Teresa de LEON, et Fernan PEREZ de TRABA, comte de TRASTAMARA

En avançant dans un arbre généalogique, au milieu de dizaines, de milliers de noms, certains captent notre intérêt plus que d’autres. Pourquoi ?

Dans le cas de Teresa de LEON, c’est probablement son époque, cet entre-deux de l’an 1000, dans le château du grand-père, comte de Bierzo, enraciné dans cette province au sud des Asturies. Teresa de LEON fut le fruit de la relation amoureuse entre le roi de CASTILLA y LEON, D. Afonso VI et de Ximena MONIZ, fille du Comte de Bierzo, à LEON.

Quelle fut son éducation ? Dispensée par qui ? Probablement par des gens d’église. Elle fut mariée par son père à l’âge de 13 ans, avec le noble croisé Henri de Bourgogne, âgé lui de 23 ans. Comtesse, Régente, Reine, maîtresse de Fernan PEREZ de TRABA, comte de TRASTAMARA.

Elle est une de mes grand-mères. Elle était née en 1080 et est décédée en 1130. Je la retrouve comme une de mes 29èmes grand-mères en compagnie du Comte de TRASTAMARA, Fernando PEREZ de TRABA (ou TRAVA).

Après le décès du Comte Henri de BOURGOGNE, son mari, Teresa, devenue comtesse-régente du PORTUCALE, vécu une longue liaison amoureuse et qui fit scandale avec le galicien marié et père de famille Fernan PEREZ de TRABA. Elle partagea avec lui non seulement la couche, mais aussi la gouvernance du Comté de PORTUCALE, pendant la minorité de son fils Afonso.

Fernan PEREZ de TRABA, comte de TRASTAMARA, selon le « Nobiliàrio do Conde  D. Pedro »,

« foy a maior pessoa que houve en Hespanha , que Rey não fosse ». Ce qui, traduit, veut dire qu’

« à part le Roi, il n’y eu en Hespagne quelqu’un d’aussi puissant ».

Le peuple, lui, disait: « Si tu veux savoir à quoi ressemble un roi, regarde Fernan PEREZ ».

Etant donné que j’ai déjà parlé deux fois de Teresa de LEON et de la fille, Teresa FERNANDEZ de TRABA, qu’elle eut avec le Comte de Trastamara, je vais regarder de plus près ce compagnon et père si remarquable.

Il appartenait à la famille TRABA, qui était dès l’origine de l’Ibérie la plus importante , tous comtés et royaumes chrétiens confondus, Castille, Léon, Aragon, Galice, Navarre, Portucale.

Il était, à la suite de son propre père,  comte de TRASTAMARA et on possède plusieurs documents où il signe comme « princeps »  Galaeciae.

En fait, il gouvernait la Galice et une grande partie du nord et centre du Portugal. Il avait la gouvernance des Terres de Santa Maria, au nord de Coimbra et par son concubinage publique avec la Comtesse Régente du PORTUCALE, il partageait avec elle la gouvernance du Comté qui avait  le fleuve  Minho  (Miño) pour frontière nord avec la Galice .

La renommée acquise par Fernan PEREZ sur les champs de bataille faisait de lui une vraie  «star».

Par sa naissance, étant le fils de Pedro (Pero) FROILAZ de TRABA, il avait été élevé dès le plus jeune âge des deux, avec le futur roi Alfonso VII, el Imperador.

Le Comte de Galice, Raymond de BOURGOGNE et son épouse, la reine Urraca de LEON, fille d’Alfonso VI, avaient, en effet,  confié entièrement leur fils et héritier à Pedro FROILAZ.

Il en était le co-tuteur et le curateur.

Le futur Alfonso VII, partagea la vie de famille et l’éducation des enfants TRABA dans leur château près de LA CORUNA.

Issus de deux mariages, ceux-ci   étaient nombreux, seize garçons et filles.

Fernan, fils du premier mariage de Pedro FROILAZ, étant né en 1090 était âgé de 15 ans de plus que le futur Alfonso VII, el Imperador, qui fut roi de CASTILLA, de LEON et de la GALICE, né lui en 1105. L’intimité de vie quotidienne du prince héritier avec le futur comte de TRASTAMARA, Fernan PEREZ, dont il partagea l’éducation, a dû créer une relation insolite  entre un souverain et son vassal quelques années plus tard. Car, comment peut-on imaginer une cohabitation entre le futur roi, enfant, et le « grand frère », Fernan PEREZ, sans des cavalcades à travers les terres de TRABA, les courses à la mer pour cueillir les coquillages, les poulpes cachés dans les rochers, l’apprentissage de la chasse, les « batailles » à  l’épée  indissociables  de toute éducation en ce temps-là. Ce fut forcément la complicité d’un grand et d’un petit frère. Sauf que le petit allait devenir le suzerain et roi du grand.

L’Histoire nous apporte quantité de faits et de documents prouvant l’importance de l’action persévérante de Pedro FROILAZ pour maintenir, consolider et renforcer la position d’Alfonso Raimundez, face aux prétentions de la mère de l’enfant, la reine Urraca, et de son second mari, le roi Alfonso I d’ARAGON.

Pedro FROILAZ créa un parti galicien, fidélisant un maximum de seigneurs, passa des accords et eut des désaccords avec D. Diego GELMIREZ, évêque de Compostelle, co-tuteur de l’Infante. Pedro FROILAZ intrigua, mena des batailles contre la reine Urraca, mère de son pupille, tant celle-ci se pliait aux volontés politiques de son second époux. Et, plus grave, Urraca variait dans les décisions politiques selon ses « humeurs amoureuses » au sein de son  couple avec Alfonso de ARAGON

On peut dire qu’Alfonso VII, « el Imperador », ne put atteindre le trône de CASTILLA, LEON et GALICIA, que par l’action dévouée et constante de Pedro FROILAZ, de TRABA, comte de TRASTAMARA.

Le 17/09/1111, en la Cathédrale de Saint Jacques de Compostelle, avec l’aide du co-tuteur de l’enfant, l »Archevêque D. Diego GELMIRES, il a pu obtenir de toute la noblesse de Galice la reconnaissance de cet enfant de 7 ans, qui deviendra le grand roi, Alfonso VII, comme le seul légitime roi de CASTILE, de LEON et de GALICE.  Cet acte fut  primordial pour contrecarrer l’ambition du roi d’ARAGON, second époux de la mère de Alfonso RAIMUNDEZ.

Sans oublier la résistance qui se faisait jour tout près, aux frontières avec le jeune comté du PORTUCALE, dont le titulaire était le cousin d’Alfonso  Afonso HENRIQUES

Afonso HENRIQUES, l’héritier de ce jeune comté, neveu d’Urraca et cousin germain d’Alfonso VII,  secouait le joug de la suzeraineté. Et jetait les fondations du nouveau royaume.

Pedro FROILAZ se battit pour son protégé, comme pour un fils.  Quand le petit Alfonso RAIMUNDEZ  a atteint l’âge de 7 ans  il put le faire couronner « roi de Galice »  en la Cathédrale de Saint Jacques de Compostelle. Et le « grand frère», Fernan PEREZ, prit souvent part à cet activisme.

Les années 800 et 900 furent peut-être celles qui virent les comtes de Castille, de Léon, de Galice mener les plus dures batailles pour consolider, en terre majoritairement musulmane, l’existence de comtés chrétiens, devenus royaumes par la suite.

Ce fut le temps des « ricos-hombres », une toute petite poignée de nobles, souvent descendants des wisigoths, enracinés dans leurs provinces, disposant de vassaux et prêts à aider leur Comte lors de rencontres guerrières, plus ou moins importantes.

Dans mon arbre je retrouve pratiquement toutes ces familles qui constituaient ce que le Duc de Saint-Simon dans son chef-d’oeuvre « les Mémoires » a tant étudié et évoqué comme la « rico-hombrie ».

Du coté des Pyrénées, vers la Navarre, l’Aragon le même statut social appelle la désignation de « magnates ».

Les « ricos-hombres », « ricos-homens » et « magnates » désignent, en fait, les mêmes seigneurs, au débuts de la civilisation chrétienne dans la Peninsule Ibérique. Des seigneurs puissants, pouvant fournir au Comte ou au Roi, dès que celui-ci le demande, des hommes en armes, que lui-même, le « rico-hombre « ou « magnate » puisqu’il est riche (rico) se chargera de nourrir et armer.

Le roi ou le comte reconnaissant dispensera  d’innombrables « mercês ». en retour.

Ainsi le patrimoine du seigneur « rico-homem » se trouvera agrandi et lui-même, de ce fait plus « rico ».

Toutes confondues, soit en Galice, soit dans le comté du Portucale, les grandes familles appartenant à la rico-hombrie seraient : les CASTRO, les SOTOMAIOR, les LARA, les TRABA (V), les MAIA, les SOUSA, les BRAGANCA, les RIBADOURO, les BAIAO.

En grande majorité les mariages n’avaient lieu qu’entre eux. Mais, l’arrivée de croisés, nobles apportant le sang bleu des autres pays chrétiens d’Europe, a donné lieu à des mariages hors de la rico-hombrie.

La relation de la comtesse de PORTUCALE avec le comte de TRASTAMARA, un TRABA, a peut-être été favorisée par l’appartenance commune à la Galice.

Les premières années de vie de l’un et l’autre s’étaient passées dans cette pointe extrême occidentale de la Péninsule Ibérique, qui est d’une beauté ensorcelante. Au cœur du Portugal, à Guimarães ou Coimbra, parler de leur « rincon » natal, revivre l’enfance, l’adolescence, si courte pour Teresa, mariée à 13 ans, devait les rapprocher.

La Galice, comme la Bretagne, comme le pays de Galles baignent dans un air si chargé, chargé …de quoi ? De mystère, de légende, de poésie.

Un poète né dans ma ville, dans un petit poême sans prétentions, écrit :

« Vendo-os assim tão pertinho, a Galiza mailo Minho são como dois namorados que o rio traz separados, quase desde o nascimento. Deixailos pois namorar, jà que os pais para casar não lhes dão consentimento » João VERDE à Monção.

C’est écrit en galaico-portugais et la traduction en est :

« Les voyant ainsi, si proches, la Galice et le Minho, sont comme deux amoureux que le fleuve maintient séparés, presque dès leur  naissance. Laissez -les donc flirter, étant donné que les parents ne leur accordent pas le droit de se marier ».

Quand on connait un peu la géographie du nord du Portugal, on s’aperçoit   que mes ancêtres, surtout les RODRIGUES de ARAUJO et les ANES de ARAUJO,  dans les années qui correspondent  à la fin de la première dynastie, grosso modo, sous les rois D. DINIZ jusqu’à D. Fernando I, par la seigneurie de châteaux tels LINDOSO et CASTRO LABOREIRO, tiennent entre leurs mains la sécurité des frontières nord du royaume.  Ils se succèdent  comme « fronteiros-mor ».

Ci-après, ma ligne descendante du couple Fernan et Teresa :

*Fernan PEREZ de TRABA, comte de TRASTAMARA et Teresa de LEON, comtesse du PORTUCALE

*Teresa FERNANDEZ de TRABA et Nuño PEREZ de LARA,  l’alferes, (porte-drapeau) du roi de LEON, Fernando II.  A la suite de son frère Manrique  PEREZ de LARA, et pendant la minorité d’Alfonso VIII,  D. Nuño PEREZ de LARA fut le Régent du royaume de CASTILLA.  La comtesse Teresa FERNANDEZ de TRABA, devenue veuve, épousa en secondes noces le roi de LEON, Fernando II. Elle est morte en couches lors de la naissance du deuxième enfant, fils du roi Fernando II

*Gonçalo NUNEZ de LARA, seigneur de LARA  et Maria DIAZ de HARO, fille  de Diego LOPEZ de HARO,  10ème seigneur de VISCAYA

*Nuño GONZALEZ de LARA, el Bueno, seigneur de LARA et Teresa ALFONSO de LEON, fille du roi Alfonso IX et de sa maitresse portugaise Aldonça MARTINS da SILVA.   Teresa fut seigneure de ALMUNIA et VILLANUEVA de CARNO.        N.F.P. vol VI, pg 244 (LARAS)

*Teresa NUNEZ de LARA et Gil GOMEZ de ROA, seigneur de AZA  y  ROA

*Nuño GIL , seigneur de AZA et Aldonza   RODRIGUEZ de SALDANA

*Alvar NUNEZ DAZA, seigneur de AZA y ROA et  Juana de ROJAS

*Rodrigo ALVAREZ DAZA c. 1260, et Maria PEREZ  PAIS  de AMBIA

*Alvar RODRIGUEZ DAZA, seigneur de LOBIOS  et Comêndola GONCALVES

*Paio RODRIGUES de ARAUJO, seigneur de LOBIOS et Brites VELHO de CASTRO,  N .F.P.  vol II, pg 12 ( ARAUJOS)

*Vasco RODRIGUES de ARAUJO, capitaine des Gardes  du roi D. DINIZ, commandeur de MONTE MOLIM  et  Leonor ou Maria RODRIGUES VELHO.   NFP, volI, pg 13  (ARAUJOS)

*Pedro ANES de ARAUJO, seigneur de ARAUJO,  et Inês ou Joana VELOSO

*Gonçalo RODRIGUES de ARAUJO, seigneur de LOBIOS et d’  ARAUJO, alcaide-mor de LINDOSO, et CASTRO LABOREIRO, et Maria de  MAGALHAES, descendante de D. Nuno FREIRE de ANDRADE

*Pedro ANES de ARAUJO et Mor GOMES VELHO

*Brites VELHO de ARAUJO  et Alvar RODRIGUES de CODORNIGA ou  CADORNIGA, Né en 1392,  D. Alvaro de CADORNIGA fut seigneur du Couto et de la Juridiction de Mogueimas

*Guiomar RODRIGUES de ARAUJO  MOGUEIMAS FAJARDO  et Vasco RODRIGUES, commandeur de PADERNE  à Melgaço, Portugal

*Guiomar RODRIGUES de ARAUJO MOGUEIMAS  et Pedro FERNANDES  MARCOAS

*Inês RODRIGUES de ARAUJO MOGUEIMAS et Miguel de PASSOS  de FIGUEIROA

*>Isabel de PASSOS de FIGUEIROA  et Fernando de SA de ARAUJO, seigneurs de Quinta de Santo Antão, à Messegães, Monção, Portugal. Fernando de SA de ARAUJO était chevalier de  l’Ordem de Cristo.

*Cristovão de SA de PASSOS  et Felipa de SA BRANDAO,  Felipa  appartenait à la famille PITA de Caminha

*Cristovão de SA et Isabel BARBOSA,,  qui  appartenait à la famille  des   QUEIROZ, seigneurs de Quinta do Hospital, à Ceivães, Monção.

*Angela BARBOSA e TRANCOSA et Cosme FERNANDES VILARINHO

*Manuel de SA et Catarina RODRIGUES  BACELAR

*Angela de SA BARBOSA  BACELAR  et Estevão PEREIRA da LOMBA, greffier de DROIT seculier, diplômé à COIMBRA

*Caetano PEREIRA  BARBOSA , greffier de Droit séculier et  Luisa Teresa SA SOUSA

*Josefa Rosa PEREIRA  BARBOSA  et Manuel José LOURENCO PEREIRA, capitaine d’ordonnances

*Serafina Teresa LOURENCO PEREIRA et  Joaquim Antonio  SENDIM de RIBAS LIRA, exilé politique venant de Galice. Appartenait à la famille TRONCOSO de LIRA

*José Luis SENDIM de RIBAS LIRA, châtreur, faisant office de vétérinaire  et Maria Rosa ALVES

*Cândida SENDIM de RIBAS LIRA  et José Manuel CARDAO RODRIGUES, chef des Finances du Concelho de Melgaço, puis de Monção

*Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES et João Antonio PUGA PEREIRA, mes Parents

 

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