La généalogie est vraiment un sac de surprises.
On peut se découvrir des ancêtres époustouflants, des bandits ou des saints.
San Rosendo, galicien, est une de ces surprises. Quand je dis « mes ancêtres », je ne dis pas la vérité vraie. Il est un collatéral de mes ancêtres, une sorte de très très grand-oncle.
En Galice il fait l’objet d’un culte religieux très ancien et toujours vivace.
Sa vie a été nimbée de sainteté.
Il s’agit de D. Rosendo GUTIERREZ, fils de D. Gutierre MENENDEZ, comte de CELANOVA et de Sainte Aldara ERIS, son épouse.
Il serait né le 26/11/0907 à Santo Tirso, petite ville près de PORTO au Portugal et serait décédé en 0977 dans le monastère de San Salvador de Celanova qu’il avait fondé. Sa naissance hors de la Galice s’explique par le fait que son grand-père paternel Hermenegildo GUTERRES était Comte du Portugal.
Parmi les nombreuses charges exercées, il aurait été :
- vice-roi de la Galice
- évêque de Compostelle
- Abbé de son monastère de Celanova
- Administrateur Apostolique de Iria Flavia (actuelle ville de PADRON) et de Santiago de Compostelle entre 968 et 977
- Dans les luttes et litiges entre rois OR, il fit office d « arbitre politique »

San Rosendo
Je le dis mon grand-oncle, voici pourquoi :
- En 0860, nous avons le mariage de Ermesinda GATONES de VIERZO avec le Comte de PORTUGAL, Hermenegildo GUTERRES
- Parmi leurs enfants on retrouve Gutierre MENENDEZ, 2ème Comte de SOBRADO marié à Aldara ou Ilduara ERIS (Sainte). Ils sont les parents de Rosendo (Saint) .
- Une fille du couple, donc sœur de Rosendo, Elvira MENDEZ de PORTUGAL, épouse Ordoño II, roi de LEON.
- Ce couple Elvira et Ordoño sont les parents de RAMIRO II, roi de LEON vers l’an 900.
- Ramiro II épouse en 3èmes noces ARTIGA ou ONEGA, probablement d’origine musulmane, convertie
- Le fils de ce dernier couple, Ramiro et Onega, est Lovesendo RAMIREZ, qui épousa la princesse Omeyiade Zayra IBN ZAYDAN, appartenant à la famille des califes de CORDOBA.
Ma ligne descendante de ce couple Lovesendo et Zayra est consultable sur l’article de ce blog « Zayra, ma princesse Maure ».
C’est l’époque qui me paraît la plus mystérieuse, comme celle d’un paysage surgissant du brouillard, comme par des échappées.
Après les Romains, les Wisigoths sont les maîtres de toute cette région, l’Entre Douro e Minho, l’actuel Portugal au nord de Coimbra, qui a inclus pendant des siècles la Galice.
A partir de OVIEDO, dans les Asturies, un petit royaume wisigoth-chrétien se défendit contre les musulmans et agrandit peu à peu son territoire, repoussant chaque fois les « infidèles » un peu plus vers le Sud.
Les « ricos-hombres », à peine une demi-douzaine, étaient ces grandes familles médiévales, descendantes presque toutes des wisigoths et ayant la capacité de fournir au roi des centaines d’ hommes en armes.
Les « croisés » arrivant de toute l’Europe, tels, en ce qui concerne la France, les ABREU (appartenant à la famille des Comtes d’ EVREUX) ou les BORGONHA (Henri et Raymond, cousins, appartenant à la famille des Ducs de BOURGOGNE) avaient apporté à ces « ricos-hombres » le sang bleu du reste de l’Europe.
Or, l’atmosphère guerrière permanente allait de pair avec une christianisation, bien ou mal acceptée par les populations primitives, descendantes des Celtes et des Ibères. Les voies de communication rendaient possibles tous les échanges.
Par exemple, vers la ville d’ASTORGA convergeaient les voies romaines venant de BRAGA au Portugal, de MERIDA, de TOLEDO, de ZARAGOZA et de LUGO, en Galice.
Les populations d’origine arabe, les mozarabes, furent christianisées de gré ou de force.
Pour revenir à Saint Rosendo, il appartenait, par son père et par sa mère, à des familles très puissantes de Galice et de Léon-Asturies.
Par son père il était cousin germain des rois : Ramiro II de LEON, Sancho ORDONEZ de Galice, Alfonso IV de LEON et du Comte Osorio GUTIERREZ.
Il est nommé évêque de Mondonedo, succédant à son oncle et maître, l’évêque Graon.
Dès le plus jeune âge il fait preuve d’une grande sagesse. Cette sagesse sera mise à l’épreuve souvent dans les arbitrages qu’il est appelé à exercer entre les grandes familles, auxquelles il appartenait.
Son action est vantée et saluée à tel point que le roi de LEON, en une période de vacance de pouvoir, le nomme vice-roi de Galice.
Il impose la règle bénédictine dans tous les couvents de sa juridiction et se retire encore jeune dans le couvent de Celanova, qu’il avait fondé. Dès son décès, en 977, des quantités de miracles lui furent attribués, la canonisation eut lieu 200 ans plus tard et le culte se maintint au point que l’on prénomme toujours des enfants d’après son prénom, Rosendo.

Couvent de san Salvador à Celanova ( san rosendo à Ourense)
