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Quinta de Santo Antão évanouie

Il a existé, mais n’existe plus. C’était un manoir, dont on a des preuves multiples, écrites, et un beau blason.

Il se trouvait à Messegães, une paroisse de Monção, ma ville natale, au nord du Portugal.

Les preuves les plus anciennes s’y rapportant, le citent comme faisant partie du Couto du Mosteiro de PADERNE, paroisse de Melgaço. Les commendataires de ce couto possédaient donc cette « quinta » (manoir).

Par les héritages et les mariages au long des siècles, il changea de mains et appartint à des Espagnols. Les PUGA, ma famille de Galice, qui figurent sur le blason y sont probablement parce que Emerenciana SUAREZ de PUGA, sitôt mariée, a quitté son manoir familial gallego, le pazo de Monterreal, à Tortoreos, pour rejoindre sa propriété au Portugal. Ceci se passa vers 1700 et quelques. L’éloignement ne faisait pas peur. En Galice elle vivait dans le Pazo de Monterreal à Santiago de Tortoreos avec ses parents, et quelques centaines de mètres plus bas, en prenant un bateau, elle était chez elle, mais à Messegaes, au Portugal., dans la quinta de Santo Antão. Son époux fut Bartolomeu de CASTRO OZORES.

Voici le blason de Santo Antão, à Messegães. Les familles qui y figurent sont : CASTRO, SA, SOTOMAIOR et PUGA.

La vie devait se passer agréablement d’un côté et l’autre du fleuve. Pas de douane, pas de passeport, on prend le bateau amarré qui attend les voyageurs (!). Et dix minutes plus tard, on arrive dans le Pazo des parents à Tortoreos. Le père d’Emerenciana est capitaine. Une autre de ses filles est dame de compagnie de la reine à Madrid, c’est Dona Ana Maria, partie vers la Cour avec la Comtesse de Ollacau, plus tard Marqueza de Llanera.

La vie devait ressembler beaucoup à celle que j’ai connu chez mon arrière-grand-père paternel, dans sa quinta de Reiriz, à deux klms de Monçao.

Du côté de Galice ou du côté portugais, on vivait selon les mêmes règles.

Je me rappelle, tout d »un coup, une des histoires que ma grand-mère m’a raccontée.

A Reiriz, on avait reçu, pour prendre le thé, deux jeunes filles, enfants d’un nouveau juge, qui venait d’être nommé à Monçao. On était en été et la bienséance voulait que ma grand-mère Laure et sa jeune sœur Ernestina accompagnassent le retour des visiteuses juqu’à l’entrée de la ville.

Mais à hauteur du cimetière, pratiquement à mi-chemin, voilà qu’apparait Gina, une jeune folle qui divagait et mendiait.

La vue de ces quatre jeunes filles, bien habillées et portant des chapeaux pour se protéger du sollleil, a dû l’exciter. Elle se place derrière elles et à l’aide d’une petite branche, les fouettant , les oblige à obéir, « droite, gauche, mes petits cabris droite, gauche». Le défilé triomphal dure le temps d’arriver presque à l’entrée de la ville, là où un Monsieur intervient pour faire partir Gina.

Ma grand-mère me raccontait ça, peut-être 60 ans plus tard et nous avions encore des frissons de peur.

Dans le forum de généalogie que je fréquente, nous sommes quelques dizaines qui descendons des familles présentes sur le blason. Bien identifiés, nous nous considérons « primos » (cousins) et toutes les classes sociales me paraissent représentées. Dont un grand mathématicien, des avocats, des universitaires, des paysans.

Clotilde de France, fille de Clovis

Les wisigoths, peuple « barbare » venu de Scandinavie, christianisés sous le rite arien, ont remplacé les romains, quand ceux-ci, ceux de la fin de l’Empire d’Occident, perdaient pied un peu partout en Europe.  Les wisigoths occupaient toute l’Occitanie, toute l’Aquitaine.

Les Pyrénées étaient un obstacle, c’est certain, mais nullement infranchissable pour de tels guerriers. Ils les franchirent, donc, et entrèrent en négociations avec la royauté et les duchés de France. Négociations qui entre autres résultats, aboutirent au mariage du roi wisigoth Amalric I BALTHES avec la fille de CLOVIS, Clotilde de France, portant le même prénom que sa mère, la reine Clotilde. 

Le mariage a lieu, mais Clotilde se plaint à sa famille des mœurs très violentes de son époux. Celui-ci la battait, et comme preuve de ces violences, elle fait porter à son frère  Childebert un mouchoir tâché de sang. Une expédition guerrière part pour exfiltrer la pauvre Clotilde.

Malheureusement, celle-ci  décède pendant ce voyage de retour vers la Cour Franque.

Je retrouve ces ancêtres, par leur fils RECAREDO, roi d’Espagne, marié à Clodosinda de Austrasie

Après Recaredo,  les Ordoño, les Ramiro, se succèdent, en passant par Pelàgio, prince des Astùries, qui, à partir de son réduit de wisigoths christianisés, à Oviedo, posa les bases du royaume chrétien de LEON.

On peut considérer que la Reconquista partit de là, dans la lutte qui dura des siècles, jusqu’aux rois Catholiques, pour chasser vers le sud de la péninsule, et pour finir  de l’autre côté de la Méditerranée, les Infidèles, autrement dit les Musulmans. 

En 1212, à NAVAS de TOLOSA, mon  23ème grand-père, Alfonso VIII de CASTILLA, avait, par une victoire décisive, cantonné pour des siècles les musulmans dans le sud de la péninsule. Isabelle et Ferdinand, les Rois Catholiques, grosso modo deux siècles plus tard, achevèrent l’ouvrage.

Un mariage avait eu lieu entre une  princesse wisigothe, Toda ERMIGES, et un des rejetons de la grande famille de RIBADOURO, au Portugal. Cette famille était une des cinq familles de « ricos homens » du pays.

De leur descendance au long des siècles, y compris pendant  la naissance des comtés, devenus par la suite, les royaumes chrétiens de la péninsule ibérique, j’arrive à la famille de ma grand-mère maternelle, Cândida SENDIM de RIBAS LIRA, RODRIGUES par mariage, née le  3/7/1876.

  • ALARICO II BALTHES, roi des wisigoths, marié à THEODOGOTA des OSTROGODES 
  • AMALARICO I BALTHES, roi des Wisigoths, marié à CLOTILDE de France, fille de CLOVIS 
  • RECAREDO, roi d’Espagne, marié à CLODOSINDA de Austrasie 
  • SUINTILA, roi d’Espagne, marié à TEODORA 
  • SUINTILA II, roi d’Espagne marié à  N 
  • FAVILA, Duque de CANTABRIE, marié à N 
  • PELAGIO, PRINCE des ASTURIES marié à GAUDASIA 
  • ERMESINDA, princesse des ASTURIES mariée à AFONSO I, roi des ASTURIES 
  • FROILA I, roi de LEON marié à MUNIA FROILAZ 
  • FROILA de LEON marié à N 
  • BERMUDO, prince de LEON marié à URSINDA  MUNIADONA de COIMBRA 
  • RAMIRO I, roi de LEON marié à PATERNA de CASTILLE 
  • ORDONO I, roi de LEON marié à MUNIADONA de VIERZO 

J’ai trouvé sur internet le message ci-dessous, adressé par le roi ORDONO I (?) à un de mes ancêtres, TRONCOSO de LIRA, présent dans la ligne de ma grand-mère maternelle.

Voici le message :  « Cousin. Je vous salue par la grâce du Saint Esprit. Vous savez bien quel zèle et courage je mets à chasser les Maures, chiens, ennemis de notre foi, et à présent je me trouve en manque de gens, raison pour laquelle vous me feriez plaisir avec vos frères, parents et vassaux en vous trouvant en cette ultime bataille, vous y rendant avec l’urgence que ça demande et je vous récompenserai. Celui qui peut tout vous garde. Datée de la montagne, an 931, et par son ordre le secrétaire  Fragan. Don ORDONO »

  • ORDONO II, roi de LEON marié à ELVIRA MENDES de PORTUGAL 
  • ORDONO III, roi de LEON marié à XIMENA GARCEZ de PAMPLONA 
  • RAMIRO II, roi de LEON marié en troisièmes noces à ONEGA 
  • Lovesendo RAMIREZ marié à Zahyra IBN ZAYDAN descendante de Mohamed IBN ABD er-RHAMAN III, 1er Calife de CORDOBA, lui-même descendant du Prophète Mahomet 
  • Aboazar LOVESENDES marié à Unisco GODINHES 
  • Ermigio ABOAZAR marié à Vivili TURTEZENDES 
  • Toda ERMIGES mariée à Egas MONIZ de RIBADOURO et 2°à Pedro TURTEZENDES 
  • Ermigio VIEGAS marié à Unisco PAIS 
  • Monio ERMIGES , seigneur de RIBADOURO,marié à OUROANA 
  • Egas MONIZ , o Aio, marié à Dordia PAIS de AZEVEDO 2° Teresa AFONSO 
  • Elvira VIEGAS mariée à Pedro PAIS « Alferes » 
  • D. Joao PIRES da MAIA marié à D. Guiomar MENDES de SOUSA 
  • D. Paio ANES de AMBIA marié à D. Maria RODRIGUES de BAIAO 
  • D. Pedro PAIS de AMBIA, seigneur de LOBIOS, marié à D. Maria FERNANDES de LIMA 
  • Maria PERES PAIS de AMBIA mariée à Rodrigo ALVAREZ DAZA 
  • Alvar RODRIGUES DAZA, seigneur de LOBIOS, marié à Comendola GONCALVES 
  • Paio RODRIGUES de ARAUJO marié à Brites VELHO de CASTRO 
  • Gonçalo RODRIGUES de ARAUJO marié à Maria de MAGALHAES 
  • Pedro ANES de ARAUJO marié à Mor GOMES VELHO 
  • Brites VELHO de ARAUJO mariée à Alvaro RODRIGUES CODORNIGA 
  • Guiomar RODRIGUES de ARAUJO MOGUEIMAS FAJARDO mariée à Vasco RODRIGUES 
  • Guiomar RODRIGUES de MOGUEIMAS mariée à Pedro FERNANDES MARCOAS 
  • Inês RODRIGUES de MOGUEIMAS mariée à Miguel de PAÇOS (ou PASSOS)  de FIGUEIROA 
  • Isabel de PAÇOS de FIGUEIROA  mariée à Fernando de SA de ARAUJO 
  • Cristovao de SA de PACOS marié à Felipa BRANDAO COELHO 
  • Cristovão de SA marié à Isabel BARBOSA 
  • Angela BARBOSA e TRANCOSA mariée à Cosme FERNANDES VILARINHO 
  • Manuel de SA marié à Catarina RODRIGUES BACELAR 
  • Angela de SA BARBOSA BACELAR mariée à Estevao PEREIRA da LOMBA 
  • Caetano PEREIRA BARBOSA  marié à Luisa Teresa de  SA e SOUSA 
  • Josefa Rosa PEREIRA BARBOSA mariée à Manuel José LOURENCO PEREIRA 
  • Serafina  Teresa LOURENCO PEREIRA mariée à Joaquim Antonio SENDIM de RIBAS-LIRA 
  • José Luis SENDIM de RIBAS-LIRA marié à Maria Rosa ALVES 
  • Cândida SENDIM de RIBAS-LIRA mariée à José Manuel RODRIGUES 
  • Amândia SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES mariée à Joao Antonio PUGA PEREIRA 
  • Natércia Estela SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES PUGA PEREIRA  mariée à 1° Alfredo Ernesto de SA  LEAO PIMENTEL FERREIRA  2° à Pierre LAFORIE

Mes dames du temps jadis

Qui pourra m’aider à retrouver ces dames ? AVA, DOUCE, GALLA, ZAHIRA , BERNALDINA ?

Etaient-elles, brunes, blondes, gentilles, méchantes ?

La Méditerranée du Nord au Sud, de l’Est en Ouest est presque toujours là.

Galla PLACIDIA vient de Constantinople, fille de l’Empereur THEODOSE I, dit Le Grand. Après le décès de ses parents, en 395, Galla est confiée à sa tante Serena, à ROME. Elle y est présente lors du sac de la Ville par le chef wisigoth ALARIC, en 410. Elle est attribuée, comme otage, et mariée au frère d’Alaric, ATHAULF.

ATHAULF devient le chef des wisigoths, après le décès de son frère ALARIC.

Mais il y a un invité surprise à ce mariage… l’amour, Ils se sont aimés et un deuxième mariage, célébré sous le rite chrétien, aurait même eu lieu, à Narbonne. Car, THEODOSE, Empereur d’Orient était chrétien, et sa fille aussi. Aurait-elle converti ATHAULF ? Le couple sillonne l’Europe et finit par s’installer à Barcelone. C’est là qu’ils perdent un premier enfant mâle et c’est là que SINGERIC assassine ATHAULF, pour prendre sa place.

Il traite de façon inique la veuve d’ATHAULF, l’obligeant parfois à des marches à pied de dizaines de kilomètres, devant son cheval.

WALIA, un guerrier wisigoth, ambitieux, tue SINGERIC et négocie avec ROME et CONSTANTINOPLE le rachat de Galla. Les deux frères de Galla sont tous deux Empereurs, l’un d’Occident et l’autre d’Orient. Elle est rachetée par HONORIUS, empereur d’Occident, contre 600.000 mesures de céréales. Malgré sa vie religieuse très stricte, sa vie aventureuse se poursuit, avec encore un mariage avec un général romain, dont elle a deux enfants. Un des enfants sera l’empereur VALENTINIEN.

Elle réside surtout à RAVENNE, sur l’Adriatique. C’est là que l’on peut visiter ce qu’on appelle son tombeau, une pure merveille en mosaïques. En fait, ce qu’on appelle « le tombeau de Galla PLACIDIA » ne contiendrait en réalité qu’un tout petit coffret avec la dépouille du bébé, fils d’ATHAULF, décédé à BARCELONNE.

Le tombeau de Galla PLACIDIA est dans la crypte Impériale, à ROME.

tombeau

AVA de RIBAGORCE, fille d’un magnat pyrénéen, Raymond de RIBAGORCE et de son épouse Gersende de FEZENSAC épousa le comte Sancho GARCIA I de CASTILLA, dit le « comte aux blanches mains ». Leurs filles seront reines de plusieurs de ces royaumes chrétiens qui ont leur origine pendant la Reconquista réussie sur les royaumes et taïfas musulmans vaincus.

L’Histoire est plutôt muette sur la vie d’Ava de RIBARGORCE.

Celle qui m’est la plus proche dans le Temps est Bernaldina ANICIA, ma 14ème grand-mère romaine.

On sait qu’elle a vécu au Vatican avec D. Vasco MARINHO de CASTRO, et leurs enfants.

La légitimation de ceux-ci par le roi du Portugal D. Manuel I est datée du 7/06/1511 (Livre des Registres de Légitimation, Fls 93, rol 1030).

Le Pape Léon X, quand il n’était encore que le cardinal Jean de MEDICIS, fils de Laurent le Magnifique, maître de FLORENCE avait assuré la formation du galaico-portugais D. Vasco dès sa plus tendre enfance. Vers 1515 il lui permit le retour, avec moult richesses et honneurs, vers sa terre natale, la ville de Monção, située sur le fleuve frontière qui assurait alors comme de nos jours la séparation de la Galice (Espagne) et le Minho (Portugal). Il rentrait avec le rang d’archevêque, des diaconats multiples, tant en Galice qu’au Portugal, la possession de villes, … Les bulles confirmant une telle opulence de dons firent l’étonnement des autorités ecclésiastiques de Saint Jacques de Compostelle et de Braga.

Bernaldina, la compagne de vie de D. Vasco MARINHO de CASTRO appartenait à la gens ANICIA, une famille qui comptait des Saints, des Empereurs, des Philosophes, d’innombrables hommes politiques dont le premier serait Lucius ANICIUS GALLUS, consul à Rome en 160 A.C. Boece, grand mathématicien et philosophe, auteur d’un traité de Musicologie qui fit autorité pendant plus de 1000 ans, appartenait à la gens ANICIA. Comme Saint Benoit et plusieurs Papes. Je descends de ce   couple Bernaldina ANICIA et D. Vasco MARINHO de CASTRO, par la fille aînée,  Joana, épouse du noble galicien D. Lanzarote FALCAO De ce couple Joana et Lançarote viennent tous les MARINHO FALCAO. Cette famille fut pendant des siècles la plus puissante du nord du Portugal et de la Galice.

Mais les preuves documentées de la présence de Bernaldina ANICIA lors de cette installation de la famille, vers 1515, dans cette région galaico-portugaise, ne furent jamais trouvées. Le roi D. Manuel Ier légitima tous les enfants, confirma et augmenta toutes les « mercês » (dons) accordées par le Pape Leon X à D. Vasco MARINHO de CASTRO.

Bernaldina et D. Vasco sont mes 14èmes grands-parents. D. Vasco est décédé en 1522. Son tombeau se trouve dans l’église Matriz de Monção. Ce tombeau est un bijou des débuts du gothique au Portugal, y acclimaté sous le style manuelin, et dont le mosteiro dos Jeronimos à Lisbonne est la plus parfaite illustration.

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Le tombeau de D. Vasco dans l’église de Monção

DOUCE, Douce du GEVAUDAN ; en épousant le comte de BARCELONNE, et en lui confiant la gestion de son patrimoine en deçà des Pyrénées, c’est-à-dire, la Provence, le Gévaudan, le Rouergue, le Carladais, Douce fit de son mari, Ramon BERENGER III, le seigneur de presque la totalité de la côte nord de la Méditerranée. Cet état de choses a fortement déplu au Comte de TOULOUSE et créa un « climat » peu bienveillant entre les deux comtés. J’ai ce couple Douce et Ramon, 29èmes grands-parents, parmi mes ancêtres, par leur fille, Bérengère, qui épousa le roi de CASTILLE, Alphonse VII, el Imperador. L’introduction de la Poésie et de l’Occitan Ancien à la Cour de BARCELONNE furent, selon la tradition, l’oeuvre de Douce du GEVAUDAN.

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Douce de GEVAUDAN

De ZAHIRA ou ZAYRA Ibn ZAID on a peu d’informations. On sait qu’elle était une princesse OMEYYADE, du califat de CORDOBA, dans le sud d’Espagne, fille de Zaidan IBN ZAID. On sait qu’elle épousa Lovesendo RAMIREZ, fils du roi chrétien de LEON, Ramiro II. C’était une période de recherche de paix entre les royaumes chrétiens du nord de la péninsule et les royaumes ou les taifas musulmans du sud. Les mariages, accompagnés des conversions respectives, n’étaient pas rares. Le roi de LEON, Ramiro II, avait lui-même, en troisièmes noces, épousé une princesse musulmane. Du mariage de Zahira avec Lovesendo est descendue une des cinq familles les plus puissantes de l’époque, les ricos -homens de RIBADOURO.

Un membre de cette famille, D. Egas MONIZ de RIBADOURO, descendant de ZAYRA, fut le tuteur, le précepteur du premier roi du Portugal, D. Afonso HENRIQUES.

Egas MONIZ resta dans l’histoire du Portugal comme l’archétype du respect de la parole donnée.

Lancelot, mon treizième grand-père

En galicien il s’appelait Lanzarote (Lancelot), Lanzarote Falcão. Sa famille était la « grande familia  de Pontevedra ». Ils possédaient les chantiers navals, des navires de commerce qui assuraient les échanges entre la région Galice-nord du Portugal avec la Méditerranée, surtout Barcelone, Marseille et l’Italie.

Son père,Tristan Francez, (Français) était d’origine pyrénéenne, d’où le nom. Au-delà des Pyrénées, c’était la France. Sa mère, Lucrécia, appartenait à la famille Falcao, le père de Lucrécia était Goterre Falcao, régisseur (administrateur) de Pontevedra.

Les Falcao seraient les descendants d’un noble anglais, Folch, appartenant à la Chambre Haute (Chambre des Lords).

Le mariage de Lançarote Falcao avec Joana, fille de D. Vasco Marinho de Castro, protonotaire Apostolique et confesseur du Pape Leon X a dû faire l’objet de tractations et a dû être un « mariage arrangé », puisque la fiancée était née à Rome et y résidait. La mère de Joana était Bernaldina Anicia, appartenant à la « gens Anicia ».

Pour Lançarote, venant de Pontevedra, l’installation à Monção a dû représenter peu de dépaysement, mais pour Joana ça a dû être effrayant. Quitter Rome, plus précisément le Vatican, pour s’installer dans un manoir à quelques kilomètres de la Ville de Monção …

Il ne faut pas oublier qu’elle venait de Rome, du Vatican de Leon X.

Un Pape qui était le fils de Laurent de Médicis, dit le Magnifique, de Florence. La Sixtine était en train d’être achevée, les ors et apparats pontificaux avait habitué Joana à une vie tout à l’opposé de ce que le nord provincial et rustique du Portugal pouvait lui offrir en ce début de 1500.

En 1522, peu de temps après le décès, , de D. Vasco Marinho de Castro, à Monção,  D. Lançarote fut nommé le premier « commandeur » de la ville de Monção par le roi D. Manuel I du Portugal.

La famille aurait continué à vivre dans le manoir de S. João de Longos Vales et dans un pazo urbain, dans la ville même.

Le mariage a donné origine à la famille MARINHO FALCAO, composée probablement de 6 garçons et 2 filles.

Daté du 10/01/1525, il y a à la Torre do Tombo, où sont conservées les Archives Portugaises, un « alvara » confirmant la « rente royale » de 15000 reais, servie annuellement, peut-être depuis 1515,  à D. Lançarote Falcao.

D. Lançarote FALCAO et Dona Joana MARINHO da LOBERA sont mes 13èmes grands-parents.

O Couto de LINARES en Galice

A partir du prénom Soeiro, d’origine germanique, les familles SOARES au Portugal ou SUAREZ en Espagne trouveraient leur origine chez les wisigoths.

Ma branche, portugaise, est celle des SOARES (de) TANGIL.

Tangil est une paroisse de Monção, ma ville natale.

Deux autres branches seraient celle des « SOARES de ALBERGARIA » et celle des « SUAREZ de TOLEDO ».

Dans des temps très reculés, au débuts de la christianisation, un roi wisigoth, Soeiro, aurait eu son palais (Paço) à Tangil.

Lors du règne de Alfonso VI, en Castille, les batailles contre les royaumes musulmans du sud de la Péninsule devinrent permanentes, engageant toute la chrètienneté, celle de la péninsule ibérique, comme celle du reste de l’Europe. Ce fut la croisade d’Occident, prélude à la Reconquista.

Pendant plusieurs siècles, les royaumes wisigoths, puis chrétiens, du nord, à partir des Asturies ou de OVIEDO, se défendaient, ou selon les circonstances, attaquaient, soit les Omeyiades, soit les Almoravides. ou les Almohades.

J’ai dans mon arbre, né en 1375, Heitor SOARES TANGIL, qui épousa Mécia PEREIRA.

Ce grand-père Heitor fut seigneur de VALADARES (Portugal) et de LINHARES (Galice). Ces deux Coutos, ou seigneuries lui venaient de son père, et de sa mère.

Le fils d’Heitor et de Mécia, né vers 1420, fut Diogo SOARES TANGIL, seigneur du Couto de LINARES en Galice, marié à Inês de BRITO (Nobiliario de Familias Portuguesas, vol.IX, page 445, Soares Tangis).

Cette grand-mère Inês de BRITO était née vers 1450 à BEJA, ville du sud du Portugal. Ses parents étaient Francisco SOARES de BRITO, abbé de Valença et Beatriz da SILVA   nonne.    Tous les deux appartenaient à de grandes familles portugaises.

( Nobiliàrio de Familias Portuguesas, NFP, vol. IX, pages 412 (SILVAS))

Beatriz da SILVA était la fille de João GOMES da SILVA, « claveiro » de l’Ordem de Cristo. Le titulaire de cette fonction ou dignité occupait le troisième rang dans la hiérarchie  de l’Ordre.

Depuis l’Age des Métaux, cette pointe occidentale extrême de la Péninsule Ibérique, très riche en argent, or et étain, avait attiré beaucoup de populations.

Le climat y était relativement clément et un réseau hydrographique très riche permettait des cultures abondantes de céréales.

Le pèlerinage vers St Jacques de Compostelle, initié vers l’an MIL, eut comme conséquence une affluence venant de toute l’Europe.

Bracara Augusta, actuelle BRAGA, devint le premier foyer chrétien de la région d’Entre DOURO e MINHO, grosso modo au nord de PORTO.

BRAGA investit des légions d’évêques et de prêtres pour diffuser l’Evangile.

Un danger permanent, la piraterie, demeura pendant des siècles, sur les terres côtières,  Les pirates barbaresques et les vikings, lors d’incursions sauvages obligeaient les populations à se réfugier dans les « castros ». Ceux-ci étaient des constructions peu importantes, sur des hauteurs,  semblables à  des « mottes féodales » en France,, mais possédant malgré tout des murs bâtis en pierre.

La romanisation avait créé les premières routes pour favoriser le transport des produits miniers. Ces routes furent aussi celles qui devinrent le « caminho francês », amenant les pèlerins vers Compostelle. Les premiers pèlerinages vers Saint Jacques de Compostelle commencés très tôt les empruntaient.

Le pèlerinage de Saint Jacques de Compostelle se vit accorder par le Pape les mêmes indulgences que le pèlerinage à ROME ou à Jerusalém. Ce dernier, était  devenu extrêmement dangereux  et  tombait en désuétude.

Le premier siège comtal du PORTUCALE fut GUIMARAES, pas très distant de BRAGA, mais témoignant dès l’origine, de la nécessaire distance entre l’ordre sacré et l’ordre laïc.

Le pouvoir laïc, aux mains du Comte de PORTUCALE, se trouvait à GUIMARAES et le pouvoir religieux se trouvait à BRAGA.

C’est à GUIMARAES qu’est venu s’installer le couple comtal, formé par Henri de BOURGOGNE et sa jeune épouse Teresa de LEON, fille du roi de CASTILLE, Alfonso VI.

Le croisé bourguignon, se voyant attribuer le Comté de PORTUCALE et la main de l’Infanta Teresa de LEON, voyait ainsi récompensée sa contribution guerrière contre les Maures venus du sud.

Leur fils, Afonso HENRIQUES, fut le premier roi du Portugal.

Ci dessous ma ligne descendant de D. Diogo SOARES TANGIL , seigneur du Couto de LINARES, par sa petite  fille Isabel SOARES, née vers 1500:

  • Afonso LOURENCO de VALADARES et Teresa GIL SOARES TANGIL, senhora du Paço de TANGIL
  • Heitor SOARES TANGIL c. 1375 et Mécia PEREIRA
  • Diogo SOARES TANGIL et Inês de BRITO
  • Isabel SOARES et Francisco PALHARES  COELHO.  NFP, vol IV, page 255 ( CASTROS)
  • Maria SOARES vers 1500, et Rui LOPES de PUGA, NFP vol IX, page 456 ( SOARES TANGIS)
  • Inês PUGA SOARES Y BRITO et Antonio LOPES de PUGA y J(X)UNQUEIRAS, capitaine et seigneur du Pazo de MONTERREAL à Santiago de TORTOREOS, Galice
  • Diego SUAREZ de PUGA et N.
  • Antonio LOPEZ de PUGA et N.
  • Diego SUAREZ de PUGA et Josepha BENAVIDES
  • Antonio SUAREZ de PUGA, chirurgien, et Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, mariés en 1696, seigneurs  de la casa-torre da Moreira à ARBO, Galice
  • Diego de PUGA y SAAVEDRA, prêtre, et Angela FERNANDEZ
  • Angela Maria de PUGA y SAAVEDRA, née en 1726, et Domingo Antonio LORENZO
  • Manuel Nicolas LORENZO de PUGA, né en 1755 et Rosa Quitéria ALVES FERNANDES, portugaise, née à Melgaço.
  • Manuel José de JESUS PUGA, décédé en 1848 et Maria da Natividade RODRIGUES
  • Manuel JESUS de PUGA, né en 1849, à Melgaço et 1° Ana Joaquina BALEIXO et 2° Dalinda ROMA de LEMOS
  • Laura da Conceição PUGA, née en 1879 et Joaquim José PEREIRA JUNIOR, pharmacien
  • João Antonio PUGA PEREIRA et Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES, mes Parents

Les deux Teresa (mère et fille)

J’ai déjà parlé de Teresa de LEON, celle qui fut la mère du Ier roi du Portugal.

Elle eut pour père le roi Alfonso VI de CASTILLE et pour mère Ximena MONIZ, fille du comte de BIERZO.

Lors de la croisade d’Occident qui vit affluer vers la Péninsule Ibérique la fine fleur de la noblesse chrétienne d’Europe, deux jeunes bourguignons se firent particulièrement remarquer : Raymond de Bourgogne et son cousin Henri, fils du Duc de Bourgogne.

Pour récompense des services guerriers rendus, Henri, âgé de 24 ans, reçut en mariage Teresa de LEON, âgée de treize ans, élevée par sa mère dans le château du grand-père maternel.

La dot de la fiancée promise était le Comté de PORTUCALE. Ce Comté couvrait grosso modo la région d’Entre DOURO et MINHO et une part très importante de la Galice. La dot a été « payée » par le père de la petite fiancée, c’est à dire le roi de LEON et CASTILLE, Alfonso VI.

Le couple en prit possession et s’installa à Guimarães. Cinq ou six enfants sont nés, dont un garçon qui devint le premier roi, vers 1143 ou 47. Il a fallu attendre l’accord du Pape.

C’était un temps de grands bouleversements, les Almohades venus du nord d’Afrique, tenaient encore les deux tiers de la Péninsule et les confrontations guerrières avec eux ou avec les castillans, une fois décédé le roi de Castille, père de Teresa, n’en finissaient pas.

La Galice était en grande partie gouvernée par la famille des Comtes de TRAVA ou TRABA, seigneurs de TRASTAMARA.

Lors du décès du comte Henri du PORTUCALE, sa veuve, devenue régente du Comté, afficha de façon scandaleuse sa relation avec le Comte Fernan PEREZ de TRAVA. Quoique galicien et marié et père de famille, celui-ci partageait publiquement la vie de la régente, Teresa de LEON, comtesse de PORTUCALE.

La situation scandalisait tous les magnates portucalenses et jusqu’au Vatican, où le Pape avait, publiquement aussi, condamné ce concubinage.

La relation à l’intérieur du couple devait être manifestement très forte, puisque il resta uni jusqu’à la mort.

De son premier mariage avec Henri de BOURGOGNE, Teresa avait eu 5 enfants, dont le premier roi, D. Afonso HENRIQUES. Car, malgré les difficultés multiples, dont celle du Vatican, le comté devint royaume.

De sa relation adultérine avec le Comte Fernan PEREZ de TRABA elle eut deux filles, Teresa et Sancha.

Cette jeune Teresa FERNANDEZ de TRABA épousa le Comte Nuño PEREZ de LARA, seigneur de LARA, Alferez du roi de LEON et pendant une large période Régent du royaume de CASTILLE. Il succéda dans cette charge à son frère Manrique.

La régence de CASTILLE allait de pair avec le tutorat du jeune roi, Alfonso VIII. Ce tutorat et cette régence avaient été obtenus de haute lutte avec les autres grands magnates ou ricos-hombres, ces grandes familles de la noblesse, très anciennement installées.

La plupart jouissaient de privilèges depuis les royaumes wisigoths. C’était les CASTRO, les LARA, les HARO, les TRABA, les SOTOMAYOR.

Au décès du comte Nuño, en 1177, Teresa, devenue veuve, épousa le roi de LEON, Fernando II, dont elle eut un enfant. Lors de la naissance du second, l’accouchement s’est mal passé et la mère et l’enfant décédèrent.

Dans le Palais Royal de LEON, furent élevés, à égalité de traitement, les enfants du premier mariage du roi Fernando II, ceux issus du mariage de Teresa et du Comte D. Nuño PEREZ de LARA et l’enfant unique né du second mariage de Teresa avec le roi. Tous traités comme des Infantes. Car, dès son remariage avec Fernando II de LEON, elle fut élevée au statut de « Reine Consorte ».

Ne perdons pas de vue le fait que Teresa , appelée « Regina » sur des documents et sur son inscription tombale, était la sœur utérine du roi du Portugal, D. Afonso HENRIQUES.

Pantéon de Reys à San Isidoro de  LEON. Enterramiento de Teresa FERNANDEZ de TRABA,

Reyna Consorte LEON (D.C.D. 6 février 1180) à LEON.

 

Ma ligne descendant du couple  Comte de Trastamara, Fernan PEREZ de TRABA (V) et Comtesse de Portucale, Teresa de LEON, en passant par leur fille Teresa FERNANDEZ de TRAVA mariée au Comte Nuño PEREZ de LARA se trouve en bas de l’article « Une grand-mère enchaînée » publié sur ce blog.