A Casa dos PITTAS

Combien de fois, ai-je admiré ce palais urbain !

Quand la promenade nous conduisait à cette jolie ville, située à quelques dizaines de km de Monção, juste à l’embouchure du fleuve MINHO, la « Casa dos PITTAS » était toujours au programme.

D’une simplicité austère, toute en longueur sur deux niveaux et se terminant par une sorte de tour médiévale, sur quatre niveaux, où se trouvait la chapelle, elle excitait mon imagination, me faisait songer à ceux qui l’avaient faite bâtir, qui l’avaient habitée. Qui étaient-ils, d’où venaient-ils avec ce nom qui sonne si peu portugais ?

La «folle du logis» se donnait à cœur joie.

Mais de là à penser que je venais de cette maison, que ce nom avait été celui de certains de mes ancêtres !

De telles surprises ne s’offrent qu’à ceux qui travaillent sur leur généalogie.

Avant de parler de la famille PITTA ou PITA, parlons de leur célèbre maison.

La construction aurait eu lieu entre 1649 et 1652, hors de l’enceinte médiévale de la ville.

Son style est un «manuelin tardif», déjà épuré, avec les motifs ornementaux seulement sur les sept fenêtres de la façade.

Comme on peut le voir ici.

                                  Casa dos PITAS à Caminha

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Les PITAS da ORTIGUEIRA étaient des « hijos d’algo » du royaume de Galice, seigneurs entre autres de SANTA MARTA  da ORTIGUEIRA, où se trouvait leur manoir (pazo), situé à seize lieues de St. Jacques de Compostelle.

Sous le royaume de D. Afonso V , donc entre 1432 et 1481, on trouve, dans ma branche  maternelle, l’installation au PORTUGAL de Gonçalo PITTA da ORTIGUEIRA  et de son frère Juan , « cavaleiros-fidalgos».

En compagnie de ce frère, Gonçalo PITTA da ORTIGUEIRA prit un jour la route entre SANTA MARTA et PONTEDEUME, près de la COROGNE.

Ils y allaient, avec leur personnel, pour installer des blasons sur des propriétés qui leur appartenaient.

Hélas, le Comte de LEMOS, parmi les plus puissants seigneurs de Galiza à cette époque-là, revendiquait les mêmes propriétés.

Et une rencontre fâcheuse se produisit entre les frères PITTA et des vassaux et gens d’armes du Comte.

Dans le décours de l’escarmouche qui s’ensuivit, Gonçalo tua un des vassaux du Comte de LEMOS.

Sûrs des suites à venir, ils prirent, à bride abattue, le chemin de la frontière portugaise, où un château forteresse, CASTRO LABOREIRO, dont l’alcaïde était D. Paio RODRIGUES de ARAUJO, les accueillit.

L’alcaïde voyant arriver des chevaliers « aussi distingués et de si agréables personnes » ‘(Nobiliaire de Familles du Portugal) leur conseille d’aller se présenter au roi D. Afonso V, qui guerroyait pas très loin, en Castille. Et qui sans doute « les accueillerait avec faveur » (N.F.P.)

Réflexion faite, ils étaient bien, à l’abri au Portugal, pourquoi aller se jeter dans la gueule du loup, en retournant de l’autre côté de la frontière ?

Se remettre à portée des gens du Comte de LEMOS ?

La rencontre avec le roi pouvait attendre. Ils choisissent d’aller plutôt à la rencontre du Prince héritier du Portugal, futur D. João II, qui se trouvait à GUARDA.

En route vers GUARDA, ils font une longue pause à PONTE do LIMA.

Ils  y retrouvent un parent PITTA da ORTIGUEIRA, qui  exerçait la charge prestigieuse de « Almoxarife ».

L’almoxarife est le fonctionnaire royal chargé des recettes et rentes du domaine royal pour une province.

Arrivés à GUARDA, le prince D. João les accueille très favorablement, et les prend à son service. Ils font désormais partie de sa Maison.

Leur présence au Portugal est attestée par des participations régulières aux batailles, grandes ou petites, que les deux royaumes de la Péninsule Ibérique se livrent à l’époque.

Le roi D. Afonso V est appelé « l’Africain », et on retrouve les PITTA dans différentes excursions guerrières en Afrique du Nord.

Evidemment le roi et le Prince héritier ne furent pas avares de récompenses.

Les PITTAS ont pu se constituer un majorat, maintenu pendant plusieurs siècles.

Dans la propriété primitive, avant la construction de la Casa qui se trouve donc à CAMINHA,   Gonçalo fut ainsi autorisé à lever une sauveté, qui offrait l’asile à tout fugitif persécuté par les autorités, fussent-elles laïques ou religieuses. Ce genre de privilège était très rare, et surtout concédé à l’Eglise.

Tout fugitif, s’accrochant à ce « pelourinho » se plaçait sous la protection des PITTAS.

João, le frère cadet, compagnon dans la fuite et dans les exploits guerriers accomplis après l’arrivée à PONTE do LIMA, reste dans cette ville, où il se marie.

Appartenant aux PITAS de CAMINHA, j’ai une ancêtre Felipa BRANDÃO COELHO, qui épousa Cristovão de SA de PASSOS.

Cet avô ( grand-père), Cristovão de SA de PASSOS était le fils et héritier du couple Fernando de SA de ARAUJO, « cavaleiro da ORDEM de CRISTO », et Isabel de PASSOS de FIGUEIROA, propriétaires de la fameuse Quinta de Santo Antão, à S. Miguel de MESSEGÃES, MONÇÃO .

Cristovão et son épouse Felipa ont habité la Quinta de Santo Antão jusqu’à leur mort.

Cristovão y est décédé le 24-02-1623.

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Blason de la Quinta de SANTO ANTAO, à S. Miguel de Messegães Monção, représentant les familles:  CASTRO ( de 6 arroelas), SA,  SOTOMAYOR  et PUGA

  • Gonçalo PITTA da ORTIGUEIRA marié à N.
  • João PITTA da ORTIGUEIRA marié à Ignez VAZ
  • Francisco PITTA marié à Justa PIRES FROES
  • Inês PITTA d’ EÇA mariée à Gaspar da ROCHA BRANDÃO
  • Felipa BRANDÃO COELHO mariée à Cristovão de SÁ de PASSOS
  • Cristovão de SA marié à Isabel BARBOSA
  • Angela BARBOSA e TRANCOSA mariée à Cosme FERNANDES VILARINHO
  • Angela de SA BARBOSA BACELAR mariée (1698) à Estevão PEREIRA da LOMBA, Juiz Dezembargador (Président de Cour d’Appel)
  • Caetano de SA PEREIRA BARBOSA, notaire, marié 1° Paula RODRIGUES de CALDAS,2°Luisa Teresa SA SOUSA
  • Josefa Rosa PEREIRA BARBOSA n. 26/02/1774, issue du second mariage de Caetano, mariée à Manuel José LOURENçO  PEREIRA, capitaine d’Ordonnances  n. 26/09/1749
  • Serafina Teresa LOURENCO PEREIRA n. 30/08/1801 mariée à Joaquim Antonio SENDIM de RIBAS-LIRA, né en Galice
  • José Luis SENDIM de RIBAS-LIRA (décédé 1915) marié à Maria Rosa ALVES
  • Cândida SENDIM de RIBAS-LIRA, n. 03/07/1876 mariée à José Manuel CARDAO RODRIGUES, chef des Finances à Melgaço et Monção
  • Amândia SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES, n. 06/08/1906 mariée à João Antonio PUGA PEREIRA, n. 07/10/1902, mes Parents

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