Les PASSOS de PROBEN

Voilà une de mes familles originaires de GALICE, les PASSOS, PAZOS ou PAÇOS de PROBEN.

J’ai tant lu sur ces « hijos d’algo » de la région de Pontevedra, plus précisément de la Ria de VIGO !

Avec eux, comme ancêtres galegos, tous enracinés sur la côte ouest de Galice, j’ai les MARIÑO, les SOTOMAYOR, les ARAUJO, les SAAVEDRA, les ANDRADE, les ALDAO…
Mais comme la recherche généalogique n’est jamais finie, eux m’amèneront d’autres !
A part les ANDRADE qui sont plus au nord, du côté de LA COROGNE, à Puentedeume, les autres que je viens de citer, ont tous leurs châteaux et manoirs dans le district de PONTEVEDRA, d’une marge à l’autre de la Ria de VIGO.

La Ria de VIGO ! Sait-on que c’était là, la base secrète du Nautilus de Jules Verne ?
C’est là que le capitaine NEMO allait chercher l’or, les tonnes d’or, qui dormaient au fond de la ria.
Ils y dormaient depuis plus d’un siècle, depuis la bataille de RANDE.

Le 23-10-1702 s’y était déroulée une terrible bataille navale opposant des forces Anglo-Hollandaises à des forces Franco-Espagnoles.
Et là nous ne sommes pas dans la fiction de Jules VERNE, nous sommes dans l’Histoire.

Cela se passait pendant la guerre de Succession d’Espagne, qui vit Louis XIV imposer un de ses petits-fils, Philippe duc d’Anjou, sur le trône d’Espagne Celui-ci devint  Felipe V, premier Bourbon à accéder au trône espagnol. Avant lui, il y avait les Habsbourg, autrichiens.
Mais les Anglais et les Hollandais ne l’entendent pas de cette oreille. Ils rejettent le  dictat de Louis XIV et une guerre opposant les Français et les Espagnols aux Anglais et Hollandais s’ensuivit.

Lors de la bataille navale de RANDE, les forces en présence étaient impressionnantes, 23.000 pour les attaquants Anglo-Hollandais et environ 10.000 pour les défenseurs Franco-Espagnols. L’attaque par surprise, la supériorité numérique et celle de l’armement des assaillants ont fait qu’en dix heures de temps la messe était dite.

Les Anglo-Hollandais se sont livrés à toute sorte d’exactions, ont mis à sac entre autres la ville de REDONDELA, et sont repartis avec les richesses transportées. Toutes ? Si je mets un point d’interrogation sur « toutes » les richesses, c’est qu’il existe le témoignage du frère  d’un témoin oculaire, religieux, qui lui aurait dit que des centaines et des centaines de chars à bœufs  avaient pris la route de Madrid, transportant l’or et l’argent  déchargés à temps des vaisseaux.
Enfin d’autres témoignages existent pour dire que des vaisseaux, encore chargés de  beaucoup de richesses, furent sabordés par leurs commandants et se trouveraient donc  au fond de la ria.

Mais la bataille de RANDE peut aussi être vue comme un de ces actes de piraterie institutionnelle,  dont étaient coutumiers les Anglais.  DRAKE en est le parfait exemple.
Ayant appris que vingt vaisseaux espagnols rentraient des Amériques avec la plus forte quantité jamais vue d’or et d’argent, les Anglo-Hollandais les ont attaqués dans l’étroit chenal qui sépare l’île de San Simon de la ville de REDONDELA.
La supériorité incontestée des Anglais sur les mers daterait précisément de ce jour-là.
Mais des projets pour la recherche de ces trésors, au fond de la Ria de VIGO, existent toujours. Des millions d’euros attendent des autorisations administratives pour s’y engager.

Pour moi, le seul fait que Jules VERNE, ait pu fantasmer là-dessus et nous ait offert « Vingt mille lieues sous les mers » me suffit comme trésor.

Le bâtiment civil le plus ancien de VIGO est la « casa dos PAZOS de ( PROBEN ) FIGUEROA » C’est un petit palais urbain datant du XVI ème. Elle fut offerte par la Galice au Portugal, qui y installa l’Institut CAMOES.

Luis VAZ de CAMOES, le plus grand poète portugais, l’auteur des « Lusìadas » était d’origine espagnole. Voilà un geste plus que louable entre voisins, qui se sont fait la guerre pendant des siècles !

institut Camoes

Mais pour revenir à mes PAZOS de PROBEN, avant de parler du premier qui s’installa au Portugal et qui se trouve donc à l’origine de ma branche portugaise, parlons de cette famille. Elle est  très ancienne et  de petite noblesse, mais porteuse d’une renommée de courage et de droiture, qui en font un exemple.

Ils incarnent toutes les qualités morales du « parfait chevalier« .

Une ville porte leur nom. C’est la ville de Pazos de BORBEN. Elle se trouve à 8 Kms de REDONDELA. Voilà la première déformation du nom. Une autre déformation  aura lieu lors du passage d’une branche de cette famille au Portugal. Là, les PAZOS de PROBEN  deviennent les PASSOS ou Paços de PROBEM.

Comme ce fut le cas pour beaucoup de ces très anciennes familles, lors des révoltes Irmandiñas de 1467-69, des nobles provinciaux de GALICE prirent le parti des révoltés contre le pouvoir central.
La Galice se divisa en deux partis, peut-on dire de façon schématique et peu rigoureuse. La Haute Noblesse, celle des PIMENTEL, des SOTOMAYOR, des LEMOS et le très haut clergé, dont les Archevêques FONSECA de Saint Jacques de Compostelle, prirent le parti des rois Catholiques.
Les Irmandiños, organisés en confréries d’artisans, de commerçants, de paysans, de pêcheurs, écrasés de taxes et impôts de toute sorte se virent, eux, renforcés par cette Petite Noblesse terrienne,  dont les PAZOS, ayant lutté pendant des siècles contre les Maures. Le petit Clergé, souvent issu de ces mêmes familles se rangea du côté des Irmandiños.

Ce fut un soulèvement terrible. On ne compte pas les morts, les destructions de châteaux, les exactions. Ce furent deux ans de guerre civile, à laquelle mit fin le fameux Pedro Madruga, D. Pedro ALVAREZ de SOTOMAYOR, comte de CAMINHA au Portugal.

Celui-ci, un bâtard des SOTOMAYOR, est vu par les PAZOS comme le « mauvais chevalier ». Pratiquant avec de grands succès l’art de la guerre, tacticien hors pair, il ne s’embarrasse pas trop des principes moraux de l’esprit de la Chevalerie.

Choisi comme « caudillo », c’est à dire chef de guerre par les autres grands Seigneurs, il y mit fin de la façon la moins chevaleresque. Il usa de toutes les ruses, de toutes les trahisons, de toute la cruauté imaginables.

La renommée des PAZOS de PROBEN est totalement à l’opposé.

Les deux familles, les SOTOMAYOR et les PAZOS de PROBEN se détestaient depuis des générations. Des faits très graves étaient à l’origine de cette haine. Entre autres l’assassinat d’une dame PAZOS par un SOTOMAYOR.
Les hommes en armes, appartenant à l’une ou l’autre maison, pour des histoires de surfaces de pacage ou d’attribution d’eau,  croisaient le fer.
C’était « règlement de comptes à O.K. Corral » en Galice.

Les PAZOS de PROBEN, eux, incarnaient depuis le Moyen Age le modèle du « chevalier ». « La guerre est l’occupation qui définit ce modèle, qui donne une marque morale à la noblesse comme classe sociale. » (Carlos Barros). Le principe majeur de cette classe : « il vaut mieux mourir avec honneur, que vivre sans… ». Etre le premier à l’assaut d’un château-fort, défendre un drapeau jusqu’à la mort…

Pour illustrer ceci, voilà deux hauts faits où l’on retrouve les PAZOS de PROBEN.
Lors d’une de ces rencontres guerrières, la prise d’Antequera en 1410, Jàcome  de PAZOS de PROBEN est le capitaine d’une compagnie et son demi-frère Garcia, en  est l’Alferes (Porte-drapeau). Garcia est touché à mort pendant le combat, il y perd la vie, mais « pas le drapeau, qui est repris par son autre frère Gonzalo ».

Le nom de PAZOS est indissociable de la prise du château de TENORIO, dont ils assuraient la défense, face aux forces de Madruga. Ceci se passait une dizaine d’années après la fin des révoltes Irmandiñas.

Mon ancêtre Gomez AIRES de PAZOS de PROBEN était l’alcaide de ce château-forteresse, en 1476, lors d’ une période de guerre entre l’Espagne et le Portugal.

Des liens familiaux étroits, renforcés par sa fonction de alcaïde, l’attachaient à cet énorme château-forteresse. Voici comment :

-Gomez AIRES de PAZOS de PROBEN marié à Leonor ALVARES de BERDUCIDO était le fils de :

-Diogo de PAZOS de PROBEN marié à Teresa NUNEZ de GUSMAO. Diogo  était le fils de :

-Jàcome de PAZOS de PROBEN marié à Vasquinda AIRES MALDONADO.  Jàcome  était le fils de :

-Gaspar de PAZOS de PROBEN  qui  était marié à Joana de TENORIO GODEI, fille du seigneur de TENORIO.

Pedro ALVARES de SOTOMAYOR, alias Pedro MADRUGA, cette fois-ci au service du roi du Portugal, dont il était très proche, cherchait à prendre le château.
Le siège dura des mois, et comme pendant les révoltes Irmandiñas,  MADRUGA usa de toutes les ruses, de tous les subterfuges.

Gomez PAZOS, apprenant que sa femme et ses enfants sont assiégés dans leur château familial, la mort dans l’âme, renonce à aller leur porter secours, « ayant fait le serment de chevalier, de défendre TENORIO ».

 Le peu scrupuleux  Pedro MADRUGA fait prisonniers  D. Leonor ALVAREZ de BERDUCIDO, épouse de Gomez, accompagnée de  ses enfants, dont mon grand-père Diego et  se présente  avec eux  devant la forteresse de TENORIO.
Il menace de les pendre tous, si Gomez PAZOS ne se rend pas.

Gomez  ne se rend pas, mais TENORIO tombe peu de temps après par la trahison d’un assiégé qui, nuitamment, ouvre une des portes.

Gomez et beaucoup de ses hommes meurent.

Pedro MADRUGA, par respect pour son courage ne lui coupe pas la tête et autorise sa femme et ses enfants à enlever le corps, qui va rejoindre ceux de ses ancêtres dans les caveaux de famille à TUY.

Le fils de Gomez qui s’établira au Portugal, à Ponte do Lima, après des drames épouvantables, dont il a tenté de tirer vengeance, est Diego de PAZOS de PROBEN.

Cet établissement au Portugal est empreint de romantisme.

Après la chute de TENORIO et la mort de Gomez, la famille ayant perdu son propre château et ses vassaux, est réduite à trouver refuge et asile  chez des parents et des alliés. Lors d’un séjour chez les FIGUEROA, à VIGO, Diego tombe amoureux de Maria ALONSO de FIGUEROA, fille de D. Alvaro, gouverneur de la ville.

Ce  malheur qui  vient  affliger les Paços de PROBEN  après la destruction de TENORIO et de leur propre château par Pedro ALBAREZ (sic) de SOTTOMAYOR, est invoqué, presque cent ans après les faits par « el licenciado Juan de OCAMPO, sacerdote de Missa, natural de la noble ciudad de ZAMORA, residiente en la de BARCELONA », donde fué impresso con licencia, en casa de  Jaques Seudrat, en Setiembre del año de mil quinientos y ochenta y siete . (1587) en un ouvrage.

La publication en question est dédicacée « al Illustrissimo Señor Don Gaspar de QUIROGA, Cardinal y Arçobispo de TOLEDO, Primado de las Españas, Inquisitor General, Presidente de Italia  del Consejo  de Estado de Su Magestad »

Le Licenciado Juan de Ocampo justifie, par la connaissance intime des dossiers, son travail,  intitulé « Descendencia de los Paços de Proben, que antigamente se llamaron PATROS, y donde tienen su casa y solar, y como la destruyo y allano por el suelo Pedro ALBAREZ de SOTTOMAYOR, conde de Camiña, visconde de Tui, señor de la casa y solar de SOTTOMAYOR, y algunos hechos de caballeros de Galizia ».

De cette connaissance approfondie il a tiré, dit-il, un sentiment de révolte face à l’injustice qui frappe certaines de ces très anciennes familles de la Noblesse, les TEMES, les GODOY ou GODEI et les PACOS de PROBEN, dépossédés de leurs manoirs et   à mettre en opposition avec certaines familles, dont quelques GRANDS d’Espagne, de  noblesse beaucoup plus récente et mérites inférieurs.

 Juan de OCAMPO dit avoir travaillé comme Juge pendant quinze ans à la Real Audiencia de Galice,  où les suites  judiciaires  des guerres Irmandiñas  étaient instruites avant de partir à la « sala de los Hijos d’Algo » de VALLADOLID, où seuls les dossiers des nobles  étaient traités.

Avant de reparler de mon ancêtre Diego et de ses amours au Portugal, je relève la forme première du  nom  Wisigoth de la famille qui au dire de Juan de OCAMPO, aurait été  PATROS.

PATROS, PAZOS, PASSOS, Paços…

Diego et Maria  de  FIGUEROA veulent se marier, mais D. Leonor de BERDUCIDO,  mère de Diego s’oppose au mariage : «  tu es pauvre, tu n’as que les armes que tu portes … »

Les tourtereaux s’enfuient vers le Portugal, vers Ponte do Lima, et s’y marient.

Les FIGUEROA pardonnent et plus tard Diego héritera même du poste de gouverneur de la ville  de VIGO, poste que son beau-père lui cède.

Au Portugal il deviendra Diogo de PASSOS de PROBEM. Voici ma ligne descendante :

  • Garcia de PAZOS de PROBEM, fils de Recaredo de PASSOS, seigneur de la vallée du Probem, près de REDONDELA, en Galice  et N. de SOUTOMAYOR
  • Diogo de PAZOS de PROBEM, un des  14  chevaliers ayant  affronté  en combat singulier Rui ou Rodrigue  de BIVAR,  » El CID »,              Marié à  N.
  •  Alvaro de PAZOS de PROBEM,  seigneur de   PROBEM.   Marié à  N.
  •  Godinho de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM aux temps du roi Sancho III de Castille .  Marié à  N.
  • Alvaro de PAZOS de PROBEM, seigneur des Terres de Soneira. Accompagné de ses fils participa  à la prise de SEVILLA.   Marié à  N.
  •  Filipe de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM .  Marié à  N.
  •  Antonio de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM.  Marié à D. Rufina INHIGUES de PARADA, soeur de Soeiro INHIGUES , seigneur de PARADA.
  • Gaspard de PAZOS de PROBEM, seigneur de PROBEM, Marié à D. Joana TENORIO GODEY, fille du seigneur de TENORIO, près de PONTEVEDRA
  • Jàcome de PAZOS de PROBEM, servit le roi D. João I de Castille,  lors des campagnes contre les Maures, en tant que Mestre de Campo, et décéda à ROME, retour d’un pèlerinage à JERUSALEM.  Marié à D. Vasquida AYRES MALDONADO
  • Diogo de PASSOS de PROBEM, seigneur de PROBEM et dans sa jeunesse Page du roi de Castile D. Joao II.  Marié à D. Teresa NUNES de GUSMAO
  • Gomez   AYRES de  PAZOS de PROBEN ( décès 1476 à TENORIO) et Leonor ALVAREZ de BERDUCIDO
  •  Diogo de PASSOS de PROBEM et Maria AFONSO de FIGUEIROA, fille du  Gouverneur de VIGO, seigneur de SABROSO
  • Jàcome de PASSOS de PROBEM et Maria ALVARES OSORIO do MINHO
  • Miguel de PASSOS de FIGUEIROA et Inês RODRIGUES de MOGUEIMAS, fille du Commandeur du Mosteiro e Couto de PADERNE, Melgaço, Portugal
  • Isabel de PASSOS de FIGUEIROA et Fernando de SA de ARAUJO, Chevalier de l’Ordem de Cristo, senhor da Quinta de Santo Antão à MESSEGAES, Monção
  • Cristovão de SA de PASSOS (décès 24-02-1623) et Felipa BRANDÃO COELHO, appartenant à la famille PITTA  de CAMINHA
  • Cristovão de SA  et Isabel BARBOSA
  • Angela BARBOSA e TRANCOSA (née le 4-11-1618 dans la Quinta de Santo Antão) et Cosme FERNANDES VILARINHO
  • Manoel de SA ( né le 06-06-1650) et Catarina RODRIGUES BACELAR
  • Angela de SA BARBOSA BACELAR (mariée en 1698) et Estevão PEREIRA da LOMBA, greffier de Droit Seculier. Formation à COIMBRA.
  • Caetano PEREIRA BARBOSA, greffier de Droit Seculier et Luisa Teresa  de SA e SOUSA
  • Josefa Rosa PEREIRA BARBOSA , (née le 26-02-1774) et Manuel José LOURENCO PEREIRA, (né le 26-09-1749), capitaine d’Ordonnances
  • Serafina Teresa LOURENCO PEREIRA ou PIMENTA et Joaquim Antònio SENDIM de RIBAS LIRA, galicien, réfugié politique vers 1830. Mariage 06-07-1831 à Parada, Monção
  • José Luis SENDIM de RIBAS LIRA et Maria Rosa ALVES
  • Cândida SENDIM de RIBAS LIRA et José Manuel CARDAO RODRIGUES, chef des Finances du Concelho de Melgaço, ensuite Monção
  • Amândia SENDIM de RIBAS LIRA RODRIGUES et João Antònio PUGA PEREIRA, mes Parents

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