BEAUTE FATALE : a RIBEIRINHA

Le Portugal venait à peine de naître.

Le petit comté, offert par le roi de Castille, avec la main de sa fille bâtarde, à un croisé bourguignon pour services guerriers rendus, venait d’accéder à l’indépendance.

Son deuxième roi était D. Sancho I.

Ce roi, appelé « o Povoador », non content d’agrandir territorialement le royaume légué par son père D. Afonso HENRIQUES, de créer des zones de peuplement nouvelles, s’impliqua personnellement dans ce peuplement. Il eut 11 enfants légitimes de son épouse, Dulce de Barcelone, Infante d’ARAGON, et au moins huit bâtards de deux maîtresses attitrées.

Ces deux maîtresses, la galicienne Maria AIRES de FORNELOS et la portugaise Maria PAIS RIBEIRA, étaient réputées comme étant  les plus belles femmes de leur époque.

J’avais parlé de D. Maria PAIS RIBEIRA, surnommée « a RIBEIRINHA » dans ce blog, dans le texte « A la poursuite de la boule rouge ». Je l’avais citée pour son homonymie avec une de mes grands-mères, la 20ème, née un siècle plus tard.

A ce moment-là, mes recherches ne m’avaient pas encore permis d’appréhender le fait que la belle et célèbre RIBEIRINHA était aussi dans ma ligne.

Mais avançons chronologiquement.

Sancho I avait pour légitime épouse D.Dulce de Barcelone, Infante de ARAGON, qui lui donna 11 enfants, dont des princesses devenues reines du Danemark, de Castille, de Léon.

Dona Maria AIRES de FORNELOS, la maîtresse galicienne, dont le château était situé tout près du fleuve MINHO, qui marque aujourd’hui, comme alors, la frontière nord du Portugal, recevait très souvent la visite du souverain portugais.

Pour traverser le fleuve celui-ci passait par ma ville natale, Monção. Le château de FORNELOS, dont il ne reste que la tour, haute de 19 mètres, se trouve à un peu plus de dix kilomètres, côté Galice.

Après GUIMARAES, la capitale du Portugal était alors COIMBRA.

Ces rencontres amoureuses demandaient donc un long déplacement. Quelques centaines de kilomètres !

On ne connaît pas la durée de cette passion. Deux enfants en furent le fruit.

Et la belle Maria AIRES, après avoir été délaissée, épousa D.Gil VASQUEZ de SOVEROSA,  noble portugais, dont elle eut une fille, qui elle même aussi, fit plus tard le bonheur du roi de LEON, Alfonso IX.

Le refroidissement de la passion du roi fut la conséquence d’un coup de foudre. D.Sancho I du Portugal avait croisé « la Femme », celle qui, telle une Ava GARDNER de nos jours, faisait fantasmer tous les hommes.

C’était donc, « la  RIBEIRINHA ». De son vrai nom, D. Maria PAES RIBEIRO, fille de D. Paio MONIZ de RIBEIRA et de D. Urraca NUNES de BRAGANCA.

De carnation très blanche, coiffée d’une flamboyante chevelure rousse, elle séduisait par sa beauté, et par une grâce et un charme incomparables.

Une chanson qui lui fut dédiée, resta dans la Littérature portugaise, comme la première écrite dans la langue médievale galaico-portugaise, ancêtre du portugais et du galego actuels : « a cantiga  da Ribeirinha ».

Avoir une grand-mère, qui par sa grâce et beauté, inspira à un poète, le premier texte  poétique  connu,   écrit en langue galaico-portugaise, quel bonheur ! De toutes les grandeurs qui accompagnent mon arbre généalogique, je donne la première place   à celle-ci.

De la longue liaison entre le roi et D. Maria PAES RIBEIRA sont nés 6 enfants.

D.Sancho était né en 1154 et est décédé en 1211.

D.Maria PAES était née vers 1170 et décéda en 1258.

De leurs six enfants, je retrouve une fille, Dona Teresa SANCHES, dans ma ligne paternelle. Mais avant d’énoncer cette ascendance, il faut raconter ce que la beauté célèbre de « la Ribeirinha » lui a causé comme désagréments.

Le roi D.Sancho I totalement épris de D. Maria PAES avait décidé d’innombrables dons, au long des années, en sa faveur et celle de leurs enfants. Les donations de villes, de droits de toute sorte se succédaient. Plusieurs villes, telles que PARADA, POUSADELA et VILA do CONDE leur furent offertes .

Après le décès du roi, à COIMBRA, elle décide de se retirer à VILA do CONDE, qui se trouve un peu au nord de PORTO.

Finies les cérémonies funèbres à COIMBRA, au début du deuil et plongée dans une grande tristesse, D. Maria PAES prend la route.

Accompagnée de plusieurs membres de son entourage, dont un de ses frères, Martim, habillée de blanc, couleur du deuil, D. Maria prend place dans le long cortège.

La mauvaise surprise arrive aux alentours de la petite ville de Avelãs do Caminho (Noisettes du chemin!!!).

Un guet-apens y avait été minutieusement préparé par D. Gomes LOURENCO VIEGAS, un courtisan, qui l’ayant vue au Palais Royal, à COIMBRA, en était tombé fou amoureux.

Aidé par ses gens d’armes, il attaque le cortège, vainc en combat singulier Martim et rapte la RIBEIRINHA.

A bride abattue, les arrières protégées par ses gens, il chevauche jusqu’au royaume de LEON, dans les ASTURIES. Une équipée de plusieurs centaines de kilomètres ! Heureusement pour le ravisseur, pas de télégraphe, ni de téléphone …

Arrivés à LEON, commencent les tractations entre la famille de RIBEIRINHA, le roi du PORTUGAL, D Afonso II, et le roi de LEON, Fernando I.

Gomes LOURENCO VIEGAS, convoqué au Palais Royal de LEON par le roi, avoue avoir violé D. Maria, qui n’était pas consentante, mais refuse d’être extradé, invoquant la certitude d’une vengeance exercée par  la famille PAES RIBEIRO.

Or, « souvent femme varie, bien fol est qui s’y  fie».

Ayant subi les derniers outrages, mais jouant de sa séduction, Maria feint d’aimer le ravisseur, lui promet le pardon royal et familial et même le mariage après le retour à COIMBRA. Il tombe dans le panneau.

Que nenni ! Arrivés à COIMBRA, elle implore justice auprès du roi AFONSO II et le prie de punir le coupable avec la plus extrême rigueur.

Il est jugé et exécuté.

Maria, dans sa petite quarantaine, toujours aussi séduisante, épouse D.Juan FERNANDEZ de LIMA, le Bon, noble galicien, dont elle a encore des enfants.

A un âge très avancé, elle s’est retirée dans le couvent de GRIJO, au Portugal, et repose pour l’Eternité dans le couvent de BOURO.

Ses deux filles, eues avec le roi D. Sancho I, Teresa ( 23ème grand-mère dans mon ascendance) et Constança SANCHES ont couvert de dons ces deux couvents.

  • D. Sancho I, 2ème roi du Portugal ( 1154-1211) et D. Maria PAES RIBEIRA, a RIBEIRINHA (c. 1170-1258)
  • D. Teresa SANCHES (c.1205 -1230)) et D. Alfonso TELLEZ, 2ème seigneur de MENESES et 1er seigneur de ALBUQUERQUE
  • D. João AFONSO TELO de MENESES, AlferesMor du roi Afonso III du Portugal, 2ème seigneur d’ALBUQUERQUE et D. Elvira GONZALEZ GIRON
  • D. Gonzalo ANES RAPOSO et D. Urraca FERNANDEZ de LIMA
  • D. Afonso MARTINS TELES RAPOSO, fondateur du Couvent de Odivelas, Alcaide de MARVAO et D. Berengària LOURENCO de VALADARES
  • D. Martim AFONSO TELO de MENESES (c. 1310) et D. Aldonça ANES de VASCONCELOS
  • D. Maria TELES de MENESES et 1° D. Alvaro DIAS de SOUSA – 2° D. João, Infante du PORTUGAL, Duc de Valência de Campos, en Espagne. Cette 18ème grand-mère, sœur de la reine du Portugal, D. Leonor TELES, fut poignardée par son second mari, fils d’Inês de CASTRO.  Je parle de ce drame dans ce blog : « Le fils d’Inês de CASTRO »
  • D. Lopo DIAS de SOUSA (1362), seigneur de ENXARRA dos CAVALEIROS, de MAFRA e ERICEIRA, 7ème Mestre da ORDEM de CRISTO, successeur de mon ancêtre D. Nuno FREIRE de ANDRADE, et prédécesseur de l’Infante D. Henri le Navigateur. On ne connait pas l’épouse de D. Lopo, N.
  • D. Inês DIAS de SOUSA (1390) et D. João de ABREU
  • Alvaro de ABREU (1410) et Guiomar AFONSO VILARINHO
  • Pedro de ABREU et Aldonça VAZ SOARES
  • Guiomar VILARINHO de ABREU et Gomes RODRIGUES de MAGALHAES
  • Pedro GOMES de ABREU et Catarina AFONSO
  • Gaspar GOMES de ABREU (1535)et Ana AFONSO
  • Isabel GOMES de ABREU (mariage à Melgaço, le 15-02-1609) et João RODRIGUES
  • Maria RODRIGUES GOMES de ABREU (née 10-01-1615) et Gregorio RODRIGUES
  • Maria GOMES de ABREU et Antonio GONCALVES
  • Ana Maria GOMES de ABREU (1690) et Gonçalo ALVARES de SOUSA
  • Antonio ALVARES de SOUSA (1709) et Caetana de CASTRO SOARES ( 1705)
  • Ana ALVES de SOUSA ( mariage le 24-11-1765 à Paderne, , Melgaço) et Lourenço Joseph FERNANDES
  • Rosa Quitéria  ALVES FERNANDES et Manoel Nicolas LORENZO de PUGA, (né le 06-12-1755 à Mourentan, ARBO, Galice)
  • Manoel José de JESUS PUGA (mariage le 14-02-1836) et D. Maria da Natividade RODRIGUES
  • Manoel de JESUS PUGA ( né 26-05-1849 à Melgaço) et Ana Joaquina BALEIXO
  • Laura da Conceição PUGA (née 12-11-1879) et Joaquim José PEREIRA JUNIOR ( né 26-09-1874)
  • João Antonio PUGA PEREIRA ( 1902)  et Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES (1906), mes Parents
  • Natércia Estela  SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES PUGA PEREIRA et 1° Alfredo de SA LEAO PIMENTEL FERREIRA  et  2° Pierre LAFORIE

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