Quand un de mes bienfaiteurs dans la recherche de la « boule rouge », me fit connaître son arbre généalogique, et le fait que parmi ses ascendants figurât la belle et malheureuse Inês de CASTRO, j’avoue avoir ressenti un petit sentiment de jalousie.
Victor GOMES ALVES, en effet, a comme lointain grand-père D. João, Infante de PORTUGAL, Duc de Valência de Campos. Or ce D. João n’est autre qu’un des enfants de la pauvre « Reine Morte » et du roi D. Pedro I du Portugal.
Après l’assassinat de la belle Inês, à COIMBRA, sur l’ordre de leur grand-père paternel, se trouvèrent orphelins de mère trois petits Infantes, deux garçons, D. João et D. Dinis, et une fille D. Beatriz. Ces Infantes ont été légitimés par le roi leur père en 1360.

Pierre Ier de Portugal, dit Pierre le Justicier (en portugais Pedro o Justiceiro), né le 8 avril 1320 à Coimbra, mort le 18 janvier 1367 à Estremoz, est le huitième roi de Portugal, de 1357 à 1367.
Devenu roi, ce père n’a qu’une obsession, retrouver les « tueurs » de la belle Inês. Il les fait chercher dans toute l’Europe, on en retrouve deux qui payent leur crime sur le champ. La tradition dit que les Infantes, fils d’Inês, avaient assisté à l’assassinat de leur mère. Si ceci est vrai, quel traumatisme !
Faut-il, alors, voir dans cette scène d’une violence inimaginable, la racine du crime dont cet Infante D. João se rendit coupable des années plus tard ? Crime qui affecte ma ligne de façon indirecte.
Il faut que je m’explique. Dans le petit texte « A la poursuite de la boule rouge », je fais apparaître la ligne ascendante des GOMES de ABREU, de Melgaço.
On y voit que D. Afonso DINIS, fils bâtard du roi D. Afonso III et de D. Maria PERES de ENXARA, se maria avec D. Maria PAIS RIBEIRA ( de SOUSA).
Leur fils D. Diogo naît en 1305. Il est, comme le seront ses descendants, seigneur de ENXARA dos CAVALEIROS, de MAFRA et de ERICEIRA. Tous ces seigneurs seront aussi Mestres de L’ORDEM de CRISTO.
L’épouse de D. Diogo est D. Violante LOPES PACHECO.
Le fils de D. Diogo et de D. Violante est D. Alvaro DIAS de SOUSA qui épouse D. Maria TELES de MENEZES.
Ils sont mes 18èmes grands-parents.
D Maria TELES de MENEZES, est la fille de D. Martim AFONSO TELO de MENEZES, rico-homem portugais et de D. Aldonça ANES de VASCONCELOS. Elle a plusieurs frères et soeurs, dont une soeur illégitime. Ses frères sont D. João AFONSO TELO de MENEZES, 6ème Comte de BARCELOS, D. Gonçalo TELES de MENEZES, 1er Comte de NEIVA, et D. Leonor TELES de MENEZES, qui après un premier mariage annulé avec D. João LOURENCO da CUNHA, épousa le roi du Portugal D. Fernando I. fils du roi D. Pedro Ier et de l’infanta de CASTILLE, D. Constança MANUEL.
La demi-soeur illégitime est D. Joana TELES de MENEZES, qui épousera D. Juan AFONSO PIMENTEL, 1er Comte de BENAVENTE, avant que ce Comté devienne Duché, et que les PIMENTEL entrent parmi les GRANDS d’Espagne.
Du mariage entre D. Alvaro DIAS de SOUSA et D. Maria TELES de MENEZES, tôt rompu par le décès du mari, est né D. Lopo DIAS de SOUSA, de qui descendent mes GOMES de ABREU., de Melgaço.
C’est après le décès de D. Alvaro que le destin va frapper ma pauvre 18ème grand-mère.
D. Maria TELES de MENEZES, jeune veuve, est dame d’Honneur de D. BEATRIZ, Infanta de PORTUGAL, fille du roi D. Pedro I du Portugal et de D. Inês de CASTRO.
D. Beatriz, par son mariage avec D. Sancho, Comte ALBUQUERQUE, en Castille, est belle-soeur du roi de Castille, D. Henrique II. C’est lors d’une visite de l’Infante D. João, Duc de VALENCIA de CAMPOS à sa soeur Beatriz, à ALBUQUERQUE, qu’il fait la connaissance de D. Maria TELES de MENEZES. Elle serait âgée de onze ans de plus que lui. Il en tombe amoureux et l’épouse.
Cupidon avait frappé.
Mais, l’équilibre psychique du fils d’Inês de CASTRO avait-il été affecté par le drame vécu dans l’enfance ?
OTHELLO se révéla en lui.
Qui fut l’IAGO ?
DESDEMONE, en tout cas, c’est l’évidence, fut ma pauvre 18ème grand-mère, D. Maria TELES de MENEZES.
L’IAGO on le connaît aussi. Pour incroyable que cela paraisse, ce fut la propre soeur de Maria, ce fut la reine D. Leonor TELES. Par calcul politique, visant à préserver les droits au trône du Portugal de sa fille, D. Beatriz, épouse du roi D. João I de CASTELA, elle s’adonna à des manoeuvres de « manipulation mentale », des insinuations, des intrigues multiples, dont elle était experte et coutumière, pour exacerber la jalousie de D. João, Duc de Valência de Campos. Sous prétexte d’une liaison adultère imaginaire, en 1378, à COIMBRA, celui-ci assassina sa femme, à coups de poignard.
Et a, bien sûr, par ce geste, compromis à tout jamais, ses propres chances d’accéder au trône du Portugal. Il a dû rester en CASTILLE pour toujours. Le plan de la reine Leonor TELES, régente pendant un temps, après la mort du roi D. Fernando I, se trouve en bonne voie d’exécution.
Du W. SHAKESPEARE « pour de vrai ».
Ce qui est curieux c’est qu’un autre scénario, lui aussi lourd de conséquences, s’était produit quelques années auparavant lors d’une visite de D. Leonor TELES à sa soeur D. Maria TELES de MENEZES.
Le roi D. Fernando I du Portugal, en viligéature à ALBUQUERQUE, chez sa demi-soeur, l’Infanta D. Beatriz, y fait la connaissance de D. Leonor TELES, elle aussi de passage, en visite à sa propre soeur Maria. Cupidon frappe. D. Fernando et D.Leonor ne sont pas libres. Chacun d’eux est déjà pris par des liens, un mariage pour elle et un contrat de mariage pour lui.
Sous des prétextes de parentés, vraies ou fausses, les contrats sont annulés. Malgré l’opposition de tout le pays, nobles, clergé, peuple des villes et des campagnes, le roi D. Fernando I épouse D. Leonor TELES, à Leça do Bailio, près de PORTO.
Leonor TELES devient ainsi reine du Portugal.
Décidément ce château d’ ALBUQUERQUE, en CASTILLE, distant d’une vingtaine de Kms de la frontière portugaise, a été le théâtre d’événements historiques qui eurent des conséquences tragiques. Car, peut-être 20 ans plus tôt, le roi D. Afonso IV, père du futur roi D. Pedro I du Portugal, y avait « éloigné » Inês de CASTRO.
La relation de Pedro et de Inês, était publiquement adultérine, étant donné que la princesse Constance MANUEL, épouse du Prince Pedro vivait toujours.
Inês resta exilée à ALBUQUERQUE avec ses enfants, mais sous couvert de longues parties de chasse, le prince héritier passait les voir.
Je ne résiste pas à la tentation d’évoquer mon ancêtre Vasco GOMES de ABREU. Il était un des compagnons les plus assidus du Prince Pedro. Les parties de chasse du côté d’ALBUQUERQUE, entre autres. Ils étaient inséparables. Il fut un des cinq nobles qui ont servi comme témoins lors du serment du roi D. Pedro I. Par ce serment le roi déclarait avoir épousé secrètement D. Inês de CASTRO sept ans plus tôt. Ainsi, il légitimait ipso facto les enfants d’Inês. Le serment fut prononcé le 12-06-1360, devant cinq nobles, amis très proches du roi, dont Vasco GOMES de ABREU, et les évêques de Lisbonne, Bragança et Coimbra.
A la mort de la princesse Constança, l’épouse légitime, mère du futur roi D. Fernando I, Pedro avait forcé la main de son père, en installant Inês et les Infantes, à COIMBRA où elle fut assassinée.
Leonor, la reine « Aleivosa », la Perfide, comme l’appelle le peuple, se fait offrir la moitié du pays, trompe le roi D. Fernando I de façon scandaleuse avec un Comte galego, le Comte ANDEIRO. Par son action politique, elle provoque une crise qui a failli coûter son indépendance au Portugal.
Pour rendre plus aisée la lecture, étant donnés toutes ces BEATRIZ et ces JOÃO, je vais essayer de faire un petit rappel. Voici :
– D. Pedro I du Portugal et D. Inês de CASTRO eurent quatre enfants, dont les Infantes D. João, D. Dinis et D. Beatriz, comtesse d’ALBUQUERQUE, en CASTILLE. Un quatrième était mort en bas âge.
– D. Fernando I du Portugal et D. Leonor TELES ( soeur de D. Maria TELES de MENEZES), eurent D. Beatriz, épouse du roi de CASTILLE, D. João I, fils du roi Henrique II.
Comme on voit dans ce qui précède, l’assassinat de ma 18ème grand-mère, Maria TELES de MENEZES, ne s’inscrit pas directement dans mon arbre généalogique. Je descends de son premier mariage avec D. Alvaro DIAS de SOUSA, par leur fils LOPO, comme on le voit ci-dessous.
Je ne peux, toutefois, que pleurer cette malheureuse aïeule, qui, ayant épousé en secondes noces le fils d’Inês de CASTRO, subit le même sort affreux, dans la même ville, COIMBRA, que sa belle-mère, la « Reine Morte ».
- D. Afonso III, 5ème roi du Portugal et D. Marina PERES de ENXARRA
- D. Afonso DINIS (1260-1310) et D. Maria PAIS RIBEIRA (15ème Senhora da Casa de SOUSA)
- D. Diogo AFONSO de SOUSA (1350) et D. Violante LOPES PACHECO
- D. Alvaro DIAS de SOUSA (1330) et D. Maria TELES de MENESES
- D.Lopo DIAS de SOUSA (1362) et N.
- Inês DIAS de SOUSA (1390) et João de ABREU
- Alvaro de ABREU (1410) et Guiomar AFONSO VILARINHO
- Pedro de ABREU et Aldonça VAZ SOARES
- Guiomar VILARINHO de ABREU et Gomes RODRIGUES de MAGALHAES
- Pedro GOMES de ABREU et Beatriz de ANTAS ou Catarina AFONSO
- Gaspar GOMES de ABREU ( 1535) et Ana AFONSO
- Isabel GOMES de ABREU (mariage à Melgaço, le 15/02/1609) et João RODRIGUES
- Maria RODRIGUES GOMES de ABREU (née 10/01/1615) et Gregorio RODRIGUES
- Maria GOMES de ABREU et Antonio GONCALVES
- Ana Maria GOMES de ABREU (1690) et Gonçalo ALVARES de SOUSA
- Antonio ALVARES de SOUSA et Caetana de CASTRO SOARES (1705)
- Ana ALVES de SOUSA (mariage 24/11/1765 à Paderne Melgaço) et Lourenço Joseph FERNANDES
- Rosa Quitéria ALVES FERNANDES et Manuel Nicolas LORENZO de PUGA (né le 06/12/1755 à Mourentan, ARBO, GALICE)
- Manuel José de JESUS PUGA (mariage le 14/02/1836 à Melgaço) et D. Maria da Natividade RODRIGUES
- Manuel de JESUS PUGA (né le 26/05/1849 à Melgaço) et Ana Joaquina BALEIXE
- Laura da Conceição PUGA et Joaquim José PEREIRA JUNIOR, mes Grands-Parents paternels
- João Antonio PUGA PEREIRA et Amândia SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES
- Natércia Estela SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES PUGA PEREIRA et 1° Alfredo Ernesto de SA LEAO PIMENTEL FERREIRA , 2° Pierre LAFORIE


