Parmi mes innombrables grands-parents, je trouve dans la ligne paternelle, un couple remarquable.
Lui, Alfonso VIII, el Noble, roi de Castille ; elle Eleanore ou Eleonore ou Aliénor PLANTAGENET, princesse d’Angleterre.
Alfonso est né à SORIA le 11-11-1155 et sa mère, Blanche de NAVARRE, devenue reine de CASTILLE par le mariage avec Sancho III, el Deseado, y est morte en couches, lors de sa naissance.
Son père, le roi Sancho est mort trois ans plus tard, à l’âge de 23 ans.
Voilà Alfonso, à trois ans, orphelin de père et mère.
Les dangers s’accumulent sur sa tête, le plus immédiat étant représenté par son oncle paternel, Fernando II, roi de LEON, qui veut faire de cet enfant un vassal.
Un enfant qui avait été proclamé roi de CASTILLA par les « Cortes » à l’âge de trois ans.
Pour de bonnes ou mauvaises raisons, les grandes familles CASTRO, HARO, LARA et TRAVA (TRABA) déclenchent une vraie guerre civile, se disputant la garde du petit Alfonso.
On nomme des tuteurs. De 1158 à 1164 cette charge revient à Manrique PEREZ de LARA, de la puissante famille des LARA.
De 1164 à 1169, date où le jeune roi est armé chevalier, c’est le frère de Manrique qui est le tuteur ainsi que Régent du royaume de CASTILLA.
Ce second tuteur n’est autre que mon ancêtre, dans la ligne maternelle, le Comte D. Nuno PEREZ de LARA.
La ville de AVILA se porta garante de la sécurité du petit roi. Elle le préserva de son oncle et des tentatives d’enlèvement des CASTRO et des HARO. Il fut protégé, tel un trésor vivant.
Dans le petit texte de ce blog« Téresa de LEON », je donne , dans la ligne maternelle, ma descendance du couple Nuno PEREZ de LARA et Teresa FERNANDEZ de TRAVA, demi-sœur utérine du premier roi du Portugal.
A 14 ans Alfonso VIII est armé chevalier et à 15 il épouse celle que les tractations anglo-castillanes lui avaient destinée, Eleanore PLANTAGENET.
Eleonore PLANTAGENET est née à DOMFRONT, en Normandie, le 20-10-1162.
Son père était le roi Henri II d’Angleterre, et sa mère était Aliénor d’AQUITAINE, épouse d’Henri après l’avoir été du roi de France, Louis VII.
La venue au monde d’Eleanore parmi les derniers nés d’une fratrie de huit, a probablement eu lieu dans un climat familial déjà très dégradé.
Le couple Henri-Aliènor après une intense et fertile passion amoureuse se déchirait de façon très violente.
Le meurtre de St Thomas Becket, en sa Cathédrale de CANTORBERY, signa le point de non retour dans les relations du couple royal. Les infidélités d’Henri II n’arrangeaient rien.
Une guerre, des complots, des assassinats, faisaient régner un climat peu propice au développement harmonieux d’un enfant.
Aliénor d’Aquitaine quitte le roi et quitte l’Angleterre pour établir sa Cour à Poitiers.
Avec sa cadette Jeanne, et le petit Jean (Sans Terre), né quand la reine Aliénor avait déjà 45 ans, Eleanore fut ballottée entre l’Angleterre, POITIERS, et Fontevraud. Ces deux petites princesses et le petit Jean auraient très peu cohabité avec leurs parents.
Ce qui étonne c’est que dans le cas d’ Alfonso comme dans celui d’ Eleanore, une enfance aussi traumatisante, ait pu aboutir à deux adultes apparemment si équilibrés.
Le mariage eut lieu en Septembre 1170 à TARAZONE, petite bourgade à la frontière de l’ARAGON et de CASTILLE.
Il faut imaginer la petite princesse, âgée de 9 ans, partant de BORDEAUX accompagnée d’un cortège où on comptait sa mère, la reine Aliénor, les évêques d’ Angoulême, de Saintes, Agen, Dax, Poitiers ( le seul évêque anglais) et l’archevêque de Bordeaux.
Elle part pour des Noces Royales et est accueillie par les évêques de Palência, Burgos, Segovia et Calahorra.
Pour la distraire des fatigues du voyage, il y a des troubadours et des musiciens.
Arrivée à destination, à TARAZONA, elle fait connaissance avec Alfonso, qui d’après tous les témoignages du Temps était fort beau.
D’elle on dit que c’était une « délicieuse » enfant.
Le cortège castillan était très fourni, des religieux, toute la haute noblesse castillane et aragonaise, à la tête desquels se trouvait mon Grand-père, le Comte D. Nuño PEREZ de LARA, toujours Régent de CASTILLA .
Après des années de fiançailles, en attendant ses premières règles, Eleonore parfait son éducation de reine, bien initiée à Fontevraud.
Ils formèrent un vrai couple, parents d’au moins douze enfants.
Leur ouverture aux « choses de l’Esprit », à la Science, à la Culture, faisant venir de toute l’Europe des poètes, des troubadours, des savants, fit de leur Cour, celle où le concept de « courtoisie » serait apparu pour la première fois, la cour royale d’Europe la plus évoluée culturellement.
L’éducation de leurs enfants aurait bénéficié de tout cet environnement.
La reine de France, Blanche de CASTILLE, mère de St. Louis, que les chroniques parent de toutes les vertus, en serait la preuve vivante. Ainsi que sa soeur Urraca, devenue reine du Portugal.
On était encore dans l’ « l’Age d’Or d’el Andalou ».
A TOLEDE, on pouvait croiser des savants juifs ou musulmans, arrivés du sud de la péninsule, de CORDOBA ou de GRANADA, des érudits venus de France ou d’Angleterre. Les relations avec la Cour de France et celle d’Henri II d’Angleterre étaient au beau fixe..
Eleonore fonda en 1197,en la Cathédrale de Tolede, une chapelle dédiée à St. Thomas Becket. Cette chapelle était servie par un prêtre anglais.
Rien d’étonnant, alors, qu’ Alfonso VIII ait créé, vers 1210, à Palência , le « STUDIUM GENERALE », la première Université de la Péninsule.
A BURGOS, on peut toujours visiter LAS HUELGAS, Monastère et Panthéon Royal de CASTILLE.
C’est aussi à LAS HUELGAS que la musicologie européenne s’enrichit il y a quelques dizaines d’années, par la découverte d’un Codice, qui émerveilla tous les amoureux de la musique.
Alfonso et Eleanore voulurent la création de ce Monastère pour y accueillir les dames de Sang Royal. L’inauguration eut lieu en 1187.
Ils ont aussi voulu y avoir leur dernière demeure.
Dans la nef centrale on peut voir leurs splendides tombeaux.
Dès leur création, LAS HUELGAS jouirent de privilèges extraordinaires : don de 54 villes, droits exorbitants pour l’Abbesse, entre autres celui de nommer les curés, de disposer d’un accès direct au Pape, sans passer par la Curie Romaine., etc.
La deuxième Abbesse fut l’ Infante Constance, une de leurs douze enfants.
Mais la place singulière qui est celle d » Alfonso VIII dans l’histoire d’Espagne tient surtout à une bataille.
Une bataille qui lui valut un deuxième surnom, avec celui d’ « El Noble ».
Ce fut celui d’« El de NAVAS »
Pendant les XII et XIII siècles pour les différents royaumes chrétiens de la Péninsule, l’ennemi constant était les Almohades.
Venus du Maroc, après y avoir vaincu les Almoravides, ils s’emparent de presque tout le sud de la Péninsule Ibérique.
Au Portugal tous les territoires au sud du TAGE, c’est à dire les actuels ALENTEJO et ALGARVE appartenaient aux Almohades,
Les royaumes d’ARAGON, NAVARRA, CASTILLE et GALICE-LEON souvent empêtrés dans des luttes et querelles de frontières, se trouvent obligés de faire front commun contre les Almohades venus du sud.
Des alliances, des traités de paix, des « accords secrets » avec l’ennemi commun, ainsi que la présence de « mercenaires » chrétiens auprès des musulmans, faisaient régner un climat particulier.
Il faut savoir que dans des temps très proches, des Rois et des Infantes de LEON avaient épousé des princesses Omeyiade, de CORDOUE.
Et qu’entre 900 et 1200, une relative période de paix avait pu s’établir entre le califat de CORDOBA, GRANADA et les royaumes chrétiens de l’actuelle moitié nord de l’Espagne.
L’arrivée des Almohades change la donne.
En 1195, Alfonso VIII à la tête des castillans subit une défaite mémorable à ALARCOS.
Les années qui vont suivre, presque 20 ans, lui servent à planifier sa vengeance.
Il obtient du Pape un acte décisif.
Le Vatican proclame la « Croisade ». .
La trêve parmi les royaumes chrétiens laisse les mains libres à Alfonso.
Attaquer Castille, pendant la croisade, valait une excommunication pour l’attaquant. Mais pas seulement.
Une croisade appelle le concours de tous les Chrétiens, c’est à dire, ceux de France, d’Italie, d’Angleterre, etc.
Lors des offices religieux, partout en Europe on prêche la croisade.
La foi religieuse et la soif du butin, des richesses promises par le pillage, motivent les croisés, néophytes ou vétérans.
Le rassemblement général est annoncé pour la Pentecôte, en Mai de 1212, à TOLEDO.
L’Armée doit rassembler :
- les MESNADAS, tout d’abord la Royale, entourant et protégeant le Souverain,
- ensuite celles des Ordres de Chevalerie : SANTIAGO, CALATRAVA, TEMPLE et HOPITAL,
- ensuite, celles des Seigneurs, RICOS-HOMBRES, participant à leurs frais à l’entretient et maintien de centaines de chevaliers et de péones,
- Peut-être pour finir, les engagés des villes et municipalités, les volontaires et, dans le cas de la bataille de NAVAS de TOLOSA, les « ULTRAMONTANOS ».
- Les ULTRAMONTANOS c’est ainsi qu’on désignait tous ceux qui venaient d’au delà des Pyrénées.
Pour des raisons que l’Histoire n’a pas pu éclaircir, de ces Ultramontanos arrivés à TOLEDE pour s’engager, évalués à plus de 100.000, ne se trouvèrent sur le champ de bataille qu’à peine un dixième.
Pendant les semaines d’attente, jusqu’à la mi-Juillet 1212, dans un campement situé hors de TOLEDE, l’incommodité, la chaleur d’un mois de Juin caniculaire, le ravitaillement insuffisant, créèrent une entente difficile entre eux et la Cour.
Le premier accroc sérieux se produisit, quand les Ultramontanos, ignorant le relatif état de tolérance qui était le « modus vivendi » habituel entre le roi et les « moros »(musulmans) et les « judios » (juifs) des villes conquises, se livrèrent à un épouvantable massacre au voisinage de TOLEDE et en ville même, dans les quartiers habités par les juifs.
Ceci fut un véritable choc culturel !
La conséquence fut ce retour des ULTRAMONTANOS « avant de livrer bataille » vers leurs pays d’origine.
Quelques uns d’entre eux profitèrent de la proximité géographique de St. Jacques de Compostelle pour y faire leurs dévotions.
C’était toujours ça de pris !
Ils n’auraient pas fait le voyage pour rien…
La description de la bataille elle-même est accessible sur les livres d’Histoire et sur internet.
« NAVAS de TOLOSA », qui se traduisit par la victoire totale des Chrétiens, avec Alfonso VIII de CASTILLA à leur tête, resta dans l’Histoire Médiévale comme la « mère de toutes les batailles ».
La grande Reconquista partit de là.
Définitivement, les musulmans restèrent cantonnés dans le sud de la Péninsule Ibérique, en attendant le départ, presque trois siècles plus tard, vers le Maroc et l’Algérie, lors du règne des Rois Catholiques.
Alfonso VIII ne vécut que 2 ans après cette mémorable victoire. Il meurt « de fièvres » le 5 octobre 1214, dans un petit village, au retour d’une équipée guerrière de peu d’importance.
Eleanore lui survit à peine quelques semaines, elle meurt à son tour le 31 octobre 1214.
Voici ma ligne de descendance de ce couple royal :
- Alfonso VIII de CASTILLA et Eleonore PLANTAGENET
- Urraca de CASTILLA et Alfonso II, roi du Portugal
- Afonso III, roi du Portugal et Marinha PERES de ENXARA
- Afonso DINIS et Maria PAIS RIBEIRA
- Diogo AFONSO de SOUSA et Violante LOPES PACHECO
- Alvaro DIAS de SOUSA et Maria TELES de MENESES
- Lopo DIAS de SOUSA et N.
- Inês DIAS de SOUSA et João de ABREU
- Alvaro de ABREU et Guiomar AFONSO VILARINHO
- Pedro de ABREU et Aldonça VAZ SOARES
- Guiomar VILARINHO de ABREU et Gomes RODRIGUES de MAGALHAES
- Pedro GOMES de ABREU et Beatriz de ANTAS ou Caterina AFONSO
- Gaspar GOMES de ABREU et Ana AFONSO
- Isabel GOMES de ABREU et João RODRIGUES
- Maria RODRIGUES GOMES de ABREU et Gregorio RODRIGUES
- Maria GOMES de ABREU et Antonio GONCALVES
- Ana Maria GOMES de ABREU et Gonçalo ALVARES de SOUSA
- Antonio ALVARES de SOUSA et Caetana de CASTRO SOARES
- Ana ALVES de SOUSA et Lourenço JOSEPH FERNANDES
- Rosa Quitéria ALVES FERNANDES et Manuel Nicolas LORENZO de PUGA
- Manuel José de JESUS PUGA et Maria da Natividade RODRIGUES
- Manuel de JESUS PUGA et Ana Joaquina BALEIXO
- Laura da Conceição PUGA et Joaquim José PEREIRA JUNIOR
- João Antonio PUGA PEREIRA et Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES, mes Parents




___123___Alfonso et Eleanore | Promenade dans mes quartiers___123___