiro » dans l’Ordre du Christ, et N.

  • Beatriz da SILVA, nonne, et Francisco SOARES de BRITO, abbé de Valença

  • Inês de BRITO et Diogo SOARES TANGIL, seigneur du « Couto de Liñares » en Galice

  • Isabel SOARES et Francisco PALHARES COELHO, seigneur de Trute à Monção, Portugal

  • Maria SOARES et Rui LOPES de PUGA

  • Inês PUGA SUAREZ y BRITO, vers 1525, et Antonio LOPEZ de PUGA y JUNQUEIRAS, seigneurs du Pazo de Monterreal à Tortoreos, Galice,

  • Diogo SUAREZ de PUGA et N.

  • Antonio LOPEZ de PUGA et N.

  • Diego SUAREZ de PUGA et Josepha BENAVIDES

  • Antonio SUAREZ de PUGA , chirurgien, et Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, casa-Torre de « a Moreira » à Cequeliños, ARBO, Galice. Mariage en 1696

  • Diego de PUGA y SAAVEDRA, « licenciado » et Angela FERNANDEZ

  • Angela Maria de PUGA y SAAVEDRA, née en 1726 et Domingo Antonio LORENZO,

  • Manuel Nicolas LORENZO de PUGA et Rosa Quitéria ALVES FERNANDES

  • Manuel José de JESUS PUGA , propriétaire, et Maria da Natividade RODRIGUES

  • Manuel JESUS de PUGA n. 1849, receveur, et Ana Joaquina BALEIXO

  • Laura da Conceição PUGA, née le 12/11/1879 et Joaquim José PEREIRA JUNIOR, pharmacien

  • João Antonio PUGA PEREIRA et Amândia SENDIM de RIBAS -LIRA RODRIGUES, mes Parents

O Couto de LINARES en Galice

A partir du prénom Soeiro, d’origine germanique, les familles SOARES au Portugal ou SUAREZ en Espagne trouveraient leur origine chez les wisigoths.

Ma branche, portugaise, est celle des SOARES (de) TANGIL.

Tangil est une paroisse de Monção, ma ville natale.

Deux autres branches seraient celle des « SOARES de ALBERGARIA » et celle des « SUAREZ de TOLEDO ».

Dans des temps très reculés, au débuts de la christianisation, un roi wisigoth, Soeiro, aurait eu son palais (Paço) à Tangil.

Lors du règne de Alfonso VI, en Castille, les batailles contre les royaumes musulmans du sud de la Péninsule devinrent permanentes, engageant toute la chrètienneté, celle de la péninsule ibérique, comme celle du reste de l’Europe. Ce fut la croisade d’Occident, prélude à la Reconquista.

Pendant plusieurs siècles, les royaumes wisigoths, puis chrétiens, du nord, à partir des Asturies ou de OVIEDO, se défendaient, ou selon les circonstances, attaquaient, soit les Omeyiades, soit les Almoravides. ou les Almohades.

J’ai dans mon arbre, né en 1375, Heitor SOARES TANGIL, qui épousa Mécia PEREIRA.

Ce grand-père Heitor fut seigneur de VALADARES (Portugal) et de LINHARES (Galice). Ces deux Coutos, ou seigneuries lui venaient de son père, et de sa mère.

Le fils d’Heitor et de Mécia, né vers 1420, fut Diogo SOARES TANGIL, seigneur du Couto de LINARES en Galice, marié à Inês de BRITO (Nobiliario de Familias Portuguesas, vol.IX, page 445, Soares Tangis).

Cette grand-mère Inês de BRITO était née vers 1450 à BEJA, ville du sud du Portugal. Ses parents étaient Francisco SOARES de BRITO, abbé de Valença et Beatriz da SILVA   nonne.    Tous les deux appartenaient à de grandes familles portugaises.

( Nobiliàrio de Familias Portuguesas, NFP, vol. IX, pages 412 (SILVAS))

Beatriz da SILVA était la fille de João GOMES da SILVA, « claveiro » de l’Ordem de Cristo. Le titulaire de cette fonction ou dignité occupait le troisième rang dans la hiérarchie  de l’Ordre.

Depuis l’Age des Métaux, cette pointe occidentale extrême de la Péninsule Ibérique, très riche en argent, or et étain, avait attiré beaucoup de populations.

Le climat y était relativement clément et un réseau hydrographique très riche permettait des cultures abondantes de céréales.

Le pèlerinage vers St Jacques de Compostelle, initié vers l’an MIL, eut comme conséquence une affluence venant de toute l’Europe.

Bracara Augusta, actuelle BRAGA, devint le premier foyer chrétien de la région d’Entre DOURO e MINHO, grosso modo au nord de PORTO.

BRAGA investit des légions d’évêques et de prêtres pour diffuser l’Evangile.

Un danger permanent, la piraterie, demeura pendant des siècles, sur les terres côtières,  Les pirates barbaresques et les vikings, lors d’incursions sauvages obligeaient les populations à se réfugier dans les « castros ». Ceux-ci étaient des constructions peu importantes, sur des hauteurs,  semblables à  des « mottes féodales » en France,, mais possédant malgré tout des murs bâtis en pierre.

La romanisation avait créé les premières routes pour favoriser le transport des produits miniers. Ces routes furent aussi celles qui devinrent le « caminho francês », amenant les pèlerins vers Compostelle. Les premiers pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle commencés très tôt les empruntaient.

Le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle se vit accorder par le Pape les mêmes indulgences que le pèlerinage à ROME ou à Jerusalém. Ce dernier, était  devenu extrêmement dangereux  et  tombait en désuétude.

Le premier siège comtal du PORTUCALE fut GUIMARAES, pas très distant de BRAGA, mais témoignant dès l’origine, de la nécessaire distance entre l’ordre sacré et l’ordre laïc.

Le pouvoir laïc, aux mains du Comte de PORTUCALE, se trouvait à GUIMARAES et le pouvoir religieux se trouvait à BRAGA.

C’est à GUIMARAES qu’est venu s’installer le couple comtal, formé par Henri de BOURGOGNE et sa jeune épouse Teresa de LEON, fille du roi de CASTILLE, Alfonso VI.

Le croisé bourguignon, se voyant attribuer le Comté de PORTUCALE et la main de l’Infanta Teresa de LEON, voyait ainsi récompensée sa contribution guerrière contre les Maures venus du sud.

Leur fils, Afonso HENRIQUES, fut le premier roi du Portugal.

Ci dessous ma ligne descendant de D. Diogo SOARES TANGIL , seigneur du Couto de LINARES, par sa petite  fille Isabel SOARES, née vers 1500:

  • Afonso LOURENCO de VALADARES et Teresa GIL SOARES TANGIL, senhora du Paço de TANGIL
  • Heitor SOARES TANGIL c. 1375 et Mécia PEREIRA
  • Diogo SOARES TANGIL et Inês de BRITO
  • Isabel SOARES et Francisco PALHARES  COELHO.  NFP, vol IV, page 255 ( CASTROS)
  • Maria SOARES vers 1500, et Rui LOPES de PUGA, NFP vol IX, page 456 ( SOARES TANGIS)
  • Inês PUGA SOARES Y BRITO et Antonio LOPES de PUGA y J(X)UNQUEIRAS, capitaine et seigneur du Pazo de MONTERREAL à Santiago de TORTOREOS, Galice
  • Diego SUAREZ de PUGA et N.
  • Antonio LOPEZ de PUGA et N.
  • Diego SUAREZ de PUGA et Josepha BENAVIDES
  • Antonio SUAREZ de PUGA, chirurgien, et Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, mariés en 1696, seigneurs  de la casa-torre da Moreira à ARBO, Galice
  • Diego de PUGA y SAAVEDRA, prêtre, et Angela FERNANDEZ
  • Angela Maria de PUGA y SAAVEDRA, née en 1726, et Domingo Antonio LORENZO
  • Manuel Nicolas LORENZO de PUGA, né en 1755 et Rosa Quitéria ALVES FERNANDES, portugaise, née à Melgaço.
  • Manuel José de JESUS PUGA, décédé en 1848 et Maria da Natividade RODRIGUES
  • Manuel JESUS de PUGA, né en 1849, à Melgaço et 1° Ana Joaquina BALEIXO et 2° Dalinda ROMA de LEMOS
  • Laura da Conceição PUGA, née en 1879 et Joaquim José PEREIRA JUNIOR, pharmacien
  • João Antonio PUGA PEREIRA et Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES, mes Parents

La vie dans les manoirs de GALICE

Faisant suite, dans mon blog, à l’article « Un SAAVEDRA peut-il en cacher un autre ? », voici une partie du travail que je continue sur cette famille de la côte ouest de Galice.

J’ai eu des contacts par mail avec le Professeur Pegerto SAAVEDRA, professeur d’Histoire à l’Université de St Jacques de Compostelle.

Cet éminent universitaire travaille régulièrement sur les familles « hidalgas » de Galice. Et certains de ses travaux, accessibles sur internet, nous font « vivre de l’intérieur », dans l’intimité même de leurs manoirs, le quotidien de nos ancêtres.

Par exemple, la lecture récente d’un de ses articles « LA VIDA EN LOS PAZOS GALLEGOS : ENTRE LITERATURA Y HISTORIA  », paru dans la revue Pedralbes en 2003.

C’est par ma 5ème grand-mère, Angela Maria de PUGA y SAAVEDRA, née en février 1726, que je rentre dans la lignée des SAAVEDRA. Par son père D. Diego de PUGA y SAAVEDRA, elle descendait des SUAREZ de PUGA liés aux XUNQUEIRAS ou JUNQUEIRAS.

  • Jeronimo LOPEZ de XUNQUEIRAS et Inês ANES de ARAUJO
  • Antonio LOPEZ de PUGA y XUNQUEIRAS et Inês de PUGA SOARES e BRITO
  • Diego SUAREZ de PUGA et N. SUAREZ de PUGA
  • Antonio LOPEZ de PUGA et N. LOPEZ de PUGA
  • Diego SUAREZ de PUGA et Josefa BENAVIDES
  • Antonio SUAREZ de PUGA et Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA
  • Diego de PUGA y SAAVEDRA et Angela FERNANDEZ
  • Angela Maria de PUGA y SAAVEDRA et Domingo Antonio LORENZO, mes 5èmes grands-parents galiciens.
  • Manuel Nicolas LORENZO de PUGA, fils du couple Angela Maria et Domingo Antonio est né le 6 décembre 1755 à Mourentan, ARBO, Galice. Il vécut à Melgaço, au Portugal et s’y maria. Il est mon 4ème grand-père.

Mais comme le nom SAAVEDRA ou SABEDRA apparaît pour la première fois par son grand-père maternel, D. Diego SABEDRA de ARAUJO, prêtre à Cequeliños, et vrai père de Dona Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, c’est sur les RIAS BAJAS, REDONDELA, RIBADAVIA et presqu’île du MORRAZO, fiefs des SAAVEDRA, que je dois me concentrer.

Ce nom qui fut celui du géant littéraire Miguel de CERVANTES, a probablement été apporté de la côte des RIAS BAJAS, peut-être de REDONDELA, lors du mariage d’un SAAVEDRA avec une fiancée ARAUJO résidant plus à l’intérieur des terres.

A ARBO, qui appartient administrativement au District de PONTEVEDRA, le nom SABEDRA ou SAAVEDRA est peu présent.

Le père de Doña Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, grand-mère paternelle de mon Angela Maria de PUGA y SAAVEDRA était D. Diego SABEDRA de ARAUJO.

La mère était Francisca TEIXEIRA, née à ALBEOS.

Par le testament daté du 24 Mars 1706, fait par D. Diego SABEDRA de ARAUJO, Licenciado, on peut deviner ses liens familiaux avec la ville de REDONDELA, dans la zone littorale du sud ouest galicien, celle des RIAS BAJAS.

Il demande 100 messes dans un couvent de cette région. Or, c’est là, à REDONDELA justement, qu’une branche des SAAVEDRA a pris racine depuis des siècles.

Et, bien sûr, en cherchant des SAAVEDRA du côté de REDONDELA, je trouve des JUNQUEIRAS et des ALDAO (ALDAN).

Les XUNQUEIRAS étaient devenus les seigneurs de Caramiñal par la grâce des Rois Catholiques, après qu’un Esteban de XUNQUEIRAS avait participé à la prise de GRANADA.

Mais la famille est documentée dès 1370, date à laquelle le Juge de PONTEMARCOS, Don Gonzalo LOPEZ DOZON, lors de son mariage avec Doña Elvira EANS de XUNQUEIRAS est doté par le roi.

Le Pazo-forteresse, situé près de La Coruña, à Pobra de Caramiñal, avait été bâti au XIIIème siècle par Fernan MARTIN de XUNQUEIRAS.

Les révoltes Irmandiñas des années 1467-69 virent la destruction de ce pazo-forteresse comme celle de dizaines et dizaines d’autres manoirs et châteaux. Seule resta debout la Tour du XIII siècle, encore visible de nos jours.

La reconstruction du Pazo fut donc entreprise par Esteban de Xunqueiras, après la prise de Granada. L’embellissement et confort furent l’œuvre de ses descendants.

D’où les styles, variés, Renaissance et Baroque , qui s’y entremêlent, suite aux apports successifs.

Pazo-Torre de XUNQUEIRAS

Vers le milieu du XVI siècle, le Pazo-Torre de XUNQUEIRAS changea de mains après le mariage de Teresa VASQUEZ de J(X)UNQUEIRAS, señora de la Casa y Torre de XUNQUEIRAS et de POBRA de CARAMINAL, avec Ares PARDO das MARINAS, seigneur, lui, du Pazo de BERGONDO, de PARGA et de CILLOBRE. Le tout fut intégré dans l’immense domaine patrimonial des Ducs de MEDINACELI.

Ces Grands d’Espagne, qui appartiennent à une branche royale, celle des « de La Cerda », possèdent également en Galice le splendide Pazo da OCA, en La Estrada. C’est le Pazo le plus visité de Galice.

Pazo da OCA

Sans oublier leur « Casa de PILATOS » à SEVILLA, demeure principale de la famille et siège de la Fondation Ducale qui détient les archives, dont celles de la famille de XUNQUEIRAS, intégrées dans celles de CAMARASA, ainsi que les bases de données où les chercheurs du monde entier, universitaires ou amateurs, puisent les généalogies de ceux, qui comme moi, sont enracinés en Galice.

Casa de Pilatos

La Galice et le Minho, au nord du Portugal, sont des territoires avec une Histoire et une Sociologie tellement riches que leur étude occupera des générations de chercheurs, pour les siècles à venir. Vers la moitié du XVIII siècle il y avait environ 6.500 familles nobles en Galice.

La ferme, dans l’environnement de chaque manoir, avec les potagers, vergers, champs pour les céréales, le vignoble, les dépendances pour le personnel et pour le matériel agricole, est généralement séparée par des murs de l’enceinte habitée par la famille du maître et par les domestiques.

Le « horreo », grenier, et le « palomar », colombier, sont toujours présents.

D’après le Professeur Pegerto SAAVEDRA, la politique familiale, dans cette Galice du Moyen Age et de la Renaissance consistait à privilégier les mariages entre « vinculeiros », c’est à dire entre héritiers destinés à recueillir la totalité ou la plus grosse part d’une succession.

La richesse allait à la richesse, et on vit se constituer ainsi des fortunes impressionnantes.

On trouve même assez souvent le cas de « filles », héritant à la place d’un frère aîné, car on peut envisager pour elles un mariage avec un « vinculeiro ». Un tel mariage renforcerait le pouvoir de la famille .

Surtout, si on tient présent à l’esprit, que la reconnaissance du statut de « Hijo d’algo » ( hidalgo), résultat de tout un procès en recherche généalogique, mené à la Real Chancilleria de VALLADOLID, accordait à la noblesse l’exemption totale du payement d’impôts et taxes, au delà de l’attribution de la charte de blason et de privilèges judiciaires. Les reconnus « nobles » ne pouvaient être jugés que par leurs pairs.

Sans toutefois oublier que, prise dans son ensemble, la Galice était une province pauvre et rurale.

La grande majorité de ces familles habitaient dans leurs manoirs, et vivaient des rentes royales, de celles payées par les fermiers et très souvent des revenus de charges exercées.

Charges de toute nature, administratives, judiciaires, militaires ou de Droit Privé, comme celles d’avocat, notaire, etc. Surtout pas le moindre métier manuel ou mécanique. Métiers interdits. Seules la Médecine et la Chirurgie restaient accessibles à la noblesse.

Dans l’article cité plus haut, le Professeur SAAVEDRA illustre son travail par des références à des œuvres littéraires de deux écrivains gallegos très célèbres , la Comtesse Dona Emilia PARDO BAZAN et D. Ramon VALLE-INCLAN , qui était un invité permanent du pazo de Xunqueiras.

Tous deux avant les honneurs littéraires et la renommée acquise à Madrid, avaient vécu dans leurs manoirs de Galice. La « vida pacega » qui était la leur, par l’appartenance à la noblesse de terroir, nourrissait leurs œuvres.

On peut trouver un équivalent littéraire  dans l’oeuvre de George SAND.

Mais vers le milieu du XVII siècle, se fait sentir au fin fond de la Galice l’appel des grandes villes, Madrid, Tolède ou les merveilleuses villes andalouses telles Sevilla, Granada ou Cordoba qui offrent une vie culturelle autrement riche, par le théâtre, le concert, les modes vestimentaires.

Ils imitaient en cela les nobles courtisans, les grandes familles de Cour, qui, eux, possédaient depuis des siècles une résidence à Madrid ou Tolède. Ils ne venaient dans leurs pazos gallegos qu’en Eté ou pour les fêtes paroissiales, vendanges ou événement familial majeur, comme des obsèques ou un baptême.

La noblesse de terroir galicienne commença alors à déserter les campagnes et à se partager entre le manoir en Eté et Saint Jacques de Compostelle, Léon, Tolède, Valladolid ou Madrid le reste de l’année. Ces murs qui avaient abrité leurs ancêtres depuis des siècles n’étaient plus que des résidences secondaires, confiées à des régisseurs et produisant des rentes.

Les régisseurs encaissaient les loyers et les revenus fermiers, géraient les ventes et les achats des produits des fermes et rendaient compte annuellement aux « maîtres » absents.

Régulièrement aussi, surtout si la demeure urbaine du maître n’était pas très éloignée, des quantités impressionnantes de victuailles empruntaient les routes et les chemins pour être consommées en ville.

J’ai trouvé dans ma branche SAAVEDRA, aliée aux ALDAO (ALDAN), les rapports annuels concernant l’économie du manoir du ROSAL. L’expédition hebdomadaire des produits de la ferme vers St Jacques de Compostelle y est comptabilisée.

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Pazo «  O Rosal »

Si on regarde une carte de Galice, côté Atlantique, dans la partie sud-ouest, on aperçoit entre la ria de VIGO et celle de PONTEVEDRA, une presqu’île.

C’est la presqu’île d’EL MORRAZO. Les îles CIES, classées au Patrimoine Mondial, sont au bout de cette péninsule.

Pratiquement en face de VIGO, mes ALDAN (ALDAO) habitaient le Pazo du ROSAL. Par des mariages entre vinculeiros et des héritages successifs, ces ALDAN possédaient dans les années 1700 une des plus grandes fortunes de Galice.

La famille résidait à Saint Jacques de Compostelle, dans leur Pazo urbain et le ravitaillement empruntait toutes les semaines la route entre le ROSAL et la Ville compostellane.

Le Pazo du ROSAL a été hérité par un D. Gonzalo de SAAVEDRA après dispositions prises par un oncle et une tante, sans enfants. Ceci se passait dans les années 1600 environ. Par la suite et pratiquement sur 200 ans, ce pazo n’est plus sorti de la famille.

Lors de la fête annuelle, au nom de l’orago de la paroisse, la tradition voulait que le seigneur offre à tous les paroissiens un gigantesque pic-nic, où l’on sacrifiait deux bœufs, plusieurs veaux, des dizaines de « paires de volaille », des tonneaux de vin, et des quintaux de gâteaux au miel e noix, spécialité de la région.

Par son travail à SEVILLE, dans le fonds Camarasa des Archives de la Fondation Ducale de Medinaceli, le Professeur Pegerto SAAVEDRA, nous offre aussi un relevé annuel de la comptabilité du Pazo da OCA.

Ce relevé couvre pratiquement un siècle. Le siècle qui vit la dépense exploser par les travaux princiers, entrepris par Don Fernando GAYOSO ARIAS OZORES, VII comte d’Amarante. Confortés par les rentes du Comté d’AMARANTE, les GAYOSO, entreprennent des travaux gigantesques.

En parallèle avec les dépenses habituelles de sustentation des humains et des animaux, on ajoute la dépense de maçons, souvent des maîtres tailleurs de pierre, de forgerons, souvent aussi des maîtres forgerons, de menuisiers et d’ébénistes, vitriers, etc. Sans parler des légions de jardiniers, dirigés par le français François VIET. Et, à demeure, le charpentier CADET, français lui aussi.

Nous avons aussi les journées de travail, par métier. La nourriture n’était pas prise en compte, chacun se débrouillait pour sa propre « popotte ».

Je reprends, au hasard, ci-dessous quelques éléments des tableaux du Professeur SAAVEDRA.

Sur un tableau 5 figure un relevé des journées de travail payées, au Pazo de OCA, pendant la période 1796-1797. Qui dit journée de travail, dit un travailleur .

Don Fernando GAYOSO, ayant hérité le Pazo da OCA, après le décès d’un oncle sans descendants, se trouve donc déjà à la tête d’un patrimoine impressionnant quand il se marie avec Dona Maria Josefa de los COBOS BOLANO, héritière, elle, du marquisat de la PUEBLA de PARGA et des seigneuries de CILLOBRE, TORES et XUNQUEIRAS.

De cette inépuisable source de rentes arrivent les sommes destinées à faire du Pazo de OCA, dans la province de Pontevedra , le « Versailles galego ».

En attente de quelques documents-clés confirmant de façon sûre certaines parentés, voici un document intéressant :

A l’Université de S. Jacques de Compostelle, en 1608, on trouve un D. Diego de SAAVEDRA y ALDAO ou ALDAN.

Il pourrait être un bon candidat au tître de grand-père de D. Diego SABEDRA de ARAUJO, décédé le 20-01-1717 à Cequeliños, ARBO, dans la « casa-torre    A MOREIRA ».

Sur le dossier d’inscription au Collège de FONSECA, dans l’Université de St Jacques de Compostelle, figure la généalogie de D. Diego de SAAVEDRA y ALDAO, pour prouver la « pureté de sang ».

Né à Pontevedra, ses parents sont:

-D. Mendo de SAAVEDRA, de Pontevedra et Dona Inês PEREZ de ARAUJO

-Grands-Parents paternels : D. Gonzalo de SAAVEDRA de Pontevedra et D. Antonia de ANDRADE

-Grands-parents maternels : D. Alonso LOPEZ VELOSO, de RIBADAVIA et D. Gregoria PEREZ de ARAUJO, de Ventusela (RIBADAVIA)

-Arrière Grands-parents paternels paternels : D. Pedro de SAAVEDRA (hijo del Padre D. Gonzalo de SAAVEDRA) et D. Maria SANCHEZ de ALDAO ( hija de D. Nuño ALVAREZ)

-Du côté maternel on trouve Juan MENDEZ, fils du Cardinal Juan MENDEZ de MORRAZO, lui même descendant du Cardinal Juan MENDEZ de MORRAZO.

– Arrière Grands Parents MP : Juan GONZALEZ VILARINO ( fils de Antonio ou Pedro VASQUEZ et Beatriz LOPEZ) et Isabel LOPEZ, fille de Gil AIRES.

– Arrière Grands Parents MM : Sebastian de ANO ( fils de Gregorio de ANO et de Maria MARCOS) et Inês PEREZ de ARAUJO ( sans mention des parents)

Pendant plusieurs générations, une presque endogamie apparaît dans cette famille, les ALDAO et les SAAVEDRA se mariant presque exclusivement entre eux.

C’est très à regret que j’arrête ici, pour un temps, ce travail de recherche sur mon 8ème grand-père D. Diego SABEDRA de ARAUJO.

J’ai le testament par lequel il reconnaît être le vrai père de la châtelaine de MOREIRA, Dona Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, ma 7ème grand-mère.

La lecture de ce testament nous permet d’éclairer sa descendance, mais malheureusement il ne nous apprend rien de certain sur sa propre ligne ascendante.

Encore une fois, les documents venant de Galice, me font défaut.

Les deux Teresa (mère et fille)

J’ai déjà parlé de Teresa de LEON, celle qui fut la mère du Ier roi du Portugal.

Elle eut pour père le roi Alfonso VI de CASTILLE et pour mère Ximena MONIZ, fille du comte de BIERZO.

Lors de la croisade d’Occident qui vit affluer vers la Péninsule Ibérique la fine fleur de la noblesse chrétienne d’Europe, deux jeunes bourguignons se firent particulièrement remarquer : Raymond de Bourgogne et son cousin Henri, fils du Duc de Bourgogne.

Pour récompense des services guerriers rendus, Henri, âgé de 24 ans, reçut en mariage Teresa de LEON, âgée de treize ans, élevée par sa mère dans le château du grand-père maternel.

La dot de la fiancée promise était le Comté de PORTUCALE. Ce Comté couvrait grosso modo la région d’Entre DOURO et MINHO et une part très importante de la Galice. La dot a été « payée » par le père de la petite fiancée, c’est à dire le roi de LEON et CASTILLE, Alfonso VI.

Le couple en prit possession et s’installa à Guimarães. Cinq ou six enfants sont nés, dont un garçon qui devint le premier roi, vers 1143 ou 47. Il a fallu attendre l’accord du Pape.

C’était un temps de grands bouleversements, les Almohades venus du nord d’Afrique, tenaient encore les deux tiers de la Péninsule et les confrontations guerrières avec eux ou avec les castillans, une fois décédé le roi de Castille, père de Teresa, n’en finissaient pas.

La Galice était en grande partie gouvernée par la famille des Comtes de TRAVA ou TRABA, seigneurs de TRASTAMARA.

Lors du décès du comte Henri du PORTUCALE, sa veuve, devenue régente du Comté, afficha de façon scandaleuse sa relation avec le Comte Fernan PEREZ de TRAVA. Quoique galicien et marié et père de famille, celui-ci partageait publiquement la vie de la régente, Teresa de LEON, comtesse de PORTUCALE.

La situation scandalisait tous les magnates portucalenses et jusqu’au Vatican, où le Pape avait, publiquement aussi, condamné ce concubinage.

La relation à l’intérieur du couple devait être manifestement très forte, puisque il resta uni jusqu’à la mort.

De son premier mariage avec Henri de BOURGOGNE, Teresa avait eu 5 enfants, dont le premier roi, D. Afonso HENRIQUES. Car, malgré les difficultés multiples, dont celle du Vatican, le comté devint royaume.

De sa relation adultérine avec le Comte Fernan PEREZ de TRABA elle eut deux filles, Teresa et Sancha.

Cette jeune Teresa FERNANDEZ de TRABA épousa le Comte Nuño PEREZ de LARA, seigneur de LARA, Alferez du roi de LEON et pendant une large période Régent du royaume de CASTILLE. Il succéda dans cette charge à son frère Manrique.

La régence de CASTILLE allait de pair avec le tutorat du jeune roi, Alfonso VIII. Ce tutorat et cette régence avaient été obtenus de haute lutte avec les autres grands magnates ou ricos-hombres, ces grandes familles de la noblesse, très anciennement installées.

La plupart jouissaient de privilèges depuis les royaumes wisigoths. C’était les CASTRO, les LARA, les HARO, les TRABA, les SOTOMAYOR.

Au décès du comte Nuño, en 1177, Teresa, devenue veuve, épousa le roi de LEON, Fernando II, dont elle eut un enfant. Lors de la naissance du second, l’accouchement s’est mal passé et la mère et l’enfant décédèrent.

Dans le Palais Royal de LEON, furent élevés, à égalité de traitement, les enfants du premier mariage du roi Fernando II, ceux issus du mariage de Teresa et du Comte D. Nuño PEREZ de LARA et l’enfant unique né du second mariage de Teresa avec le roi. Tous traités comme des Infantes. Car, dès son remariage avec Fernando II de LEON, elle fut élevée au statut de « Reine Consorte ».

Ne perdons pas de vue le fait que Teresa , appelée « Regina » sur des documents et sur son inscription tombale, était la sœur utérine du roi du Portugal, D. Afonso HENRIQUES.

Pantéon de Reys à San Isidoro de  LEON. Enterramiento de Teresa FERNANDEZ de TRABA,

Reyna Consorte LEON (D.C.D. 6 février 1180) à LEON.

 

Ma ligne descendant du couple  Comte de Trastamara, Fernan PEREZ de TRABA (V) et Comtesse de Portucale, Teresa de LEON, en passant par leur fille Teresa FERNANDEZ de TRAVA mariée au Comte Nuño PEREZ de LARA se trouve en bas de l’article « Une grand-mère enchaînée » publié sur ce blog.

Alfonso et Eleanore

Parmi mes innombrables grands-parents, je trouve dans la ligne paternelle, un couple remarquable.

Lui, Alfonso VIII, el Noble, roi de Castille ; elle Eleanore ou Eleonore ou Aliénor PLANTAGENET, princesse d’Angleterre.

Eleanore PLANTAGENET

Eleanore PLANTAGENET

Alfonso est né à SORIA le 11-11-1155 et sa mère, Blanche de NAVARRE, devenue reine de CASTILLE par le mariage avec Sancho III, el Deseado, y est morte en couches, lors de sa naissance.

Son père, le roi Sancho est mort trois ans plus tard, à l’âge de 23 ans.

Voilà Alfonso, à trois ans, orphelin de père et mère.

Les dangers s’accumulent sur sa tête, le plus immédiat étant représenté par son oncle paternel, Fernando II, roi de LEON, qui veut faire de cet enfant un vassal.

Un enfant qui avait été proclamé roi de CASTILLA par les « Cortes » à l’âge de trois ans.

Pour de bonnes ou mauvaises raisons, les grandes familles CASTRO, HARO, LARA et TRAVA (TRABA) déclenchent une vraie guerre civile, se disputant la garde du petit Alfonso.

On nomme des tuteurs. De 1158 à 1164 cette charge revient à Manrique PEREZ de LARA, de la puissante famille des LARA.

De 1164 à 1169, date où le jeune roi est armé chevalier, c’est le frère de Manrique qui est le tuteur ainsi que Régent du royaume de CASTILLA.

Ce second tuteur n’est autre que mon ancêtre, dans la ligne maternelle, le Comte D. Nuno PEREZ de LARA.

La ville de AVILA se porta garante de la sécurité du petit roi. Elle le préserva de son oncle et des tentatives d’enlèvement des CASTRO et des HARO. Il fut protégé, tel un trésor vivant.

Dans le petit texte de ce blog« Téresa de LEON », je donne , dans la ligne maternelle, ma descendance du couple Nuno PEREZ de LARA et Teresa FERNANDEZ de TRAVA, demi-sœur utérine du premier roi du Portugal.

A 14 ans Alfonso VIII est armé chevalier et à 15 il épouse celle que les tractations anglo-castillanes lui avaient destinée, Eleanore PLANTAGENET.

Eleonore PLANTAGENET est née à DOMFRONT, en Normandie, le 20-10-1162.

Son père était le roi Henri II d’Angleterre, et sa mère  était  Aliénor d’AQUITAINE, épouse d’Henri après l’avoir été du roi de France, Louis VII.

La venue au monde d’Eleanore parmi les derniers nés d’une fratrie de huit, a probablement eu lieu dans un climat familial déjà très dégradé.

Le couple Henri-Aliènor après une intense et fertile passion amoureuse se déchirait de façon très violente.

Le meurtre de St Thomas Becket, en sa Cathédrale de CANTORBERY, signa le point de non retour dans les relations du couple royal. Les infidélités d’Henri II n’arrangeaient rien.

Une guerre, des complots, des assassinats, faisaient régner un climat peu propice au développement harmonieux d’un enfant.

Aliénor d’Aquitaine quitte le roi et quitte l’Angleterre pour établir sa Cour à Poitiers.

Avec sa cadette Jeanne, et le petit Jean (Sans Terre), né quand la reine Aliénor avait déjà 45 ans, Eleanore fut ballottée entre l’Angleterre, POITIERS, et Fontevraud. Ces deux petites princesses et le petit Jean auraient très peu cohabité avec leurs parents.

Ce qui étonne c’est que dans le cas d’ Alfonso comme dans celui d’ Eleanore, une enfance aussi traumatisante, ait pu aboutir à deux adultes apparemment si équilibrés.

Le mariage eut lieu en Septembre 1170 à TARAZONE, petite bourgade à la frontière de l’ARAGON et de CASTILLE.

Eleanore PLANTAGENET

Eleanore PLANTAGENET

Alfonso VIII de Castille

Alfonso VIII de Castille

Il faut imaginer la petite princesse, âgée de 9 ans, partant de BORDEAUX accompagnée d’un cortège où on comptait sa mère, la reine Aliénor,  les évêques d’ Angoulême, de Saintes, Agen, Dax, Poitiers ( le seul évêque anglais) et l’archevêque de Bordeaux.

Elle part pour des Noces Royales et est accueillie par les évêques de Palência, Burgos, Segovia et Calahorra.

Pour la distraire des fatigues du voyage, il y a des troubadours et des musiciens.

Arrivée à destination, à TARAZONA, elle fait connaissance avec Alfonso, qui d’après tous les témoignages du Temps était fort beau.

D’elle on dit que c’était une « délicieuse » enfant.

Le cortège castillan était très fourni, des religieux, toute la haute noblesse castillane et aragonaise, à la tête desquels se trouvait mon Grand-père, le Comte D. Nuño PEREZ de LARA, toujours Régent de CASTILLA .

Après des années de fiançailles, en attendant ses premières règles, Eleonore parfait son éducation de reine, bien initiée à Fontevraud.

Ils formèrent un vrai couple, parents d’au moins douze enfants.

Leur ouverture aux « choses de l’Esprit », à la Science, à la Culture, faisant venir de toute l’Europe des poètes, des troubadours, des savants, fit de leur Cour, celle où le concept de « courtoisie » serait apparu pour la première fois, la cour royale d’Europe la plus évoluée culturellement.

L’éducation de leurs enfants aurait bénéficié de tout cet environnement.

La reine de France, Blanche de CASTILLE, mère de St. Louis, que les chroniques parent de toutes les vertus, en serait la preuve vivante. Ainsi que sa soeur Urraca, devenue reine du Portugal.

On était encore dans l’ « l’Age d’Or d’el Andalou ».

A TOLEDE, on pouvait croiser des savants juifs ou musulmans, arrivés du sud de la péninsule, de CORDOBA ou de GRANADA, des érudits venus de France ou d’Angleterre. Les relations avec la Cour de France et celle d’Henri II d’Angleterre étaient au beau fixe..

Eleonore fonda en 1197,en la Cathédrale de Tolede, une chapelle dédiée à St. Thomas Becket. Cette chapelle était servie par un prêtre anglais.

Rien d’étonnant, alors, qu’ Alfonso VIII ait créé, vers 1210, à Palência , le « STUDIUM  GENERALE », la première Université de la Péninsule.

A BURGOS, on peut toujours visiter LAS HUELGAS, Monastère et Panthéon Royal de CASTILLE.

C’est aussi à LAS HUELGAS que la musicologie européenne s’enrichit il y a quelques dizaines d’années, par la découverte d’un Codice, qui émerveilla tous les amoureux de la musique.

Alfonso et Eleanore voulurent la création de ce Monastère pour y accueillir les dames de Sang Royal. L’inauguration eut lieu en 1187.

Ils ont aussi voulu y avoir leur dernière demeure.

Dans la nef centrale on peut voir leurs splendides tombeaux.

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Dès leur création, LAS HUELGAS jouirent de privilèges extraordinaires : don de 54 villes, droits exorbitants pour l’Abbesse, entre autres celui de nommer les curés, de disposer d’un accès direct au Pape, sans passer par la Curie Romaine., etc.

La deuxième Abbesse fut l’ Infante Constance, une de leurs douze enfants.

Mais la place singulière qui est celle d » Alfonso VIII dans l’histoire d’Espagne tient surtout à une bataille.

Une bataille qui lui valut un deuxième surnom, avec celui d’ « El Noble ».

Ce fut celui d’« El de NAVAS »

Pendant les XII et XIII siècles pour les différents royaumes chrétiens de la Péninsule, l’ennemi constant était les Almohades.

Venus du Maroc, après y avoir vaincu les Almoravides, ils s’emparent de presque tout le sud de la Péninsule Ibérique.

Au Portugal tous les territoires au sud du TAGE, c’est à dire les actuels ALENTEJO et ALGARVE appartenaient aux Almohades,

Les royaumes d’ARAGON, NAVARRA, CASTILLE et GALICE-LEON souvent empêtrés dans des luttes et querelles de frontières, se trouvent obligés de faire front commun contre les Almohades venus du sud.

Des alliances, des traités de paix, des « accords secrets » avec l’ennemi commun, ainsi que la présence de « mercenaires » chrétiens auprès des musulmans, faisaient régner un climat particulier.

Il faut savoir que dans des temps très proches, des Rois et des Infantes de LEON avaient épousé des princesses Omeyiade, de CORDOUE.

Et qu’entre 900 et 1200, une relative période de paix avait pu s’établir entre le califat de CORDOBA, GRANADA et les royaumes chrétiens de l’actuelle moitié nord de l’Espagne.

L’arrivée des Almohades change la donne.

En 1195, Alfonso VIII à la tête des castillans subit une défaite mémorable à ALARCOS.

Les années qui vont suivre, presque 20 ans, lui servent à planifier sa vengeance.

Il obtient du Pape un acte décisif.

Le Vatican proclame la « Croisade ». .

La trêve parmi les royaumes chrétiens laisse les mains libres à Alfonso.

Attaquer Castille, pendant la croisade, valait une excommunication pour l’attaquant. Mais pas seulement.

Une croisade appelle le concours de tous les Chrétiens, c’est à dire, ceux de France, d’Italie, d’Angleterre, etc.

Lors des offices religieux, partout en Europe on prêche la croisade.

La foi religieuse et la soif du butin, des richesses promises par le pillage, motivent les croisés, néophytes ou vétérans.

Le rassemblement général est annoncé pour la Pentecôte, en Mai de 1212, à TOLEDO.

L’Armée doit rassembler :

  • les MESNADAS, tout d’abord la Royale, entourant et protégeant le Souverain,
  • ensuite celles des Ordres de Chevalerie : SANTIAGO, CALATRAVA, TEMPLE et HOPITAL,
  • ensuite, celles des Seigneurs, RICOS-HOMBRES, participant à leurs frais à l’entretient et maintien de centaines de chevaliers et de péones,
  • Peut-être pour finir, les engagés des villes et municipalités, les volontaires et, dans le cas de la bataille de NAVAS de TOLOSA, les « ULTRAMONTANOS ».
  • Les ULTRAMONTANOS c’est ainsi qu’on désignait tous ceux qui venaient d’au delà des Pyrénées.

Pour des raisons que l’Histoire n’a pas pu éclaircir, de ces Ultramontanos arrivés à TOLEDE pour s’engager, évalués à plus de 100.000, ne se trouvèrent sur le champ de bataille qu’à peine un dixième.

Pendant les semaines d’attente, jusqu’à la mi-Juillet 1212, dans un campement situé hors de TOLEDE, l’incommodité, la chaleur d’un mois de Juin caniculaire, le ravitaillement insuffisant, créèrent une entente difficile entre eux et la Cour.

Le premier accroc sérieux se produisit, quand les Ultramontanos, ignorant le relatif état de tolérance qui était le « modus vivendi » habituel entre le roi et les « moros »(musulmans) et les « judios » (juifs) des villes conquises, se livrèrent à un épouvantable massacre au voisinage de TOLEDE et en ville même, dans les quartiers habités par les juifs.

Ceci fut un véritable choc culturel !

La conséquence fut ce retour des ULTRAMONTANOS « avant de livrer bataille » vers leurs pays d’origine.

Quelques uns d’entre eux profitèrent de la proximité géographique de St. Jacques de Compostelle pour y faire leurs dévotions.

C’était toujours ça de pris !

Ils n’auraient pas fait le voyage pour rien…

La description de la bataille elle-même est accessible sur les livres d’Histoire et sur internet.

« NAVAS de TOLOSA », qui se traduisit par la victoire totale des Chrétiens, avec Alfonso VIII de CASTILLA à leur tête, resta dans l’Histoire Médiévale comme la « mère de toutes les batailles ».

La grande Reconquista partit de là.

Définitivement, les musulmans restèrent cantonnés dans le sud de la Péninsule Ibérique, en attendant le départ, presque trois siècles plus tard, vers le Maroc et l’Algérie, lors du règne des Rois Catholiques.

Alfonso VIII ne vécut que 2 ans après cette mémorable victoire. Il meurt « de fièvres » le 5 octobre 1214, dans un petit village, au retour d’une  équipée guerrière de peu d’importance.

Eleanore lui survit à peine quelques semaines, elle meurt à son tour le 31 octobre 1214.

Voici ma ligne de descendance de ce couple royal :

  • Alfonso VIII de CASTILLA et Eleonore PLANTAGENET
  • Urraca de CASTILLA et Alfonso II, roi du Portugal
  • Afonso III, roi du Portugal et Marinha PERES de ENXARA
  • Afonso DINIS et Maria PAIS RIBEIRA
  • Diogo AFONSO de SOUSA et Violante LOPES PACHECO
  • Alvaro DIAS de SOUSA et Maria TELES de MENESES
  • Lopo DIAS de SOUSA et N.
  • Inês DIAS de SOUSA et João de ABREU
  • Alvaro de ABREU et Guiomar AFONSO VILARINHO
  • Pedro de ABREU et Aldonça VAZ SOARES
  • Guiomar VILARINHO de ABREU et Gomes RODRIGUES de MAGALHAES
  • Pedro GOMES de ABREU et Beatriz de ANTAS ou Caterina AFONSO
  • Gaspar GOMES de ABREU et Ana AFONSO
  • Isabel GOMES de ABREU et João RODRIGUES
  • Maria RODRIGUES GOMES de ABREU et Gregorio RODRIGUES
  • Maria GOMES de ABREU et Antonio GONCALVES
  • Ana Maria GOMES de ABREU et Gonçalo ALVARES de SOUSA
  • Antonio ALVARES de SOUSA et Caetana de CASTRO SOARES
  • Ana ALVES de SOUSA et Lourenço JOSEPH FERNANDES
  • Rosa Quitéria ALVES FERNANDES et Manuel Nicolas LORENZO de PUGA
  • Manuel José de JESUS PUGA et Maria da Natividade RODRIGUES
  • Manuel de JESUS PUGA et Ana Joaquina BALEIXO
  • Laura da Conceição PUGA et Joaquim José PEREIRA JUNIOR
  • João Antonio PUGA PEREIRA et Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES, mes Parents

A Casa dos PITTAS

Combien de fois, ai-je admiré ce palais urbain !

Quand la promenade nous conduisait à cette jolie ville, située à quelques dizaines de km de Monção, juste à l’embouchure du fleuve MINHO, la « Casa dos PITTAS » était toujours au programme.

D’une simplicité austère, toute en longueur sur deux niveaux et se terminant par une sorte de tour médiévale, sur quatre niveaux, où se trouvait la chapelle, elle excitait mon imagination, me faisait songer à ceux qui l’avaient faite bâtir, qui l’avaient habitée. Qui étaient-ils, d’où venaient-ils avec ce nom qui sonne si peu portugais ?

La «folle du logis» se donnait à cœur joie.

Mais de là à penser que je venais de cette maison, que ce nom avait été celui de certains de mes ancêtres !

De telles surprises ne s’offrent qu’à ceux qui travaillent sur leur généalogie.

Avant de parler de la famille PITTA ou PITA, parlons de leur célèbre maison.

La construction aurait eu lieu entre 1649 et 1652, hors de l’enceinte médiévale de la ville.

Son style est un «manuelin tardif», déjà épuré, avec les motifs ornementaux seulement sur les sept fenêtres de la façade.

Comme on peut le voir ici.

                                  Casa dos PITAS à Caminha

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Les PITAS da ORTIGUEIRA étaient des « hijos d’algo » du royaume de Galice, seigneurs entre autres de SANTA MARTA  da ORTIGUEIRA, où se trouvait leur manoir (pazo), situé à seize lieues de St. Jacques de Compostelle.

Sous le royaume de D. Afonso V , donc entre 1432 et 1481, on trouve, dans ma branche  maternelle, l’installation au PORTUGAL de Gonçalo PITTA da ORTIGUEIRA  et de son frère Juan , « cavaleiros-fidalgos».

En compagnie de ce frère, Gonçalo PITTA da ORTIGUEIRA prit un jour la route entre SANTA MARTA et PONTEDEUME, près de la COROGNE.

Ils y allaient, avec leur personnel, pour installer des blasons sur des propriétés qui leur appartenaient.

Hélas, le Comte de LEMOS, parmi les plus puissants seigneurs de Galiza à cette époque-là, revendiquait les mêmes propriétés.

Et une rencontre fâcheuse se produisit entre les frères PITTA et des vassaux et gens d’armes du Comte.

Dans le décours de l’escarmouche qui s’ensuivit, Gonçalo tua un des vassaux du Comte de LEMOS.

Sûrs des suites à venir, ils prirent, à bride abattue, le chemin de la frontière portugaise, où un château forteresse, CASTRO LABOREIRO, dont l’alcaïde était D. Paio RODRIGUES de ARAUJO, les accueillit.

L’alcaïde voyant arriver des chevaliers « aussi distingués et de si agréables personnes » ‘(Nobiliaire de Familles du Portugal) leur conseille d’aller se présenter au roi D. Afonso V, qui guerroyait pas très loin, en Castille. Et qui sans doute « les accueillerait avec faveur » (N.F.P.)

Réflexion faite, ils étaient bien, à l’abri au Portugal, pourquoi aller se jeter dans la gueule du loup, en retournant de l’autre côté de la frontière ?

Se remettre à portée des gens du Comte de LEMOS ?

La rencontre avec le roi pouvait attendre. Ils choisissent d’aller plutôt à la rencontre du Prince héritier du Portugal, futur D. João II, qui se trouvait à GUARDA.

En route vers GUARDA, ils font une longue pause à PONTE do LIMA.

Ils  y retrouvent un parent PITTA da ORTIGUEIRA, qui  exerçait la charge prestigieuse de « Almoxarife ».

L’almoxarife est le fonctionnaire royal chargé des recettes et rentes du domaine royal pour une province.

Arrivés à GUARDA, le prince D. João les accueille très favorablement, et les prend à son service. Ils font désormais partie de sa Maison.

Leur présence au Portugal est attestée par des participations régulières aux batailles, grandes ou petites, que les deux royaumes de la Péninsule Ibérique se livrent à l’époque.

Le roi D. Afonso V est appelé « l’Africain », et on retrouve les PITTA dans différentes excursions guerrières en Afrique du Nord.

Evidemment le roi et le Prince héritier ne furent pas avares de récompenses.

Les PITTAS ont pu se constituer un majorat, maintenu pendant plusieurs siècles.

Dans la propriété primitive, avant la construction de la Casa qui se trouve donc à CAMINHA,   Gonçalo fut ainsi autorisé à lever une sauveté, qui offrait l’asile à tout fugitif persécuté par les autorités, fussent-elles laïques ou religieuses. Ce genre de privilège était très rare, et surtout concédé à l’Eglise.

Tout fugitif, s’accrochant à ce « pelourinho » se plaçait sous la protection des PITTAS.

João, le frère cadet, compagnon dans la fuite et dans les exploits guerriers accomplis après l’arrivée à PONTE do LIMA, reste dans cette ville, où il se marie.

Appartenant aux PITAS de CAMINHA, j’ai une ancêtre Felipa BRANDÃO COELHO, qui épousa Cristovão de SA de PASSOS.

Cet avô ( grand-père), Cristovão de SA de PASSOS était le fils et héritier du couple Fernando de SA de ARAUJO, « cavaleiro da ORDEM de CRISTO », et Isabel de PASSOS de FIGUEIROA, propriétaires de la fameuse Quinta de Santo Antão, à S. Miguel de MESSEGÃES, MONÇÃO .

Cristovão et son épouse Felipa ont habité la Quinta de Santo Antão jusqu’à leur mort.

Cristovão y est décédé le 24-02-1623.

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Blason de la Quinta de SANTO ANTAO, à S. Miguel de Messegães Monção, représentant les familles:  CASTRO ( de 6 arroelas), SA,  SOTOMAYOR  et PUGA

  • Gonçalo PITTA da ORTIGUEIRA marié à N.
  • João PITTA da ORTIGUEIRA marié à Ignez VAZ
  • Francisco PITTA marié à Justa PIRES FROES
  • Inês PITTA d’ EÇA mariée à Gaspar da ROCHA BRANDÃO
  • Felipa BRANDÃO COELHO mariée à Cristovão de SÁ de PASSOS
  • Cristovão de SA marié à Isabel BARBOSA
  • Angela BARBOSA e TRANCOSA mariée à Cosme FERNANDES VILARINHO
  • Angela de SA BARBOSA BACELAR mariée (1698) à Estevão PEREIRA da LOMBA, Juiz Dezembargador (Président de Cour d’Appel)
  • Caetano de SA PEREIRA BARBOSA, notaire, marié 1° Paula RODRIGUES de CALDAS,2°Luisa Teresa SA SOUSA
  • Josefa Rosa PEREIRA BARBOSA n. 26/02/1774, issue du second mariage de Caetano, mariée à Manuel José LOURENçO  PEREIRA, capitaine d’Ordonnances  n. 26/09/1749
  • Serafina Teresa LOURENCO PEREIRA n. 30/08/1801 mariée à Joaquim Antonio SENDIM de RIBAS-LIRA, né en Galice
  • José Luis SENDIM de RIBAS-LIRA (décédé 1915) marié à Maria Rosa ALVES
  • Cândida SENDIM de RIBAS-LIRA, n. 03/07/1876 mariée à José Manuel CARDAO RODRIGUES, chef des Finances à Melgaço et Monção
  • Amândia SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES, n. 06/08/1906 mariée à João Antonio PUGA PEREIRA, n. 07/10/1902, mes Parents

RETOUR à REIRIZ

Comme pour Proust, adulte, dégustant de mémoire la madeleine trempée dans la tisane, qu’enfant, tante Léonie partageait avec lui ; comme pour le potentat Kane, revoyant, au moment de mourir son « ROSEBUD », son petit traîneau d’enfant, des bribes sensorielles de notre univers enfantin ne nous quittent pas.

Pour moi tout  revient à  REIRIZ.

Les sons, les odeurs, les goûts, les rires en cascade, le salon du premier étage, avec le grand piano et l’énorme portrait, peint en pied, de D. José Manoel de LEMOS. Ce salon m’intimidait, mais comme je n’y suis jamais allée toute seule, pas de souci.

La grande bâtisse en L, était si différente de notre maison !

C’était la Quinta de mon arrière-grand-père, où Laura, ma grand-mère paternelle, avait grandi, en compagnie de ses frères et sœur, enfants de la seconde union de son père.

En arrivant, on se signalait de la route à coups de klaxon, pour que quelqu’un de l’intérieur vienne ouvrir les deux battants du portail en ferraille. Avant de déposer les voyageurs sur le grand terre-plein recouvert de gravier, gravier dont mes genoux gardaient le souvenir la semaine durant, on avait roulé pendant quelques dizaines de mètres sur le chemin en gros galets, recouvert d’une haute treille, portant des raisins de Noah. Le portail, le pauvre, de couleur indéfinie, verdâtre ou bleuâtre avec des parties toutes rouillées avait besoin de réforme, bien sûr, mais on sortait de la crise de 1929, et à REIRIZ, personne ne travaillait.

Tio Luis TORRES, devenu le maître de maison après le décès de son beau père, mon arrière-grand-père, je ne l’ai jamais vu que chaussé de bottes en caoutchouc à parcourir la Quinta ou sur une chaise-longue en train de lire. Ce qui n’empêchait pas la famille de vivre sur un grand pied, une des toute premières voitures de Monção, décapotable qui plus est, trois filles à marier et un garçon faisant des études à Viana.

 

Citroen Rosalie CVue sur internet, cette ROSALIE de Citroen, commercialisée en 1933, me rappelle « furieusement » celle de Reiriz.

Malgré cette inactivité je crois n’y  avoir jamais senti le moindre souci quant à la dépense. Pas comme chez ma Maman, qui, elle, gérait le budget au plus juste.

Chez Tia Ernestina et Tio Luis TORRES, même une petite fille de 6, 7 ou 8 ans, sentait l’abondance. De temps en temps la vente d’un champ ou une coupe de pins dans une parcelle devait renflouer les caisses.

Dans la cuisine, au sol recouvert de grandes plaques de granit brut, telle une chaussée romaine, la cuisinière s’agitait comme un beau diable, plumant des volailles, préparant les légumes au dessus du grand bac, en granit lui aussi, courant au four d’où s’échappaient des effluves délicieux. En Eté, sur la terrasse qui desservait la cuisine et la salle à manger, ces préparatifs culinaires donnaient lieu à une vraie mise en scène. Assise, sur un banc, jambes écartées, ses grandes jupes de paysanne la recouvrant jusqu’aux chevilles, la cuisinière se démenait pour plumer trois ou quatre poules ou poulets, ou quelques fois un dindon. Autour d’elle de grandes bassines d’eau, chaude et froide, des pages de journaux roulés en tire-bouchon pour brûler les petites plumes. Les victimes de ces sacrifices, comme tout le reste de la volaille, y compris les canards, étaient dans l’enclos qui leur était réservé, sous d’énormes figuiers et un vieux poirier tordu de rhumatismes. La dinde ou le dindon nourri aux figues c’est un régal !

Les poules finissaient « em cabidela », (sauce incorporant le sang de la poule, servie sur des croûtons) ou en « cosido à portuguesa », (le plat le plus cher de la cuisine portugaise, dit-on,puisque dans cette potée il faut nécessairement une volaille, un filet de porc et un filet de bœuf, ainsi qu’un gros morceau de jambon et des saucissons de toute sorte). Les poulets  finissaient « en fricassé » ou souvent, puisqu’on cherchait à faire plaisir aux enfants, « em empadão ».

Les adultes, surtout les messieurs, les préféraient « em arroz a fugir ». Que ce soit avec le poulet ou avec la lamproie, cette cuisson du riz, proche du rizzotto, divisait les convives. Les adultes se régalaient d’avance devant ces grands plats, d’où le riz, très liquide, paraissait s’échapper.

D’où le nom « a fugir » (en train de fuir). Nous, les petits, réclamions plutôt quelques suppléments de « rissois » (rissoles) aux crevettes ou des parts plus grandes « d’empadão de frango » (timbale de poulet). Et surtout un riz bien sec.

Le « cabrito à moda de Monção », chevreau rôti, grand classique de ma ville natale, était présent régulièrement à partir du printemps.

Je sais que dans cette cuisine, le vendredi, on préparait des truites ou des saumons pêchés par le maître de maison, grand pêcheur sportif. Mais le vendredi, nous n’étions pas là, nous étions chez nous, en ville, mon frère et moi, pour aller à l’école. Et puis le poisson, même le meilleur et le mieux cuisiné, ce n’était pas notre « truc »…

REIRIZ, ce n’était que le dimanche ou les jours de fête.

Pour les grandes occasions, à Noël par exemple, le dindon ou la dinde étaient saoulés au vin de Porto avant la mise à mort. Pour les enfants, un spectacle exceptionnel!  Voir la pauvre bête tituber et finir par tomber …

Et dire que nous allions à REIRIZ exprès pour assister à cette horreur, mais « oh tempora, oh mores » ! On nous a toujours interdit d’assister à la « tuaille » des cochons ou de la volaille, mais on nous amenait exprès pour assister à la saoûlerie du dindon.

Une leçon de choses ? « Voilà ce que donne l’abus d’alcool ? »

Sur ce banc, à l’air libre, Clara se laissait aller à nous raconter son enfance de petite bergère dans la montagne. Surtout un épisode de loup qui était parti avec un agneau. Son chagrin pour le petit agneau et la peur de se faire punir par ses parents. Peur des parents et pas du loup !

L’énorme cuisine, très sombre, ne brillait que par ses cuivres, astiqués régulièrement. J’y ai appris qu’on pouvait s’empoisonner avec le « verdete », le vert de gris, l’oxydation toxique du cuivre.

Une énorme ouverture arrondie offrait le passage de la cuisine vers la partie la plus mystérieuse et la plus angoissante de toute la maison. Recevant la lumière du jour par un soupirail en hauteur et une anémique ampoule électrique de peu de watts, c’était un grand cellier où des sacs de victuailles de toute nature, grains, riz, farines, huiles, des oignons et des colliers d’aulx, d’énormes morues séchées et empilées, des pieuvres et des jambons suspendus, des « enchidos », c’est à dire des saucissons de toute sorte, de filet, de sang, de langue, occupaient une sorte de loggia, dont le centre, constitué par un très large escalier, descendait à la cave en terre battue. Là, je n’y suis jamais allée. Trop peur ! Ceux qui y accédaient, surtout les messieurs, emportaient avec eux des lampes à acétylène. Ils remontaient avec des bouteilles, qui pour les grandes occasions, arrachaient des exclamations de bonheur aux adultes.  En relisant ce détail, la descente à la cave, me revient en mémoire une des rares scènes de ménage à laquelle j’ai assisté. C’était chez mes parents et non pas à Reiriz. J’ai vu ma Maman au bord des larmes, car pour la cuisson de je ne sais quel plat, peut-être une gibelotte, elle avait donné à la cuisinière une bouteille de vin blanc… et que ce vin blanc était un des trésors, destiné aux très grandes occasions. Mon Père a perdu son sang-froid  pendant quelques minutes, mais heureusement le pardon est vite arrivé avec les bisous   habituels.

Nous, les enfants, à Reiriz, ne nous intéressions qu’à la petite salle, espèce d’office, qui prolongeait la salle à manger. Située entre la salle à manger et la « saleta », petit salon pour tous les jours. elle était garnie du sol au plafond de grandes armoires vitrées, qui  laissaient voir des conserves de toute sorte, des fruits secs, de grandes boîtes métalliques pleines de biscuits et, surtout, les confitures et autres délices sucrés. Ces délices sucrés, spécialité de Tia Ernestina, étaient en fait diverses sortes de « chutney », cette préparation salée-sucrée, où des fruits, des épices, des oignons et du vinaigre se marient si bien ! Je ne sais  pas comment  nous les appelions, mais sûrement pas chutney. Comme, selon internet, il s’agirait d’une préparation d’origine indienne, devenue mondiale par les anglais, le passé colonial du Portugal et de l’Angleterre, y est pour quelque chose !

Curieusement, c’est dans le bas de ces armoires qu’on trouvait les barriques d’olives en train de se faire,  en train de « curtir », les grandes jarres en terre cuite avec les « escabeche », les morceaux de lamproie ou des sardines saisis dans le vinaigre. Les enfants n’aimaient pas beaucoup l’escabeche. Trop fort !

Sitôt fini le déjeuner, commençait la longue et délicieuse après-midi de Reiriz…

Là, dispensés de sieste, obligatoire à la maison, toute la compagnie partait vers la tonnelle (caramanchão). Elle surplombait la route et sa glycine, probablement centenaire, entrelacée de vigne, nous protégeait du soleil. En semaine, les dames  y lisaient ou brodaient, profitant de loin en loin, comme distraction, d’un passage de cabriolet à cheval ou plus rarement d’une voiture automobile sur la route. Quand la lecture d’une oeuvre  avait passionné la lectrice, il n’était pas rare qu’elle la reprenne à voix haute pour les autres.

C’est ainsi que j’ai assisté, muette et terrorisée, à la lecture de la scène décrivant la visite nocturne, faite par  la première Madame Rochester, devenue folle, à la pauvre Jane EYRE, endormie.

J’en ai fait des cauchemars, la visite de la folle, l’incendie qu’elle provoqua… ces morceaux  entendus par une petite fille de 4 ou 5 ans, c’était « hard ».

  Mais que d’émotions pouvaient nous offrir un livre !

Ce n’est que plus de dix ans plus tard, quand j’ai découvert la « Jane EYRE » de Charlotte BRONTË, que j’ai identifié la source de ces cauchemars.

Le Dimanche était consacré aux visiteurs, « on faisait salon », dans le vrai salon ou sous la tonnelle. Les messieurs fumaient après le café, et les dames continuaient le bavardage, se laissant aller parfois à un tout petit verre de liqueur de mandarine (tangerina) faite maison, avec les fruits de la Quinta.

L’orangeraie, avec ses rangs d’orangers, de mandariniers, de citronniers, était  un paradis de parfums, lors de la floraison. Les puddings à l’orange ou au citron étaient présents  au dessert presque tous les dimanches.

Les enfants, comme tous les enfants, jouaient, courraient, se cachaient.

Généralement à ce moment là Tia Ernestina nous faisait visiter son jardin clos aux iris, protégé par un vieux petit portail. Elle en collectionnait, de toute beauté, et ne se fâchait que si un enfant non tenu par la main ou un chien mal surveillé, mettaient en danger ses trésors. Un détail de ce qu’on peut appeler le charme de Tia Ernestina me revient, en écrivant. Elle souriait et riait tout le temps, et ses deux incisives supérieures se chevauchaient assez franchement. Je crois que son charme venait aussi de là. C’était avant l’orthodontie !

  Dans la tonnelle, solidement installés, il y avait deux longs bancs et éparpillés en désordre peut-être une dizaine de sièges en rotin, avec des coussins recouverts de chintz fleuri. Ce mélange du rustique le plus « pur », avec du granit  « dur » partout, car le sol de la tonnelle était lui aussi en granit, et le confort moelleux des coussins, c’est la marque de REIRIZ.

L’ameublement était du « bric-à-brac ». J’avoue ne pas avoir gardé beaucoup de souvenirs, peut-être du salon, avec le grand piano, des tables de jeux, avec des abattants, que seuls les messieurs utilisaient, l’énorme portrait troué du « Tio-Bispo », qui fut ma porte d’entrée dans le grand secret de REIRIZ.

Pourquoi ce trou en bas  de la toile ?

Les chambres des grandes cousines, très romantiques, m’étaient un peu interdites. Je farfouillais dans leurs rubans, bijoux, petits peignes.

C’est pourtant la plus jeune des cousines, Herminia (Noca), qui m’ouvrit la porte de ce secret de famille.

Un jour, probablement d’Hiver, nous étions seules dans le grand salon.  Elle pianotait et  Je jouais avec leurs maisons de poupée. Ce trou en bas du tableau me turlupinait. Je la questionne là dessus, elle se met à rire, à rire, un vrai fou rire. Et commence à me raconter une histoire d’amants, de tirs de pistolet, que sais-je ?  L’héroîne de l’histoire était sa grand-mère Dalinda, la vieille « avo Dalinda » qui s’intéréssait si peu à moi.

Je n’y comprenais rien. Je n’avais que 6 ans. Mais j’avais  une chance, celle d’avoir une Maman qui répondait clairement à toutes mes questions.

Elle a su me faire entendre le secret de REIRIZ,  et replacer dans un contexte temporel et sociétal cette  banale histoire d’adultère.

Je revenais, en l’écoutant, à REIRIZ, dans les  années entre 1896 et 1900.

En Eté, après le goûter, la baignade s’imposait. Et quelle baignade !

En contrebas de la route, à moins de deux cents mètres à vol d’oiseau, après avoir traversé  deux champs de maïs entourés de tonnelles de vigne, on accédait directement au fleuve Minho.

Le fleuve Minho était encore à cette époque-là, un fleuve totalement sauvage.

Il dévalait des Monts Cantabriques, dans les Asturies, en Espagne, par des sauts impressionnants jusqu’à l’Océan Atlantique. Son cours ne devenait à peu près paisible, que, justement chez moi, à Monção.

Un voyage par le train, dans les années 50, m’a offert un des derniers spectacles de ce cours torrentiel. C’est vers cette époque que des barrages, avec des échelles à saumon, que des trous énormes pour draguer les cailloux, enfin, qu’une exploitation commerciale éhontée et sans réglementation aucune, firent de ce fleuve, merveille de la nature, un fauve domestiqué.

L’évocation de REIRIZ ne m’apporte que des souvenirs heureux, ensoleillés.

Etait-ce le rire cristallin de tia Ernestina e de ses trois filles ? D’où venait cette joie familiale? Ce bonheur qui flottait dans l’air ?

Pourtant, à quelques dizaines de mètres du lieu de baignade, en face, sur la marge espagnole du fleuve, l’horreur dominait. La guerre civile d’Espagne, entre 1936 et 1939/40, coïncide exactement avec mes années de visite hebdomadaire à REIRIZ.

Des odeurs pestilentielles nous parvenaient certains jours de vent du nord. Le feu consumait les monceaux de cadavres de fusillés républicains, qu’on appelait « les rouges ».

Je ne me souviens pas d’avoir entendu des discussions des adultes sur la guerre à côté. Pourquoi ?

Très pratiquants, messe dominicale obligatoire, ayant droit, au premier rang de l’Eglise à un prie-Dieu en acajou, avec coussin de velours rouge et ayant un jeune, le plus jeune frère de ma grand-mère, Tio Zé PUGA (José Cândido ROMA de LEMOS PUGA), officier à Viana do Castelo, engagé  volontaire chez les franquistes, dans le bataillon « os Viriatos », je devine de quel côté allaient  les sympathies de la famille. Il était un fasciste authentique, époux de Dona Maria de SA TINOCO FURTADO de MENDONCA, appartenant à la grande famille de Viana do Castelo, les descendants des TAVORA.

Mais, certains dimanches, mon père restait avec nous pour le déjeuner, et de son côté, malgré le danger couru sous le salazarisme, on savait où allait ses sympathies à lui. Aucune pratique religieuse, athéisme assumé, libre-pensée affichée, neutralité politique ayant frôlé quand même à deux ou trois reprises l’incident qui aurait pu nous valoir la visite nocturne de la police politique, la redoutable PIDE…

Combien de fois ai-je entendu ma Maman supplier mon Père de faire ceci ou de ne pas faire cela , en rapport avec la politique. « Pense à tes enfants, João » !

Si autour de la longue table ovale une discussion s’était engagée, je pense qu’elle aurait été « mortelle ».

D’où alors cette insouciance ? Cette joie ? Cette absence d’intranquillité ?

Me vient à l’esprit la phrase de Talleyrand, reprise par Bernardo Bertolucci pour son film « Prima della Rivoluzione » : « celui qui n’a pas vécu au XVIII siècle, avant la Révolution, ne connaît pas la douceur de vivre ».

Mais des rivoluzioni, sous des cieux aussi sereins que REIRIZ, il y en avait déjà eu…

Au début du siècle, aux alentours de 1900.

Dans les années  1930, on n’était pas « prima », on était « dopo »

Joaquim José PEREIRA JUNIOR

Joaquim José PEREIRA JUNIOR, étudiant à COIMBRA

Aux alentours de l’an 1896, un beau et riche étudiant en pharmacie à Coimbra, pendant les vacances, avait pris ses habitudes  à  REIRIZ, sous prétexte de donner des cours de natation dans le Minho, à toute la génération de ma grand-mère et de ses jeunes sœur et frères.

Il arrivait à cheval, et une fois pris le goûter des enfants et le thé des aînés, on filait au fleuve, à travers la vigne et le maïs. Apparemment, la jeune Laura, 16 ans, ma grand-mère, lui plaisait. Elle lisait nuit et jour, jouait très agréablement du piano, était très intelligente et curieuse. Pas très belle, mais si vivante, si intéressante. Sûrement très éprise, elle,  de ce jeune homme, qui, de la capitale intellectuelle du Portugal, qui était et est toujours Coimbra, lui ouvrait une fenêtre sur ce monde si changeant, au passage du XIXème vers le XXème siècle.

Il venait de faire le voyage culturel initiatique de presque toute la jeunesse dorée européenne de l’époque, avec séjour à Paris. Un appareil photo du dernier cri, acheté à Paris, lui accorda pendant des années le statut  de photographe amateur par excellence dans la Ville. Aucun mariage,  fête,  « défunts  sur  leurs  lits de  mort », ne se fit  à Monção sans qu’on invite Monsieur PEREIRA, pharmacien.

Je revois encore, dans une espèce de réserve, quand je gambadais chez ma grand-mère, toutes ces grandes caisses en bois, pleines de plaques en verre. C’étaient les collections de photos, couvrant la vie de notre ville pendant des décennies. Dans les années 40, un de mes oncles et sa femme, se sont installés  dans la vieille maison. Et là, catastrophe ! Leur employée de maison, selon  ordre de sa patronne a  jeté à la décharge de la ville toutes les caisses. Quand quelqu’un  a rapporté les faits à ma Maman, la température a chauffé entre les deux belles soeurs. Malheureusement rien n’a pu être récupéré, toutes les plaques étaient cassées.

Sa bibliothèque personnelle, riche de quelques milliers de livres se garnissait entre autres par des abonnements souscrits à PARIS, chez Flammarion et si ma mémoire est bonne, Calmann-Lévy.

Mais à REIRIZ, ce que Laura ignorait c’est que le cheval revenait tard dans la nuit. Le jeune pharmacien, armé d’un revolver, étant données les rencontres dangereuses de ce temps-là, était attendu dans le grand salon par la marâtre de Laura, D. Dalinda do LORETO GOMES ROMA de LEMOS, mère de quatre enfants, et âgée de 17 ans de moins que son mari, mon arrière-grand-père PUGA.

Photo de 1896, prise par mon grand-père

Photo de 1896, prise par mon grand-père. Laura et Ernestina  se trouvent aux deux extrémités de la photo

Ce manège, plutôt vaudevillesque, n’était pas passé inaperçu dans la ville, et faisait jaser. Jusqu’au jour où un ouvrier agricole de la Quinta le rapporta à son patron.

Il est probable que la tisane après diner de mon arrière grand-père ait reçu un sucre spécial…

Celui-ci fait irruption un soir et surprend le couple sur le canapé en velours, juste sous le grand portrait de l’ Archevêque-Evêque Comte ( l’Arcebispo-Bispo-Conde) de Coimbra, dans les années  1860, D. José Manoel de LEMOS, qui était l’oncle  de la « femme adultère ».

Le jeune pharmacien,  homme de principes, tente de sortir d’une telle situation par le sublime, il tend le revolver au mari en le priant de s’en servir pour venger l’outrage.

Mon arrière-grand-père s’en sort dignement, et, s’il m’est permis de formuler un avis, raisonnablement.

Il prend le revolver qui part rageusement sur le parquet, une balle fuse et le portrait  de l’ Archevêque-Evêque-Comte, se trouve troué.

Il ne faut pas oublier que je suis la bénéficiaire de ce geste de bon sens, puisqu’il était accompagné de l’injonction d’épouser dare-dare la jeune et innocente Laura, compromise par une cour aussi longue qu’assidue.

Le mariage eut lieu tout de suite, le temps de publier les bans et de faire imprimer les faire-part.

Dix mois après, le 07-10-1902, mon Papa arrivait et 28 ans plus tard ce fut mon tour.

Je n’ai jamais su si ma Grand-mère, avec qui je bavardais pourtant pendant des heures, connaissait toute l’histoire.

Quelques mois, trois ou quatre, avant la naissance de mon père, est née à Reiriz Lydia PUGA pour l’état-civil, Lydia PEREIRA pour toute la ville. Mariée très jeune, elle a vécu jusqu’à plus de 90 ans au Brésil.

Le baptême de mon père, qui eut lieu le 15-10-1902, est la preuve parfaite de cet esprit de tolérance, je dirais même de ce « savoir-vivre » à Reiriz. Ceux qui le portèrent vers les fonds baptismaux furent son grand-père paternel, propriétaire, et Ernestina, encore célibataire, tante maternelle.

J’ai aussi la preuve indirecte de cette cohabitation pacifique entre les deux familles, qui m’a été racontée par mon père dans les années 1990. Il est décédé en 1999.

Lors de la commémoration du centenaire de la modernisation de l’Hôpital de la Miséricorde de Monção, mon Papa, ancien Maire, invité, et déjà sourd comme un pot, vit à un moment donné tous les présents se retourner et le regarder avec de grands sourires et applaudissements. Demandant à sa voisine de chaise le motif d’une telle agitation, elle lui apprend que sur la liste qui venait d’être lue, ses deux grands-parents, Manoel PUGA et João Antònio PEREIRA, figuraient parmi les plus généreux donateurs.

Il est vrai que le « drame » entre les deux familles a été postérieur à cette récolte de fonds, qu’on évoquait un siècle plus tard.

Le plus dur  fut  sans doute  pour « avò Dalinda ». Le grand amour de sa vie fut brisé là. Elle harcela mon grand-père, par des lettres passionnées, dont une envoyée jusqu’à la pharmacie, qu’il avait fondée  vers 1901/1902 en l’île de Principe (S. Tomé et Principe).

Car, sitôt marié, peut-être même avant de savoir que les deux femmes, Laura, la légitime et Dalinda, l’amante, se trouvaient enceintes, il s’était embarqué vers des îles au climat équatorial insupportable. Dans la plus petite de l’archipel, l’île de Principe, il fonda une pharmacie.

Pénitence inconsciente, chez cet homme imbu de morale laïque et libre-penseur ?

Le climat le rejeta. Sa santé l’obligea à retourner en métropole. A nouveau  il crée une pharmacie à Crestuma, tout près de Porto, mais loin de Monção . Laura et mon père bébé l’y rejoignent et c’est là que naîtront mes trois oncles suivants.

Le retour à Monção n’aura lieu que plus de dix ans plus tard. L’auto-punition prenait-elle fin ?

Après le décès de ma grand-mère, ses deux brus, ma Maman et Tia Maria Luisa, ont trouvé dans le fatras d’une grande maison, qui avait vu passer tant de monde, des quantités de lettres. Ma Maman m’avait gardée une. Malheureusement j’en ai perdu la trace. C’était celle adressée par Dalinda à Joaquim à l’île de Principe. Elle était très émouvante, car elle lui parlait, avec la tendresse qu’on imagine, de leur bébé, Tia Lydia, qu’elle sentait bouger dans son ventre.

Longtemps après, quand le calme paraissait revenu dans les passions, on voyait régulièrement D. Dalinda  passer à la pharmacie.  Mon grand-père, selon ce qui m’a été dit, prenait n’importe quel prétexte pour s ‘absenter et la laisser avec les préparateurs.

D’elle je garde le souvenir d’une  vieille dame, assez élancée, avec une chevelure argentée éblouissante, qui ne m’accordait qu’une attention distante et que j’appelais « avò », tout en sachant que je n’étais pas son arrière-petite-fille.

On me racontait que lors des bals à l’Assemblée, club chic de la ville, où elle  a accompagné  pendant des années ses petites filles, elle  était connue pour sa gourmandise. Très, trop assidue autour du buffet, sa petite aumônière de bal s’ouvrait souvent pour récupérer des petits fours qui lui faisaient envie. Toujours la déviance, l’interdit outrepassé comme en début de siècle ?

Son manque d’intérêt pour ma petite personne était largement compensé par la tendresse et l’attention de tous les autres  habitants de REIRIZ.

Les études à Lisbonne, puis à Porto, puis la vie m’ont éloignée de cet Eden.

Qui malheureusement disparut à tout jamais. Une vente dans les années 1950, suivie d’un lotissement récent, avec des immeubles, démolirent   la tonnelle et le jardin d’iris de Tia Ernestina.

What do you want to do ?

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BEAUTE FATALE : a RIBEIRINHA

Le Portugal venait à peine de naître.

Le petit comté, offert par le roi de Castille, avec la main de sa fille bâtarde, à un croisé bourguignon pour services guerriers rendus, venait d’accéder à l’indépendance.

Son deuxième roi était D. Sancho I.

Ce roi, appelé « o Povoador », non content d’agrandir territorialement le royaume légué par son père D. Afonso HENRIQUES, de créer des zones de peuplement nouvelles, s’impliqua personnellement dans ce peuplement. Il eut 11 enfants légitimes de son épouse, Dulce de Barcelone, Infante d’ARAGON, et au moins huit bâtards de deux maîtresses attitrées.

Ces deux maîtresses, la galicienne Maria AIRES de FORNELOS et la portugaise Maria PAIS RIBEIRA, étaient réputées comme étant  les plus belles femmes de leur époque.

J’avais parlé de D. Maria PAIS RIBEIRA, surnommée « a RIBEIRINHA » dans ce blog, dans le texte « A la poursuite de la boule rouge ». Je l’avais citée pour son homonymie avec une de mes grands-mères, la 20ème, née un siècle plus tard.

A ce moment-là, mes recherches ne m’avaient pas encore permis d’appréhender le fait que la belle et célèbre RIBEIRINHA était aussi dans ma ligne.

Mais avançons chronologiquement.

Sancho I avait pour légitime épouse D.Dulce de Barcelone, Infante de ARAGON, qui lui donna 11 enfants, dont des princesses devenues reines du Danemark, de Castille, de Léon.

Dona Maria AIRES de FORNELOS, la maîtresse galicienne, dont le château était situé tout près du fleuve MINHO, qui marque aujourd’hui, comme alors, la frontière nord du Portugal, recevait très souvent la visite du souverain portugais.

Pour traverser le fleuve celui-ci passait par ma ville natale, Monção. Le château de FORNELOS, dont il ne reste que la tour, haute de 19 mètres, se trouve à un peu plus de dix kilomètres, côté Galice.

Après GUIMARAES, la capitale du Portugal était alors COIMBRA.

Ces rencontres amoureuses demandaient donc un long déplacement. Quelques centaines de kilomètres !

On ne connaît pas la durée de cette passion. Deux enfants en furent le fruit.

Et la belle Maria AIRES, après avoir été délaissée, épousa D.Gil VASQUEZ de SOVEROSA,  noble portugais, dont elle eut une fille, qui elle même aussi, fit plus tard le bonheur du roi de LEON, Alfonso IX.

Le refroidissement de la passion du roi fut la conséquence d’un coup de foudre. D.Sancho I du Portugal avait croisé « la Femme », celle qui, telle une Ava GARDNER de nos jours, faisait fantasmer tous les hommes.

C’était donc, « la  RIBEIRINHA ». De son vrai nom, D. Maria PAES RIBEIRO, fille de D. Paio MONIZ de RIBEIRA et de D. Urraca NUNES de BRAGANCA.

De carnation très blanche, coiffée d’une flamboyante chevelure rousse, elle séduisait par sa beauté, et par une grâce et un charme incomparables.

Une chanson qui lui fut dédiée, resta dans la Littérature portugaise, comme la première écrite dans la langue médievale galaico-portugaise, ancêtre du portugais et du galego actuels : « a cantiga  da Ribeirinha ».

Avoir une grand-mère, qui par sa grâce et beauté, inspira à un poète, le premier texte  poétique  connu,   écrit en langue galaico-portugaise, quel bonheur ! De toutes les grandeurs qui accompagnent mon arbre généalogique, je donne la première place   à celle-ci.

De la longue liaison entre le roi et D. Maria PAES RIBEIRA sont nés 6 enfants.

D.Sancho était né en 1154 et est décédé en 1211.

D.Maria PAES était née vers 1170 et décéda en 1258.

De leurs six enfants, je retrouve une fille, Dona Teresa SANCHES, dans ma ligne paternelle. Mais avant d’énoncer cette ascendance, il faut raconter ce que la beauté célèbre de « la Ribeirinha » lui a causé comme désagréments.

Le roi D.Sancho I totalement épris de D. Maria PAES avait décidé d’innombrables dons, au long des années, en sa faveur et celle de leurs enfants. Les donations de villes, de droits de toute sorte se succédaient. Plusieurs villes, telles que PARADA, POUSADELA et VILA do CONDE leur furent offertes .

Après le décès du roi, à COIMBRA, elle décide de se retirer à VILA do CONDE, qui se trouve un peu au nord de PORTO.

Finies les cérémonies funèbres à COIMBRA, au début du deuil et plongée dans une grande tristesse, D. Maria PAES prend la route.

Accompagnée de plusieurs membres de son entourage, dont un de ses frères, Martim, habillée de blanc, couleur du deuil, D. Maria prend place dans le long cortège.

La mauvaise surprise arrive aux alentours de la petite ville de Avelãs do Caminho (Noisettes du chemin!!!).

Un guet-apens y avait été minutieusement préparé par D. Gomes LOURENCO VIEGAS, un courtisan, qui l’ayant vue au Palais Royal, à COIMBRA, en était tombé fou amoureux.

Aidé par ses gens d’armes, il attaque le cortège, vainc en combat singulier Martim et rapte la RIBEIRINHA.

A bride abattue, les arrières protégées par ses gens, il chevauche jusqu’au royaume de LEON, dans les ASTURIES. Une équipée de plusieurs centaines de kilomètres ! Heureusement pour le ravisseur, pas de télégraphe, ni de téléphone …

Arrivés à LEON, commencent les tractations entre la famille de RIBEIRINHA, le roi du PORTUGAL, D Afonso II, et le roi de LEON, Fernando I.

Gomes LOURENCO VIEGAS, convoqué au Palais Royal de LEON par le roi, avoue avoir violé D. Maria, qui n’était pas consentante, mais refuse d’être extradé, invoquant la certitude d’une vengeance exercée par  la famille PAES RIBEIRO.

Or, « souvent femme varie, bien fol est qui s’y  fie».

Ayant subi les derniers outrages, mais jouant de sa séduction, Maria feint d’aimer le ravisseur, lui promet le pardon royal et familial et même le mariage après le retour à COIMBRA. Il tombe dans le panneau.

Que nenni ! Arrivés à COIMBRA, elle implore justice auprès du roi AFONSO II et le prie de punir le coupable avec la plus extrême rigueur.

Il est jugé et exécuté.

Maria, dans sa petite quarantaine, toujours aussi séduisante, épouse D.Juan FERNANDEZ de LIMA, le Bon, noble galicien, dont elle a encore des enfants.

A un âge très avancé, elle s’est retirée dans le couvent de GRIJO, au Portugal, et repose pour l’Eternité dans le couvent de BOURO.

Ses deux filles, eues avec le roi D. Sancho I, Teresa ( 23ème grand-mère dans mon ascendance) et Constança SANCHES ont couvert de dons ces deux couvents.

  • D. Sancho I, 2ème roi du Portugal ( 1154-1211) et D. Maria PAES RIBEIRA, a RIBEIRINHA (c. 1170-1258)
  • D. Teresa SANCHES (c.1205 -1230)) et D. Alfonso TELLEZ, 2ème seigneur de MENESES et 1er seigneur de ALBUQUERQUE
  • D. João AFONSO TELO de MENESES, AlferesMor du roi Afonso III du Portugal, 2ème seigneur d’ALBUQUERQUE et D. Elvira GONZALEZ GIRON
  • D. Gonzalo ANES RAPOSO et D. Urraca FERNANDEZ de LIMA
  • D. Afonso MARTINS TELES RAPOSO, fondateur du Couvent de Odivelas, Alcaide de MARVAO et D. Berengària LOURENCO de VALADARES
  • D. Martim AFONSO TELO de MENESES (c. 1310) et D. Aldonça ANES de VASCONCELOS
  • D. Maria TELES de MENESES et 1° D. Alvaro DIAS de SOUSA – 2° D. João, Infante du PORTUGAL, Duc de Valência de Campos, en Espagne. Cette 18ème grand-mère, sœur de la reine du Portugal, D. Leonor TELES, fut poignardée par son second mari, fils d’Inês de CASTRO.  Je parle de ce drame dans ce blog : « Le fils d’Inês de CASTRO »
  • D. Lopo DIAS de SOUSA (1362), seigneur de ENXARRA dos CAVALEIROS, de MAFRA e ERICEIRA, 7ème Mestre da ORDEM de CRISTO, successeur de mon ancêtre D. Nuno FREIRE de ANDRADE, et prédécesseur de l’Infante D. Henri le Navigateur. On ne connait pas l’épouse de D. Lopo, N.
  • D. Inês DIAS de SOUSA (1390) et D. João de ABREU
  • Alvaro de ABREU (1410) et Guiomar AFONSO VILARINHO
  • Pedro de ABREU et Aldonça VAZ SOARES
  • Guiomar VILARINHO de ABREU et Gomes RODRIGUES de MAGALHAES
  • Pedro GOMES de ABREU et Catarina AFONSO
  • Gaspar GOMES de ABREU (1535)et Ana AFONSO
  • Isabel GOMES de ABREU (mariage à Melgaço, le 15-02-1609) et João RODRIGUES
  • Maria RODRIGUES GOMES de ABREU (née 10-01-1615) et Gregorio RODRIGUES
  • Maria GOMES de ABREU et Antonio GONCALVES
  • Ana Maria GOMES de ABREU (1690) et Gonçalo ALVARES de SOUSA
  • Antonio ALVARES de SOUSA (1709) et Caetana de CASTRO SOARES ( 1705)
  • Ana ALVES de SOUSA ( mariage le 24-11-1765 à Paderne, , Melgaço) et Lourenço Joseph FERNANDES
  • Rosa Quitéria  ALVES FERNANDES et Manoel Nicolas LORENZO de PUGA, (né le 06-12-1755 à Mourentan, ARBO, Galice)
  • Manoel José de JESUS PUGA (mariage le 14-02-1836) et D. Maria da Natividade RODRIGUES
  • Manoel de JESUS PUGA ( né 26-05-1849 à Melgaço) et Ana Joaquina BALEIXO
  • Laura da Conceição PUGA (née 12-11-1879) et Joaquim José PEREIRA JUNIOR ( né 26-09-1874)
  • João Antonio PUGA PEREIRA ( 1902)  et Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES (1906), mes Parents
  • Natércia Estela  SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES PUGA PEREIRA et 1° Alfredo de SA LEAO PIMENTEL FERREIRA  et  2° Pierre LAFORIE

Les PASSOS de PROBEN

Voilà une de mes familles originaires de GALICE, les PASSOS, PAZOS ou PAÇOS de PROBEN.

J’ai tant lu sur ces « hijos d’algo » de la région de Pontevedra, plus précisément de la Ria de VIGO !

Avec eux, comme ancêtres galegos, tous enracinés sur la côte ouest de Galice, j’ai les MARIÑO, les SOTOMAYOR, les ARAUJO, les SAAVEDRA, les ANDRADE, les ALDAO…
Mais comme la recherche généalogique n’est jamais finie, eux m’amèneront d’autres !
A part les ANDRADE qui sont plus au nord, du côté de LA COROGNE, à Puentedeume, les autres que je viens de citer, ont tous leurs châteaux et manoirs dans le district de PONTEVEDRA, d’une marge à l’autre de la Ria de VIGO.

La Ria de VIGO ! Sait-on que c’était là, la base secrète du Nautilus de Jules Verne ?
C’est là que le capitaine NEMO allait chercher l’or, les tonnes d’or, qui dormaient au fond de la ria.
Ils y dormaient depuis plus d’un siècle, depuis la bataille de RANDE.

Le 23-10-1702 s’y était déroulée une terrible bataille navale opposant des forces Anglo-Hollandaises à des forces Franco-Espagnoles.
Et là nous ne sommes pas dans la fiction de Jules VERNE, nous sommes dans l’Histoire.

Cela se passait pendant la guerre de Succession d’Espagne, qui vit Louis XIV imposer un de ses petits-fils, Philippe duc d’Anjou, sur le trône d’Espagne Celui-ci devint  Felipe V, premier Bourbon à accéder au trône espagnol. Avant lui, il y avait les Habsbourg, autrichiens.
Mais les Anglais et les Hollandais ne l’entendent pas de cette oreille. Ils rejettent le  dictat de Louis XIV et une guerre opposant les Français et les Espagnols aux Anglais et Hollandais s’ensuivit.

Lors de la bataille navale de RANDE, les forces en présence étaient impressionnantes, 23.000 pour les attaquants Anglo-Hollandais et environ 10.000 pour les défenseurs Franco-Espagnols. L’attaque par surprise, la supériorité numérique et celle de l’armement des assaillants ont fait qu’en dix heures de temps la messe était dite.

Les Anglo-Hollandais se sont livrés à toute sorte d’exactions, ont mis à sac entre autres la ville de REDONDELA, et sont repartis avec les richesses transportées. Toutes ? Si je mets un point d’interrogation sur « toutes » les richesses, c’est qu’il existe le témoignage du frère  d’un témoin oculaire, religieux, qui lui aurait dit que des centaines et des centaines de chars à bœufs  avaient pris la route de Madrid, transportant l’or et l’argent  déchargés à temps des vaisseaux.
Enfin d’autres témoignages existent pour dire que des vaisseaux, encore chargés de  beaucoup de richesses, furent sabordés par leurs commandants et se trouveraient donc  au fond de la ria.

Mais la bataille de RANDE peut aussi être vue comme un de ces actes de piraterie institutionnelle,  dont étaient coutumiers les Anglais.  DRAKE en est le parfait exemple.
Ayant appris que vingt vaisseaux espagnols rentraient des Amériques avec la plus forte quantité jamais vue d’or et d’argent, les Anglo-Hollandais les ont attaqués dans l’étroit chenal qui sépare l’île de San Simon de la ville de REDONDELA.
La supériorité incontestée des Anglais sur les mers daterait précisément de ce jour-là.
Mais des projets pour la recherche de ces trésors, au fond de la Ria de VIGO, existent toujours. Des millions d’euros attendent des autorisations administratives pour s’y engager.

Pour moi, le seul fait que Jules VERNE, ait pu fantasmer là-dessus et nous ait offert « Vingt mille lieues sous les mers » me suffit comme trésor.

Le bâtiment civil le plus ancien de VIGO est la « casa dos PAZOS de ( PROBEN ) FIGUEROA » C’est un petit palais urbain datant du XVI ème. Elle fut offerte par la Galice au Portugal, qui y installa l’Institut CAMOES.

Luis VAZ de CAMOES, le plus grand poète portugais, l’auteur des « Lusìadas » était d’origine espagnole. Voilà un geste plus que louable entre voisins, qui se sont fait la guerre pendant des siècles !

institut Camoes

Mais pour revenir à mes PAZOS de PROBEN, avant de parler du premier qui s’installa au Portugal et qui se trouve donc à l’origine de ma branche portugaise, parlons de cette famille. Elle est  très ancienne et  de petite noblesse, mais porteuse d’une renommée de courage et de droiture, qui en font un exemple.

Ils incarnent toutes les qualités morales du « parfait chevalier« .

Une ville porte leur nom. C’est la ville de Pazos de BORBEN. Elle se trouve à 8 Kms de REDONDELA. Voilà la première déformation du nom. Une autre déformation  aura lieu lors du passage d’une branche de cette famille au Portugal. Là, les PAZOS de PROBEN  deviennent les PASSOS ou Paços de PROBEM.

Comme ce fut le cas pour beaucoup de ces très anciennes familles, lors des révoltes Irmandiñas de 1467-69, des nobles provinciaux de GALICE prirent le parti des révoltés contre le pouvoir central.
La Galice se divisa en deux partis, peut-on dire de façon schématique et peu rigoureuse. La Haute Noblesse, celle des PIMENTEL, des SOTOMAYOR, des LEMOS et le très haut clergé, dont les Archevêques FONSECA de Saint Jacques de Compostelle, prirent le parti des rois Catholiques.
Les Irmandiños, organisés en confréries d’artisans, de commerçants, de paysans, de pêcheurs, écrasés de taxes et impôts de toute sorte se virent, eux, renforcés par cette Petite Noblesse terrienne,  dont les PAZOS, ayant lutté pendant des siècles contre les Maures. Le petit Clergé, souvent issu de ces mêmes familles se rangea du côté des Irmandiños.

Ce fut un soulèvement terrible. On ne compte pas les morts, les destructions de châteaux, les exactions. Ce furent deux ans de guerre civile, à laquelle mit fin le fameux Pedro Madruga, D. Pedro ALVAREZ de SOTOMAYOR, comte de CAMINHA au Portugal.

Celui-ci, un bâtard des SOTOMAYOR, est vu par les PAZOS comme le « mauvais chevalier ». Pratiquant avec de grands succès l’art de la guerre, tacticien hors pair, il ne s’embarrasse pas trop des principes moraux de l’esprit de la Chevalerie.

Choisi comme « caudillo », c’est à dire chef de guerre par les autres grands Seigneurs, il y mit fin de la façon la moins chevaleresque. Il usa de toutes les ruses, de toutes les trahisons, de toute la cruauté imaginables.

La renommée des PAZOS de PROBEN est totalement à l’opposé.

Les deux familles, les SOTOMAYOR et les PAZOS de PROBEN se détestaient depuis des générations. Des faits très graves étaient à l’origine de cette haine. Entre autres l’assassinat d’une dame PAZOS par un SOTOMAYOR.
Les hommes en armes, appartenant à l’une ou l’autre maison, pour des histoires de surfaces de pacage ou d’attribution d’eau,  croisaient le fer.
C’était « règlement de comptes à O.K. Corral » en Galice.

Les PAZOS de PROBEN, eux, incarnaient depuis le Moyen Age le modèle du « chevalier ». « La guerre est l’occupation qui définit ce modèle, qui donne une marque morale à la noblesse comme classe sociale. » (Carlos Barros). Le principe majeur de cette classe : « il vaut mieux mourir avec honneur, que vivre sans… ». Etre le premier à l’assaut d’un château-fort, défendre un drapeau jusqu’à la mort…

Pour illustrer ceci, voilà deux hauts faits où l’on retrouve les PAZOS de PROBEN.
Lors d’une de ces rencontres guerrières, la prise d’Antequera en 1410, Jàcome  de PAZOS de PROBEN est le capitaine d’une compagnie et son demi-frère Garcia, en  est l’Alferes (Porte-drapeau). Garcia est touché à mort pendant le combat, il y perd la vie, mais « pas le drapeau, qui est repris par son autre frère Gonzalo ».

Le nom de PAZOS est indissociable de la prise du château de TENORIO, dont ils assuraient la défense, face aux forces de Madruga. Ceci se passait une dizaine d’années après la fin des révoltes Irmandiñas.

Mon ancêtre Gomez AIRES de PAZOS de PROBEN était l’alcaide de ce château-forteresse, en 1476, lors d’ une période de guerre entre l’Espagne et le Portugal.

Des liens familiaux étroits, renforcés par sa fonction de alcaïde, l’attachaient à cet énorme château-forteresse. Voici comment :

-Gomez AIRES de PAZOS de PROBEN marié à Leonor ALVARES de BERDUCIDO était le fils de :

-Diogo de PAZOS de PROBEN marié à Teresa NUNEZ de GUSMAO. Diogo  était le fils de :

-Jàcome de PAZOS de PROBEN marié à Vasquinda AIRES MALDONADO.  Jàcome  était le fils de :

-Gaspar de PAZOS de PROBEN  qui  était marié à Joana de TENORIO GODEI, fille du seigneur de TENORIO.

Pedro ALVARES de SOTOMAYOR, alias Pedro MADRUGA, cette fois-ci au service du roi du Portugal, dont il était très proche, cherchait à prendre le château.
Le siège dura des mois, et comme pendant les révoltes Irmandiñas,  MADRUGA usa de toutes les ruses, de tous les subterfuges.

Gomez PAZOS, apprenant que sa femme et ses enfants sont assiégés dans leur château familial, la mort dans l’âme, renonce à aller leur porter secours, « ayant fait le serment de chevalier, de défendre TENORIO ».

 Le peu scrupuleux  Pedro MADRUGA fait prisonniers  D. Leonor ALVAREZ de BERDUCIDO, épouse de Gomez, accompagnée de  ses enfants, dont mon grand-père Diego et  se présente  avec eux  devant la forteresse de TENORIO.
Il menace de les pendre tous, si Gomez PAZOS ne se rend pas.

Gomez  ne se rend pas, mais TENORIO tombe peu de temps après par la trahison d’un assiégé qui, nuitamment, ouvre une des portes.

Gomez et beaucoup de ses hommes meurent.

Pedro MADRUGA, par respect pour son courage ne lui coupe pas la tête et autorise sa femme et ses enfants à enlever le corps, qui va rejoindre ceux de ses ancêtres dans les caveaux de famille à TUY.

Le fils de Gomez qui s’établira au Portugal, à Ponte do Lima, après des drames épouvantables, dont il a tenté de tirer vengeance, est Diego de PAZOS de PROBEN.

Cet établissement au Portugal est empreint de romantisme.

Après la chute de TENORIO et la mort de Gomez, la famille ayant perdu son propre château et ses vassaux, est réduite à trouver refuge et asile  chez des parents et des alliés. Lors d’un séjour chez les FIGUEROA, à VIGO, Diego tombe amoureux de Maria ALONSO de FIGUEROA, fille de D. Alvaro, gouverneur de la ville.

Ce  malheur qui  vient  affliger les Paços de PROBEN  après la destruction de TENORIO et de leur propre château par Pedro ALBAREZ (sic) de SOTTOMAYOR, est invoqué, presque cent ans après les faits par « el licenciado Juan de OCAMPO, sacerdote de Missa, natural de la noble ciudad de ZAMORA, residiente en la de BARCELONA », donde fué impresso con licencia, en casa de  Jaques Seudrat, en Setiembre del año de mil quinientos y ochenta y siete . (1587) en un ouvrage.

La publication en question est dédicacée « al Illustrissimo Señor Don Gaspar de QUIROGA, Cardinal y Arçobispo de TOLEDO, Primado de las Españas, Inquisitor General, Presidente de Italia  del Consejo  de Estado de Su Magestad »

Le Licenciado Juan de Ocampo justifie, par la connaissance intime des dossiers, son travail,  intitulé « Descendencia de los Paços de Proben, que antigamente se llamaron PATROS, y donde tienen su casa y solar, y como la destruyo y allano por el suelo Pedro ALBAREZ de SOTTOMAYOR, conde de Camiña, visconde de Tui, señor de la casa y solar de SOTTOMAYOR, y algunos hechos de caballeros de Galizia ».

De cette connaissance approfondie il a tiré, dit-il, un sentiment de révolte face à l’injustice qui frappe certaines de ces très anciennes familles de la Noblesse, les TEMES, les GODOY ou GODEI et les PACOS de PROBEN, dépossédés de leurs manoirs et   à mettre en opposition avec certaines familles, dont quelques GRANDS d’Espagne, de  noblesse beaucoup plus récente et mérites inférieurs.

 Juan de OCAMPO dit avoir travaillé comme Juge pendant quinze ans à la Real Audiencia de Galice,  où les suites  judiciaires  des guerres Irmandiñas  étaient instruites avant de partir à la « sala de los Hijos d’Algo » de VALLADOLID, où seuls les dossiers des nobles  étaient traités.

Avant de reparler de mon ancêtre Diego et de ses amours au Portugal, je relève la forme première du  nom  Wisigoth de la famille qui au dire de Juan de OCAMPO, aurait été  PATROS.

PATROS, PAZOS, PASSOS, Paços…

Diego et Maria  de  FIGUEROA veulent se marier, mais D. Leonor de BERDUCIDO,  mère de Diego s’oppose au mariage : «  tu es pauvre, tu n’as que les armes que tu portes … »

Les tourtereaux s’enfuient vers le Portugal, vers Ponte do Lima, et s’y marient.

Les FIGUEROA pardonnent et plus tard Diego héritera même du poste de gouverneur de la ville  de VIGO, poste que son beau-père lui cède.

Au Portugal il deviendra Diogo de PASSOS de PROBEM. Voici ma ligne descendante :

  • Garcia de PAZOS de PROBEM, fils de Recaredo de PASSOS, seigneur de la vallée du Probem, près de REDONDELA, en Galice  et N. de SOUTOMAYOR
  • Diogo de PAZOS de PROBEM, un des  14  chevaliers ayant  affronté  en combat singulier Rui ou Rodrigue  de BIVAR,  » El CID »,              Marié à  N.
  •  Alvaro de PAZOS de PROBEM,  seigneur de   PROBEM.   Marié à  N.
  •  Godinho de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM aux temps du roi Sancho III de Castille .  Marié à  N.
  • Alvaro de PAZOS de PROBEM, seigneur des Terres de Soneira. Accompagné de ses fils participa  à la prise de SEVILLA.   Marié à  N.
  •  Filipe de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM .  Marié à  N.
  •  Antonio de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM.  Marié à D. Rufina INHIGUES de PARADA, soeur de Soeiro INHIGUES , seigneur de PARADA.
  • Gaspard de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM, Marié à D. Joana TENORIO GODEY, fille du seigneur de TENORIO, près de PONTEVEDRA
  • Jàcome de PAZOS de PROBEM, servit le roi D. João I de Castille,  lors des campagnes contre les Maures, en tant que Mestre de Campo, et décéda à ROME, retour d’un pèlerinage à JERUSALEM.  Marié à D. Vasquida AYRES MALDONADO
  • Diogo de PASSOS de PROBEM, seigneur de PROBEM et dans sa jeunesse Page du roi de Castile D. Joao II.  Marié à D. Teresa NUNES de GUSMAO
  • Gomez   AYRES de  PAZOS de PROBEN ( décès 1476 à TENORIO) et Leonor ALVAREZ de BERDUCIDO
  •  Diogo de PASSOS de PROBEM et Maria AFONSO de FIGUEIROA, fille du  Gouverneur de VIGO, seigneur de SABROSO
  • Jàcome de PASSOS de PROBEM et Maria ALVARES OSORIO do MINHO
  • Miguel de PASSOS de FIGUEIROA et Inês RODRIGUES de MOGUEIMAS, fille du Commandeur du Mosteiro e Couto de PADERNE, Melgaço, Portugal
  • Isabel de PASSOS de FIGUEIROA et Fernando de SA de ARAUJO, Chevalier de l’Ordem de Cristo, senhor da Quinta de Santo Antão à MESSEGAES, Monção
  • Cristovão de SA de PASSOS (décès 24-02-1623) et Felipa BRANDÃO COELHO, appartenant à la famille PITTA  de CAMINHA
  • Cristovão de SA  et Isabel BARBOSA
  • Angela BARBOSA e TRANCOSA (née le 4-11-1618 dans la Quinta de Santo Antão) et Cosme FERNANDES VILARINHO
  • Manoel de SA ( né le 06-06-1650) et Catarina RODRIGUES BACELAR
  • Angela de SA BARBOSA BACELAR (mariée en 1698) et Estevão PEREIRA da LOMBA, greffier de Droit Seculier. Formation à COIMBRA.
  • Caetano PEREIRA BARBOSA, greffier de Droit Seculier et Luisa Teresa  de SA e SOUSA
  • Josefa Rosa PEREIRA BARBOSA , (née le 26-02-1774) et Manuel José LOURENCO PEREIRA, (né le 26-09-1749), capitaine d’Ordonnances
  • Serafina Teresa LOURENCO PEREIRA ou PIMENTA et Joaquim Antònio SENDIM de RIBAS LIRA, galicien, réfugié politique vers 1830. Mariage 06-07-1831 à Parada, Monção
  • José Luis SENDIM de RIBAS LIRA et Maria Rosa ALVES
  • Cândida SENDIM de RIBAS LIRA et José Manuel CARDAO RODRIGUES, chef des Finances du Concelho de Melgaço, ensuite Monção
  • Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES et João Antònio PUGA PEREIRA, mes Parents