Un SAAVEDRA peut-il en cacher un autre ?

Un SAAVEDRA peut-il en cacher un autre ?

Heureusement, la grand-mère Angela, décédée le 17 mars 1735, dans son manoir fortifié  (Casa-torre) de MOREIRA, à Cequeliños, ARBO, Pontevedra,  était partie  de ce monde environ soixante-dix ans avant le passage des Français.  En 1809, lors de leur séjour chez elle, sans y avoir été invités, son histoire familiale, son identité même, disparurent en fumée.

Quelque part, peut-être chez des notaires, on a trouvé son mariage  avec D. Antonio SUAREZ de PUGA, mais l’identité de ses propres parents, prête à suspicion. Le père et la mère qu’on lui attribue, à partir d’un dossier constitué  par un de ses arrières-petits-enfants,  presque un siècle plus tard, sont comme inconsistants, sans racines. D. Pedro de PUGA y SAAVEDRA, le père  indiqué et sa supposée épouse D. Pàscua de ARAUJO, ne se rattachent à aucun acte, ne sont cités dans aucun document notarial ou d’état-civil.

Une autre hypothèse existe. Sur un testament qui se trouve aux Archives Historiques de PONTEVEDRA, un prêtre, « cura » de QUINTELA de Cequeliños, D. Diego SABEDRA (SAAVEDRA) de ARAUJO, donne de façon claire et nette, l’identité des parents  de D. Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA, mariée à son cousin D. Antonio SUAREZ de PUGA,  seigneurs du Pazo de MOREIRA, à Cequeliños, ARBO, PONTEVEDRA.

Il a  rédigé en 1706 ce testament  et est décédé à Moreira le 20/01/1717. Dans le testament il avoue avoir eu une enfant avant d’être prêtre, avec une femme célibataire, Francisca TEIXEIRA, née à San Xoan de ALBEOS  et décédée  déjà au moment de la rédaction.

Cet enfant fut Angela de ARAUJO PUGA y SAAVEDRA. Il dit l’avoir élevée, éduquée, et lui lègue, tout son patrimoine,ainsi qu’à son neveu, mari d’Angela,  Antonio SUAREZ de PUGA, et à leurs deux enfants, Maria Rosa et Diego (mon 6ème grand-père).

Le fait que Francisca TEIXEIRA soit probablement d’extraction sociale modeste, aurait-il pesé pour qu’on occulte son nom au moment, vers 1818, où un descendant de Maria Rosa de PUGA y SAAVEDRA, D. Pedro VASQUEZ de PUGA  y ARAUJO SARMIENTO PEREZ Y PUGA, cavalier émérite, puisque « maestrante de RONDA », a constitué un dossier de candidature à la prestigieuse décoration de l’Ordre de Carlos III ?

 Lors de cette candidature, un dossier très complet (composé de 105  documents, qui  est consultable sur le site PARES du Ministère de la Culture  espagnol), fut rassemblé , contenant des « Pruebas de Hidalguia »  « Pruebas de limpieza de sangre », etc. de la Real Chancelleria de Valladolid. La présence de cette mère célibataire, Francisca TEIXEIRA, faisait peut-être  tâche… Le fait que les français aient détruit les archives familiales, a peut-être, permis, avec vraisemblance, la substitution  du nom d’une  Francisca TEIXEIRA  par celui d’une D. Pàscua de ARAUJO.

Et un SAAVEDRA réel par un SAAVEDRA imaginaire.

Malheureusement, par ailleurs,  ce testament ne donne pas l’identité des parents du testateur.  Selon l’usage en Galice et plus largemente en Espagne, le père devait être un  SABEDRA (SAAVEDRA) et  la mère  une ARAUJO. Ce probable père SABEDRA devait être originaire de la ville de REDONDELA, puisque son fils demande que « cent messes soient dites, après son décès, dans le couvent de son père,  à REDONDELA ». Il m’a été impossible de localiser à REDONDELA, encore debout en 1706, ce couvent. Il y eu des couvents détruits par les Français et par le Temps. Si je dis encore debout c’est que le rédacteur de ce  testament rédigé en 1706, ne pouvait pas ignorer la bataille de RANDE, qui eut lieu le 23-10-1702,  et qui vit REDONDELA mise à saque, cette fois-ci non pas par les Français, mais par les Anglo-Hollandais. Le couvent de son père y aurait donc échappé.  D. Diego était à cette date « cura » de Quintela de Cequeliños, ARBO. Et là, nous sommes à l’intérieur du district de PONTEVEDRA, éloignés de la côte.

La famille SAAVEDRA de REDONDELA est liée aux ALDAO. Si son père était « patron » d’un couvent, dans le XVII siècle, un membre de cette famille, peut-être le propre père du D. Diego, curé testateur, aurait contracté un mariage avec une dame ARAUJO. Les ARAUJO de Pedradauga sont très présents  à l’ intérieur de la province de PONTEVEDRA. Reste  aussi la question de la parenté oncle-neveu entre D. Diego SABEDRA ARAUJO et D. Antonio SUAREZ de PUGA, le mari de sa fille Anxela. Il dit que D. Antonio, mari de sa fille, donc son gendre, est aussi son neveu. Les parents de D. Antonio sont documentés, D. Diego SUAREZ de PUGA et D. Josepha BENAVIDES.

Les mystères da MOREIRA ne font que reculer, mais persistent.

Le travail de recherche sur ce 8ème grand-père, D. Diego SABEDRA de ARAUJO, « cura » de Quintela de Cequeliños, ARBO, se poursuit. Bénéficiant d’aides gracieuses de personnes fréquentant le même forum que moi, ou de recherches professionnelles à PONTEVEDRA et TUI, j’avance péniblement, plutôt, je recule avec difficulté. Aux Archives Historiques de PONTEVEDRA, l’existence de ce testament, établi  par ce grand-père devant notaire en mars 1706, vient d’être confirmée et ledit testament « réinterprété ».

Là où les uns lisaient « le couvent de mon père », « de San. Francisco  en REDONDELA », Bréogan AMOEDO, généalogiste, lit, dans un sens plutôt mystique, « le couvent de mon père San.  Francisco, en REDONDELA ».

Et là, de nouvelles voies apparaissent, car dans  l’ile de S. Simon,  dans la Ria de VIGO en face de REDONDELA, il existe bien un couvent de franciscains. Il y demande 100 messes. Je continue la recherche, et j’ai toujours l’espoir qu’un jour, peut-être quelqu’un de la région, saura m’apporter l’identité des parents de D. Diego SABEDRA de ARAUJO, décédé le 20/01/1717 dans la casa-torre  » a « MOREIRA », à Cequeliños, ARBO, PONTEVEDRA, GALICE, ESPAGNE.

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