Les deux Teresa (mère et fille)

J’ai déjà parlé de Teresa de LEON, celle qui fut la mère du Ier roi du Portugal.

Elle eut pour père le roi Alfonso VI de CASTILLE et pour mère Ximena MONIZ, fille du comte de BIERZO.

Lors de la croisade d’Occident qui vit affluer vers la Péninsule Ibérique la fine fleur de la noblesse chrétienne d’Europe, deux jeunes bourguignons se firent particulièrement remarquer : Raymond de Bourgogne et son cousin Henri, fils du Duc de Bourgogne.

Pour récompense des services guerriers rendus, Henri, âgé de 24 ans, reçut en mariage Teresa de LEON, âgée de treize ans, élevée par sa mère dans le château du grand-père maternel.

La dot de la fiancée promise était le Comté de PORTUCALE. Ce Comté couvrait grosso modo la région d’Entre DOURO et MINHO et une part très importante de la Galice. La dot a été « payée » par le père de la petite fiancée, c’est à dire le roi de LEON et CASTILLE, Alfonso VI.

Le couple en prit possession et s’installa à Guimarães. Cinq ou six enfants sont nés, dont un garçon qui devint le premier roi, vers 1143 ou 47. Il a fallu attendre l’accord du Pape.

C’était un temps de grands bouleversements, les Almohades venus du nord d’Afrique, tenaient encore les deux tiers de la Péninsule et les confrontations guerrières avec eux ou avec les castillans, une fois décédé le roi de Castille, père de Teresa, n’en finissaient pas.

La Galice était en grande partie gouvernée par la famille des Comtes de TRAVA ou TRABA, seigneurs de TRASTAMARA.

Lors du décès du comte Henri du PORTUCALE, sa veuve, devenue régente du Comté, afficha de façon scandaleuse sa relation avec le Comte Fernan PEREZ de TRAVA. Quoique galicien et marié et père de famille, celui-ci partageait publiquement la vie de la régente, Teresa de LEON, comtesse de PORTUCALE.

La situation scandalisait tous les magnates portucalenses et jusqu’au Vatican, où le Pape avait, publiquement aussi, condamné ce concubinage.

La relation à l’intérieur du couple devait être manifestement très forte, puisque il resta uni jusqu’à la mort.

De son premier mariage avec Henri de BOURGOGNE, Teresa avait eu 5 enfants, dont le premier roi, D. Afonso HENRIQUES. Car, malgré les difficultés multiples, dont celle du Vatican, le comté devint royaume.

De sa relation adultérine avec le Comte Fernan PEREZ de TRABA elle eut deux filles, Teresa et Sancha.

Cette jeune Teresa FERNANDEZ de TRABA épousa le Comte Nuño PEREZ de LARA, seigneur de LARA, Alferez du roi de LEON et pendant une large période Régent du royaume de CASTILLE. Il succéda dans cette charge à son frère Manrique.

La régence de CASTILLE allait de pair avec le tutorat du jeune roi, Alfonso VIII. Ce tutorat et cette régence avaient été obtenus de haute lutte avec les autres grands magnates ou ricos-hombres, ces grandes familles de la noblesse, très anciennement installées.

La plupart jouissaient de privilèges depuis les royaumes wisigoths. C’était les CASTRO, les LARA, les HARO, les TRABA, les SOTOMAYOR.

Au décès du comte Nuño, en 1177, Teresa, devenue veuve, épousa le roi de LEON, Fernando II, dont elle eut un enfant. Lors de la naissance du second, l’accouchement s’est mal passé et la mère et l’enfant décédèrent.

Dans le Palais Royal de LEON, furent élevés, à égalité de traitement, les enfants du premier mariage du roi Fernando II, ceux issus du mariage de Teresa et du Comte D. Nuño PEREZ de LARA et l’enfant unique né du second mariage de Teresa avec le roi. Tous traités comme des Infantes. Car, dès son remariage avec Fernando II de LEON, elle fut élevée au statut de « Reine Consorte ».

Ne perdons pas de vue le fait que Teresa , appelée « Regina » sur des documents et sur son inscription tombale, était la sœur utérine du roi du Portugal, D. Afonso HENRIQUES.

Pantéon de Reys à San Isidoro de  LEON. Enterramiento de Teresa FERNANDEZ de TRABA,

Reyna Consorte LEON (D.C.D. 6 février 1180) à LEON.

 

Ma ligne descendant du couple  Comte de Trastamara, Fernan PEREZ de TRABA (V) et Comtesse de Portucale, Teresa de LEON, en passant par leur fille Teresa FERNANDEZ de TRAVA mariée au Comte Nuño PEREZ de LARA se trouve en bas de l’article « Une grand-mère enchaînée » publié sur ce blog.

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