Je vais tenter de raconter l’aventure que fut pour moi l’obtention de la boule rouge. La boule rouge ! Mais qu’est-ce donc la boule rouge ?
C’est la plus rare au Portugal, généralement amenée par URRACA, Infante de CASTILLE, fille de Afonso VIII de CASTILLE et d’Eleanor PLANTAGENET, princesse d’Angleterre. De son grand-père, le roi Henri II d’Angleterre, marié à la fameuse Aliénor d’AQUITAINE, URRACA avait hérité l’ ADN de Guillaume le Conquérant.
La boule rouge en généalogie accompagne les descendants de Guillaume le Conquérant.
L’ Infante URRACA, parce que son prénom sonnait mal aux oreilles de sa redoutable Grand-mère,Aliénor d’AQUITAINE, se vit préférer sa soeur BLANCHE pour épouser le Dauphin de FRANCE. On connait la suite, Blanche de CASTILLE devint une des reines préférées des français et donna naissance entre autres à Saint-Louis.
URRACA, elle, épousa Afonso II, roi du Portugal.
Dans mon cas, j’avais les quatre autres boules. La jaune pour CHARLEMAGNE, la bleue foncée pour Hughes CAPET, la bleue clair pour Afonso I du Portugal et la verte pour Fernando I de LEON.
La boule rouge, elle, pointait d’ici, delà, à trois ou quatre reprises elle était tout à portée de la main. Comme une petite souris, elle apparaissait dans plusieurs lignes, mais les preuves irréfutables , documents à l’appui ?
Par une grand-mère Angela BARBOSA, qui appartenait à la famille QUEIROZ de la « Quinta do Hospital », à Ceivães, Monção, je la tenais.
Les QUEIROZ furent pendant des siècles les propriétaires de ce magnifique manoir, appelé « Quinta do Hospital » par le fait que ceux qui l’avaient construit étaient les Chevaliers Hospitaliers. La cuisine d’origine, datant de 1280, est encore visible.
Blason des familles CASTRO, SA, SOTOMAYOR et PUGA
Je tenais aussi la boule rouge par les CASTRO e ARAUJO de la « Quinta de Santo Antão » à S. Miguel de MESSEGÃES, et en GALICE par plusieurs ancêtres. Mais la certitude apportée par des documents? Il manquait toujours « la » preuve irréfutable.
J’aurais échoué sans le concours amical et soutenu de « cousins » très, très expérimentés, pratiquant la généalogie depuis des dizaines d’années et ayant passé des nuits à s’abîmer les yeux pour lire de vieux parchemins, à visiter des archives, à consulter les registres des Mormons. Entre LISBONNE, le BRESIL et CRETEIL, pendant mon sommeil, la messagerie électronique tournait, tournait.
Je ne savais même pas sur qui ils enquêtaient.
Le but atteint, ils m’offrent la boule rouge sur un plateau.
Ils méritent toute ma reconnaissance. Il s’agit du Professeur-Docteur Antònio de BIVAR WEINHOLTZ, de Geraldo de PEREIRA CALDAS et de Victor GOMES ALVES.
Mais par quel bout fut saisie la ficelle qui retient la boule? Par les PUGA, non pas ceux de ARBO – Pontevedra, où tout est bloqué, faute de registres, mais par une ligne féminine portugaise du nord du Portugal ayant convolé avec un de ces PUGA d’ARBO et laissée en attente.
Je n’avais plus rien trouvé sur certains de mes ancêtres, à Melgaço., dernière ville au nord du Portugal. Les ARCHIVES d’ ETAT CIVIL de Viana do CASTELO, qui gardent les registres du nord du pays, s’étaient tus vers 1680. Mais, une 5ème grand-mère Ana ALVES de SOUSA, mariée en 1765, fille de Caetana de CASTRO SOARES et de Antònio ALVARES de SOUSA intriguait.
Au Portugal, en généalogie, avoir une grand-mère ALVES de SOUSA ne vous avance pas beaucoup. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin. Mais, cette Ana avait pour mère, Caetana de CASTRO SOARES. Et sur Caetana, née le 7-8-1705, nous savions beaucoup de choses. Elle appartenait à la famille MARINHO FALCAO et avait droit aux quatre boules d’ascendance royale, Charlemagne, H. Capet, Afonso I du Portugal et Fernando I de Castille.
Caetana se serait-elle mariée en dessous de son rang ? Elle avait quitté Monção, après le mariage, pour aller vivre à Melgaço.
Qui était donc son mari, ce 6ème avô (grand-père) Antònio ALVARES (devenu ALVES dans la génération suivante) de SOUSA, né en 1709 ?
On a trouvé les noms du père et de la mère d’Antònio. Son père était Gonçalo ALVARES de SOUSA et sa mère Ana Maria GOMES de ABREU.
Et là, un clignotant a dû s’allumer. En généalogistes avertis, mes « cousins » détectives savent que GOMES de ABREU, à Melgaço, veut dire une famille qui, pendant des siècles a détenu tous les postes de commandement, militaires, administratifs et même religieux.
Les ABREU(S) et les GOMES de ABREU que j’ai rencontrés à plusieurs reprises parmi mes ancêtres, très souvent mariés avec des CASTRO et des MARINHO FALCAO, descendent des Comtes de REGALADOS. S’ils ont droit aux quatre boules, en ce qui concerne mon arbre, la rouge manquait toujours.
Le déblocage final se fit, quand apparut le mariage d’Isabel GOMES de ABREU avec João RODRIGUES, le 15-02-1609, à Melgaço.
Le père et la mère d’Isabel, Gaspar GOMES de ABREU (1535) et Ana AFONSO étaient présents sur la Base de Données Généall.net pt.
Ils y figuraient avec deux enfants.
Mes cousins « détectives » ont enrichi la Base de Données de 3 autres enfants. Et ma grand-mère Isabel GOMES de ABREU, par le registre de son mariage, apporta des éléments définitifs.
Mais le mieux est peut-être que je prenne la ligne par l’autre bout. Par celui qui descend d’ URRACA, fille de Afonso VIII de CASTELA et d’ Eleanor Plantagenêt d’ANGLETERRE.
URRACA est reine du Portugal aux côtés d’ Afonso II. Ceci dans les années 1200.
A la mort de ce troisième roi du Portugal, la succession au trône s’avère très conflictuelle. L’Eglise et ses évêques sont en guerre ouverte contre le roi Sancho II. Il y a de l’excommunication dans l’air. Que fait le Vatican ?
Il va chercher en FRANCE le deuxième fils du roi Afonso II et d’URRACA.
Sous les ailes protectrices de sa tante, la reine Blanche (de CASTILLE), devenue reine de FRANCE, le prince Afonso s’ était marié en France avec Mathilde de BOLOGNE et il y était Comte de BOLOGNE.
N’oublions pas que cette première dynastie portugaise est dite « de Bourgogne » et que ce prince Afonso avait été élevé à la Cour des Ducs de Bourgogne, ses parents en ligne directe.
Mais les choses tournent si mal au Portugal qu’il accède à la demande du Pape et rentre au pays.
Non sans avoir négocié ce retour, lors d’une rencontre à PARIS avec les principaux évêques portugais, auxquels il a beaucoup promis .
Son frère Sancho II, le roi destitué, est en exil à TOLEDO, où il se morfond, entouré d’une poignée de nobles fidèles. Certains ne reviendront jamais au Portugal.
Afonso, devenu Afonso III, le Bolonhês ( le Bolognais) a des plans plein la tête, comme celui de se séparer de Mathilde de BOLOGNE et d’épouser Béatrice, une Infante de CASTILLA.
Pour parvenir à ses fins, il renonce au Comté de BOLOGNE, mais ne peut obtenir l’annulation du mariage. Là, le Vatican a mis le veto. Le mariage ne fut pas dissous. Et la régularisation de sa situation matrimoniale avec l’Infante de CASTILLE, par le mariage, dut attendre le décès de son épouse légitime, Mathilde. Ce que fit naître bâtard son successeur sur le trône, D. DINIS.
Ce 5ème roi, D. Afonso III, « le Bolognais », fut un roi très aimé du peuple, introduisant dans le pays des règles d’administration plus « modernes », moins écrasantes. Par des créations de monnaie, par des audits et des « inquirições », il obtint un état des lieux quant aux richesses détenues par l’Eglise et la Noblesse. Par son action guerrière contre les Maures au sud du pays et par des accords passés avec son beau-père, le roi de CASTILLE, il parvint à fixer définitivement les frontières du Portugal.
Il y a un fait qui relève de l’anecdote à propos de l’établissement définitif de ces frontières.
Son fils, héritier du trône, DINIS, âgé de 7 ans, fut envoyé passer quelque temps à la cour de son grand-père, le roi de CASTILLE.
Le but ? « Faire du charme à papy » pour que la frontière sud- est du PORTUGAL soit fixée un peu plus vers l’est que ce qui avait été prévu. Ce petit garçon, qui une fois devenu roi fut appelé le Roi-Trouvère (o Rei-trovador) s’est bien tiré de la mission et le Portugal gagna là quelques larges kilomètres carrés.
Mais auprès du Haut-Clergé et de la Noblesse les choses n’étaient pas faciles pour Afonso III.
Dans le sud du pays, les nobles le suivaient mais pas ceux du nord. Parmi les évêques il ne pouvait pas compter sur grand monde. La raison entre autres était le fait qu’il avait manqué à toutes les promesses de privilèges faites à PARIS, avant le retour au Portugal.
Depuis les rois wisigoths, jamais le peuple, par des représentants issus des « juntas », des « concelhos », des « parlamentos », n’avait eu voix au chapitre, au sein des Côrtes. N’y siégeaient que la Haute Noblesse et le Haut Clergé.
Lors des Côrtes de LEIRIA, réunies em 1254, pour la première fois, on entend des plaintes des municipalités, on reconsidère des privilèges et des libertés indus ou excessivement accordés.
Il est clair que rien de ceci n’arrange les relations du souverain avec l’Eglise.
Jusqu’au 4 septembre 1275, jour où le Pape Clément IV, par la bulle » De regno Portugaliae », lui enjoint, dans un délai de 4 mois, de respecter les promesses faites à Paris, sous peine d’excommunication.
Toujours l’excommunication, comme lors du règne de son frère, Sancho II.
Il n’obéit pas et se trouve excommunié, sans que la sanction produise la catastrophe crainte.
Mais deux ans plus tard, aux portes de la mort, il déclare se soumettre et laisse à son fils, D. Dinis, la charge de céder aux injonctions papales.
Afonso III a la réputation d’un roi rusé et habile en négociations.
Pour revenir à son action administrative, il faut enregistrer le fait historique que D. Afonso III, cinquième roi du Portugal, fut celui qui réussit la création du Portugal actuel, dans son intégralité du nord au sud. D’où le fait qu’il fut le premier à s’intituler « roi du Portugal et des Algarves etc ».
Les Maures d’Algarve, dépendant d’une des dernières Taïfas ( petits royaumes ) de la Peninsule, sont vaincus.
Afonso III, qui est décrit comme un très beau cavalier, d’une stature hors du commun, ( ceci fut constaté lors d’une ouverture du tombeau pendant le règne de D. Sebastião I, dans les dernières décennies du XVI siècle), avec un teint clair et des yeux foncés très vifs, lors de la prise de FARO, en ALGARVE, y rencontre la fille du gouverneur militaire maure, Aloandro BEN BEKAR.
Cette belle jeune fille de 19 ans, MADRAGANA, lui plait beaucoup. Elle se convertit, devient Mor AFONSO et est pendant des années une des maîtresses attitrées du roi.
Car, malgré les campagnes guerrières et l’administration du pays, Afonso III trouve encore beaucoup de temps pour aimer.
Il est un des rois du Portugal, ayant laissé le plus de lignes bâtardes. Des deux unions légitimes et des multiples « conquêtes féminines » sont nés 22 enfants. Ces lignées bâtardes sont aussi bien traitées que celles des princes légitimes. Elles sont présentes dans toutes les maisons royales et grandes familles d’EUROPE.
De la MADRAGANA, baptisée Mor AFONSO, descendent les SOUSA do PRADO (CHICHORRO).
De la fille du seigneur de ENXARA dos CAVALEIROS, Maria ou Marinha PERES de ENXARA, qui lui a donné un fils, D. Afonso DINIS, descendent les SOUSA (de ARRONCHES).
L ‘actuel représentant des SOUSA de ARRONCHES est le Duc de LAFÕES.
Mes GOMES de ABREU de Melgaço appartenaient à cette ligne des SOUSA de ARRONCHES
– Afonso VIII roi de CASTILLE et LEON et Eleanore PLANTAGENET, princesse d’Angleterre
– URRACA Infanta de CASTILLE et Afonso II troisième roi du PORTUGAL 1185-1223
– Afonso III cinquième roi du Portugal 1210-1279 et Marinha (Maria) PERES de ENXARA
– D. Afonso DINIS 1260-1310 et D. Maria PAIS RIBEIRA, 15ème « Senhora da Casa de SOUSA »(1285)
D. Maria PAES RIBEIRA (féminisation du nom paternel) est à cette époque-là le plus beau parti du PORTUGAL.
Avant elle 14 Senhores, soit du sexe masculin, soit du sexe féminin, avaient été titulaires de la «Casa de SOUSA ». Des ricos-homens, qui avec ou contre d’ autres seigneurs, avaient contribué au passage du Comté du Portucale vers le royaume du Portugal.
La famille SOUSA est considérée pendant des siècles comme » a mais prestigiada e poderosa das familias fundacionais da nobreza tradicional portuguesa. » ( La famille SOUSA est « la plus prestigieuse et puissante des familles fondatrices de la noblesse traditionnelle du Portugal »)
D. Afonso III, ne s’y trompa point. Il maria son fils bâtard D. Afonso DINIS avec la 15ème Senhora da Casa de SOUSA et Il maria D. Leonor AFONSO, une autre de ses nombreuses filles bâtardes, avec D. Estevão ANES de SOUSA et en deuxièmes noces avec D. Gonçalo GARCIA de SOUSA, de la « Casa de SOUSA » aussi.
Fils de D. Afonso DINIS et de D. Maria PAIS RIBEIRA fut :
- D. Diogo AFONSO de SOUSA (1305 ?) et D. Violante LOPES PACHECO
- D. Alvaro DIAS de SOUSA ( 1330) et D. Maria TELES de MENESES, qui, après le decès de D. Alvaro, épousa pour son malheur, en secondes noces, l’Infante D. João de PORTUGAL, fils d’Inês de CASTRO et du roi D. Pedro I.
- D. Lopo DIAS de SOUSA (1362) et N. Ce Grand-père D. Lopo DIAS de SOUSA , fils de D. Alvaro et de D. Maria TELES de MENESES, seigneur d’ENXARRA dos CAVALEIROS, d’ERICEIRA et de MAFRA, fut aussi le 7ème Mestre de L’ORDEM de CRISTO. Il fut le successeur de mon ancêtre D. Nuno RODRIGUES FREIRE de ANDRADE et le prédécesseur immédiat de l’Infante D. Henrique ( le Prince Henri le Navigateur) dans cette éminente charge. Il faut rappeler ici, que l’Infante D. Henri, Duc de Viseu, investit la presque totalité des rentes venant du Duché et celles venant le l’ORDEM de CRISTO dans l’odyssée des Découvertes Maritimes Portugaises.
- Inês DIAS de SOUSA (1390) et João de ABREU
- Alvaro de ABREU (1410) et Guiomar AFONSO VILARINHO
- Pedro de ABREU et Aldonça VAZ SOARES
- Guiomar VILARINHO de ABREU et Gomes RODRIGUES de MAGALHAES
- Pedro GOMES de ABREU et Beatriz de ANTAS ou presque certainement Caterina AFONSO
- Gaspar GOMES de ABREU (1535) et Ana AFONSO
- Isabel GOMES de ABREU ( mariage à Melgaço le 15-02-1609) et João RODRIGUES
- Maria RODRIGUES GOMES de ABREU ( née 10-01-1615) et Gregòrio RODRIGUES
- Maria GOMES de ABREU et Antònio GONCALVES
- Ana Maria GOMES de ABREU (1690) et Gonçalo ALVARES de SOUSA
- Antònio ALVARES de SOUSA (1709) et Caetana de CASTRO SOARES (1705)
- Ana ALVES de SOUSA ( décédée le 10-07-1808 à Paderne Melgaço) et Lourenço JOSEPH FERNANDES
- Rosa Quitéria ALVES FERNANDES et Manuel Nicolas LORENZO de PUGA (né le 06-12-1755 à Mourentan, ARBO, en GALICE)
- Manoel José de JESUS PUGA ( mariage le 14-02-1836 à Melgaço) et Maria da Natividade RODRIGUES
- Manoel de JESUS PUGA (né le 26-05-1849 à Melgaço) et Ana Joaquina BALEIXO
- Laura da Conceição PUGA ( 12-11-1879) et Joaquim José PEREIRA JUNIOR (26-09-1874)
- João Antonio PUGA PEREIRA ( 1902) et Amândia SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES (1906), mes Parents.




