FELIZMENTE HA LUAR —– HEUREUSEMENT IL Y A UN CLAIR DE LUNE
Pendu, décapité, brûlé, les os à portée de chiens sur une plage voisine du fort de São Julião da Barra, près de Lisbonne, le 18 octobre 1817. Mais, quel crime a donc commis celui qui finit comme ça ? Le crime d’avoir voulu déchirer les rideaux de l’obscurantisme. Plutôt des obscurantismes, celui de l’Eglise tout d’abord, et celui d’une classe sociale, la sienne, l’Aristocratie, qui tenait, avec le concours de l’ARMEE, à maintenir le peuple dans l’illettrisme et la superstition. L’oppression conjuguée de ces pouvoirs était de tradition millénaire. Le Portugal s’était constitué ainsi.
Si nous avions vécu aux alentours de 1400, Gomes FREIRE de ANDRADE, puisque qu’il s’agit de lui, et moi, aurions été cousins germains. Il était le descendant d’un autre Gomes FREIRE de ANDRADE, 1er seigneur de BOBADELA, né vers 1360, et moi je descends de la soeur de celui-ci, Teresa. Gomes et Teresa étaient donc, frère et soeur, enfants de Clara MARTINS et de D. Nuno RODRIGUES FREIRE de ANDRADE, 6ème Maître de l’Ordem de Cristo et Chancelier-Mor du Portugal.
Mais quel crime a donc commis le Général Gomes FREIRE de ANDRADE ?
Le crime pour lequel il fut condamné est de ceux, qui valent médailles de héros, dans un autre pays ou un autre temps. Voici les faits :
La péninsule ibérique, l’Espagne comme le Portugal, avait été envahis par les soldats de Napoléon. Une, deux et trois Invasions, commandées par JUNOT, SOULT et MASSENA.
Le roi du Portugal, D. João VI, avec toute la famille royale et beaucoup de membres de sa Cour, avaient pris le large, s’embarquant pour le Brésil.
La vacance du Pouvoir a offert aux Anglais l’opportunité espérée depuis des siècles, de faire du Portugal un protectorat.
De façon silencieuse ou publique, l’attente des Portugais appelait Gomes FREIRE de ANDRADE à la révolte.
Celui-ci se tenait en réserve, pas de déclarations publiques, pas de comices.
Formellement, FREIRE d’ANDRADE fut condamné pour avoir fomenté un complot. En fait sa seule présence à Lisbonne, son ascendant, ses silences, même sa retraite appelaient au soulèvement contre les Anglais. La preuve du complot ne fut jamais apportée.
Et puis, comploté contre qui ? Contre un ordre inique, qui, incarné en la personne du gouverneur mercenaire anglais, William CARR, lord BERESFORD, profitant de cette vacance du pouvoir royal et s’appuyant sur les forces les plus réactionnaires du pays, l’Eglise et l’Armée, tentait de stopper par tous les moyens le progrès des Lumières.
Après les invasions napoléoniennes dans la péninsule ibérique, l’occasion était belle pour les Anglais de faire du Portugal un protectorat et de s’approprier son énorme empire colonial. La vieille alliance Anglo-Portugaise, datant de 1386, leur avait toujours profité. Mais là, l’occasion était trop belle, pour le « coup de main » final. Le pays était sous tutelle réelle, gouverné par le géant BERESFORD.
Un Conseil de Régence, entièrement tenu par l’Anglais, dans un vrai rôle de « gauleiter », décidait de toute l’administration du pays. Et mettait la dernière main aux accords qui, dès 1808, en permettant aux Anglais et à eux seuls, le libre accès aux ports du Brésil, pour y commercer, ont accéléré le déclin du petit pays, possesseur d’un si vaste empire colonial.
Les Français avaient laissé beaucoup de misères, beaucoup de désastres de toute sorte, beaucoup de rancoeur mais aussi ces ferments de liberté et ces graines de progrès qui furent, par la suite, les fondements des monarchies constitutionnelles partout en Europe au long du XIX ème.
Gomes FREIRE de ANDRADE était un homme des Lumières. Il en fut aussi un Héros Sacrifié.
Le PORTUGAL, sous la Monarchie Constitutionnelle et sous la République, avait fait du 18 octobre, jour de son exécution, un jour férié pour honorer sa mémoire. Pendant un siècle environ.
Le salazarisme a supprimé ce jour férié.
Gomes FREIRE de ANDRADE nacquît le 27-01-1757 à Vienne, Autriche. Son père Ambroise, qui appartenait à la famille des comtes de Bobadela y était l’ambassadeur du Portugal. Ambroise FREIRE de ANDRADE e CASTRO était parent et protégé du Marquis de POMBAL, Premier Ministre tout-puissant. La mère de Gomes FREIRE de ANDRADE était la Comtesse Maria Anna Elisabeth SCHAFFGOTSCHE, de Bohême. Au moment où la Révolution Française faisait trembler sur leurs bases toutes les sociétés du Temps, dans cette Mitteleuropa agitée par tant de courants de pensée divers, l’éducation de Gomes FREIRE de ANDRADE fut libérale.
Mais, entendons-nous sur le sens du mot « libéral », très différent de celui, détestable, qu’il a de nos jours, et qui n’exprime que la liberté du « renard libre dans le poulailler libre ». Au XVIII et heureusement encore après, le libéral est celui qui veut en finir avec les oppressions millénaires, et qui veut par l’éducation et la culture amener les peuples vers la liberté.
Il fut franc-maçon et sa première loge, selon certains, aurait été celle de MOZART, qu’il côtoya à VIENNE et qui était pratiquement du même âge que lui. Il est considéré comme l’introducteur de la Franc-Maçonnerie au Portugal et comme son premier Grand-Maître.
Né donc à VIENNE, il fut nommé colonel dans l’armée russe à 26 ans et a participé aux côtés de POTEMKINE à des campagnes en RUSSIE, à CONSTANTINOPLE, en CRIMEE, décoré, fait exceptionnel, de l’Ordre Militaire de S. Georges par Catherine II. La Souveraine russe, en personne, lui offre une épée. La faveur particulière de Catherine II et le refroidissement des relations entre Gomes FREIRE et le Prince POTEMKINE ont alimenté, à l’époque, les rumeurs d’une relation amoureuse entre la Tzarine et le jeune et fringant portugais, aperçu à plusieurs reprises comme invité dans la loge impériale à l’Opéra et au Théâtre. Vrai ou faux, on en prête tellement à la Grande Catherine…
Je renonce à rapporter son activité militaire, tant elle est complexe. Pour mémoire citons qu’il quitta Vienne pour Lisbonne en 1781, pour débuter une carrière militaire, comme il était de tradition dans l’Aristocratie. Qu’il a été autorisé à partir combattre « le turc » en Russie en 1784 et qu’il a quitté la RUSSIE en 1793. Le PORTUGAL, en 1790, l’ avait confirmé dans le grade de colonel, que les Russes lui avaient attribué. En 1796 il est Maréchal de Camp et commence alors, on peut dire, sa seconde carrière militaire franco-portugaise.
Il avait été nommé Général en 1801, avant la première invasion française. Et ce serait par fraternité maçonnique avec JUNOT qu’il intégra la Légion Portugaise, qui venait d’être créée. A la tête de cette Légion, cantonnée à GRENOBLE, il prit part aux campagnes européennes de BONAPARTE.
Il a toujours soutenu que jamais son épée ne versa de sang portugais.
Il a rencontré l’Empereur à plusieurs reprises, fut nommé par lui gouverneur d’IENA, commandant de DANTZIG, gouverneur de DRESDE. Il est auprès de BERTHIER en ALLEMAGNE, à la tête de deux bataillons portugais.
Chose étonnante, selon la géo-politique du moment, et selon les usages militaires d’obéissance, en vigueur dans tous les pays du monde et en tous les temps, il avait combattu avec les Anglais et les Espagnols contre les Français durant la campagne du Roussillon. Mais dix ans plus tard le reproche majeur qu’il encourut ce fut celui d’être sorti du pays avec la Légion Portugaise pour participer à côté des Français aux campagnes de Bonaparte. Et donc d’avoir combattu contre les Anglais.
Il a tout du héros romantique, beau, emporté, le verbe haut, courageux, fidèle à un amour. Une femme mariée, mère d’un enfant, Matilde de FARIA e MELO, a tout abandonné, mari, enfant, position sociale, pour le suivre sur tous les champs de bataille d’Europe. Ils se sont connus en 1808 et seule la mort les a séparés. L’inconfort des cantonnements de fortune, les dangers, la promiscuité, la saleté, tout, Matilde a tout subi pour rester auprès de Gomes, à travers toute l’Europe, en France, en Allemagne, en Pologne.
L’échange de lettres entre Gomes et son cousin de coeur Antònio de SOUSA FALCÃO, resté à Lisbonne, nous font connaître FREIRE de ANDRADE, mieux qu’une psychanalyse ne pourrait le faire. Son seul souci, ses seuls appels à l’aide ne concernent que Matilde. Il ne cherche qu’à la préserver, pour lui tout va bien. Le soutien indéfectible d’Antònio de SOUSA FALCÃO, à la Cour de Lisbonne, dans les cercles du Pouvoir, cherchant pendant des années à contrecarrer la persécution secrète, les intrigues, et à déjouer les pièges d’un autre cousin, germain celui-là, D.Miguel PEREIRA FORJAZ, force l’admiration.
PEREIRA FORJAZ est l’exact opposé de FREIRE de ANDRADE. Ils furent condisciples au début de leurs carrières militaires et D. Miguel épousa une cousine germaine de Gomes. Tout en dissimulation, intrigant, onctueux dans les relations humaines, j’ose le qualifier de « tordu ». Pendant ces années cruciales, 1808, 1809, 1810, alors que Gomes FREIRE se battait à l’étranger, PEREIRA FORJAZ, 9ème comte da FEIRA, au sein du Conseil de Régence, fut Secrétaire d’Etat aux Affaires Etrangères et à la Guerre. Il appartenait au petit cercle de nobles et religieux, qui prenaient leurs ordres auprès de BERESFORD.
Par différents messagers, il a fait croire à Gomes FREIRE qu’à son retour au PORTUGAL on « passerait l’éponge » sur la formation de la Légion Portugaise et ses campagnes menées auprès des Français. Le piège est tendu et Gomes FREIRE, malgré les conseils de prudence d’Antònio FALCÃO, y tombe. Il n’aspire qu’à partager le bonheur d’une vie simple avec Matilde. Il l’écrit à Antònio FALCÃO : « je veux raccrocher mes épées et les laisser rouiller doucement ».
Il est ouvert, franc, d’une générosité à peine croyable. Lui, qui à son retour de VIENNE, avec sa mère et une soeur, après le décès du père, n’a amené que des dettes paternelles dans les bagages. Face à des demandes d’aide matérielle venant d’amis, il prenait sa bourse, et celui qui en avait besoin, était invité à y plonger sa main. Lors de ses campagnes à travers l’Europe, il partagea la « tambouille » des soldats, lui qui avait été à la table de tous les Rois, Princes, Napoléon, Electeurs, de tous ceux « qu’on nomme Grands ».
En vrai aristocrate, il savait d’où il venait, n’accordait que peu de valeur aux honneurs, aux richesses.
La preuve de ce désintéressement nous est apportée par le «procès-verbal » de police sur le contenu de son dernier domicile, partagé avec l’amour de sa vie, Matilde de FARIA e MELO. Je rapporte fidèlement ce qui se trouve dans ce P.V.
l « Il loue à Lisbonne, rua do Salitre, à côté de la fontaine du RATO, une petite maison, qu’ipartage avec Matilde de FARIA e MELO.
Un petit salon meublé avec un canapé rembourré, quelques chaises paillées, trois tableaux avec encadrement de pau-santo. Dans la salle à manger un banc en bois du Brésil, dix chaises cannées. Dans le bureau, un banc en acajou, deux étagères avec 395 livres. Il y a 6 assiettes et plats de service et 15 petits, 17 serviettes de table, 5 verres à porto, 6 à liqueur, 2 verres à eau, une bouteille de vin blanc, 5 tasses à thé « sans soucoupes ». Quatre bougeoirs et trois petits plateaux décorés et des costumes, des vieilles vestes, 12 mouchoirs et 2 épées. »
En 1815, après son retour, devant un tribunal, et après avoir rendu compte de ses absences et de ses activités à l’étranger, il s’était trouvé lavé de toutes les accusations, réintégré dans tous ses droits et s’apprêtait donc à vivre auprès de Matilde les années qui lui restaient.
C’était sans compter avec la haine de D. Miguel PEREIRA FORJAZ.
Des espions, des amis devenus traîtres contre récompense, des visiteurs douteux, la toile fut tendue et l’aboutissement fut cette horreur du 18 octobre 1817.
Il avait 60 ans.
La vie et la fin tragique de Gomes FREIRE inspirèrent beaucoup, beaucoup d’écrits. Mais la pièce « Felizmente hà luar», de Luis de STTAU MONTEIRO, très moderne, d’un ton brechtien, interdite pendant le salazarisme et jouée pour la première fois en 1978, me touche particulièrement. Il est intéressant de signaler, qu’avant d’être jouée au Portugal, elle le fut pour la première fois à PARIS, en 1969.
Le titre, énigmatique, est tout simplement une phrase tirée d’une note administrative, qui se trouve aux Archives Nationales de la Torre do Tombo, à Lisbonne.
Cette note, présente dans les archives de l’I.G.P, fut adressée par D. Miguel PEREIRA FORJAZ, en tant que supérieur hiérarchique, à l’Intendant Général de la Police, dans l’après-midi du 18-10-1817, quelques heures avant l’exécution de Gomes FREIRE de ANDRADE et de ses 11 coïnculpés,
« ... il est vrai que l’exécution se prolongera dans la nuit, mais heureusement il y a un clair de lune et tout me paraît si calme que … ».
La terreur escomptée n’eut pas lieu. Et en effet le feu brilla tard dans la nuit, mais symboliquement, très au-delà. Car, dès le retour de la famille royale, la Charte Constitutionnelle s’est imposée, et le Portugal, cahin-caha, un siècle plus tard accéda à la République.
Matilde dans la pièce, avec une intention toute à l’opposé de celle de D. Miguel PEREIRA FORJAZ, prononce la même phrase « felizmente hà luar ».
La vraie Matilde de FARIA e MELO disparut à tout jamais. Personne n’a pu trouver trace de son existence, après le sacrifice de son « Homme ».
Note personnelle: Au delà du fait que je partage quelques éléments d’A.D.N. avec Gomes FREIRE de ANDRADE, ce dont je me réjouis, il est à noter que la première tentative de mise-en-scène de la pièce, par le dramaturge STTAU MONTEIRO, lui-même, en 1962, eut lieu au Théâtre Expérimental de PORTO, dont je m’honore d’avoir été une des actrices fondatrices, en 1953, sous la direction du grand Antònio PEDRO. Cette 1ère représentation de « Felizmente hà luar » fut interdite par « les autorités », fascisme oblige. Comme je l’ai dit plus haut, la création eut lieu à PARIS, en 1969.
– D. Nuno RODRIGUES FREIRE de ANDRADE , 6ème Maître de L’ORDEM de CRISTO et Clara MARTINS ont eu, au moins, trois enfants : un fils Gomes FREIRE de ANDRADE, 1er seigneur de BOBADELA, marié à D. Leonor PEREIRA. De ce couple descendait le Général Gomes FREIRE de ANDRADE, dont je parle plus haut. Un autre fils, Rui FREIRE de ANDRADE, fut l’arrière-grand-père de Pedro ALVARES CABRAL, découvreur du BRESIL, en 1500. Une fille, Teresa, épousa Afonso RODRIGUES de MAGALHAES et c’est de ce couple que je descends. Dans ce blog je rapporte ma ligne descendante de Teresa, qui est insérée dans le texte « APRES LES TEMPLIERS » consacré à D. Nuno RODRIGUES FREIRE de ANDRADE.
– Gomes FREIRE de ANDRADE, 1er seigneur de BOBADELA et Leonor PEREIRA
– Joao FREIRE de ANDRADE, 2ème seigneur de BOBADELA et Catarina de SOUSA
– Gomes FREIRE de ANDRADE, 3ème seigneur de BOBADELA et Isabel COUTINHO
– Nuno FREIRE de ANDRADE et Isabel de ALMEIDA
– Bernardim FREIRE de ANDRADE et Ana MATOSO
– Gomes FREIRE de ANDRADE et Isabel GODINS de MIRANDA
– Bernardim FREIRE de ANDRADE, Commandeur de l’ORDEM de CRISTO et Luisa de FARIA
– Manuel FREIRE de ANDRADE et Joana de BRITO
– Gomes FREIRE de ANDRADE, gouverneur du Maranhão au BRESIL et Luisa Clara de MENEZES
– Ambròsio FREIRE de ANDRADE e CASTRO, ambassadeur du PORTUGAL à VIENNE, et Maria Ana Elisabeth SCHAAFFGOTSCHE, comtesse en BOHEME
– Gomes FREIRE de ANDRADE, né le 27-01-1757, sacrifié le 18-10-1817 et Matilde de FARIA e MELO. Sans descendance
FELIZMENTE HA LUAR
Enforcado, degolado, queimado, os ossos roìdos por cães numa praia vizinha do Forte de São Julião da Barra, perto de Lisboa, no dia 18 de Outubro 1817. Mas que crime cometeu aquele que acabou assim ? O crime de ter querido rasgar as cortinas do obscurantismo. Digamos antes dos obscurantismos, o da Igreja em primeiro lugar e em seguida o de uma classe social, a que ele mesmo pertencia, a Aristocracia, que com o auxìlio do Exército, actuava no sentido de fazer perdurar o analfabetismo e a superstição. A opressão conjugada desses poderes era de tradição milenària. Portugal tinha-se constituìdo assim.
Se tivessemos vivido por volta de 1400, Gomes FREIRE de ANDRADE, pois é dele que se trata, e eu, terìamos sido primos direitos. Ele descendia de um outro Gomes FREIRE de ANDRADE, 1° senhor de BOBADELA, nascido por volta de 1360, e eu descendo da irmã deste Gomes, Teresa. Gomes e Teresa eram dois dos filhos de Clara MARTINS e de D. Nuno RODRIGUES FREIRE de ANDRADE, 6° Mestre da Ordem de Cristo e Chanceler-Mòr de Portugal.
Mas que crime cometeu então o General Gomes FREIRE de ANDRADE ? O crime pelo qual ele foi condenado, noutros tempos ou noutros paìses, ou numa sociedade diferente, teria merecido os loureiros. E, pode dizer-se que ele os colheu logo a seguir ao seu sacrifìcio, e mesmo ainda vivo, pela força da sua personalidade, a sua rectidão, a sua generosidade, pela fama da sua bravura militar.
As classes populares tinham-no distinguido.
Naqueles tempos de Poder ausente, ausência de que tiravam proveito os Ingleses, ele aparecia a muitos como um Regente possìvel. Mas, temendo talvez o que nòs chamamos o « culto da personalidade », FREIRE de ANDRADE mantinha-se na reserva, nada de tribunas, nada de comìcios. Guardemo-nos de comparações inapropriadas, mas pensemos, na nossa época, como nascem os fascismos, por exemplo os do SALAZAR e do FRANCO, atravès « de um homem providencial ».
Formalmente, FREIRE de ANDRADE foi condenado por ter chefiado uma conspiração. Na realidade a sua presença em Lisboa, o seu ascendente, os seus silêncios, mesmo a sua reserva sò, eram jà suficientes para suscitar o levantamento contra os Ingleses. A prova da conspiração nunca foi apresentada.
E de resto, conspirar contra quem ? Contra uma Autoridade inìqua, que incarnada na pessoa do governador mercenàrio inglês, William CARR, lord BERESFORD, aproveitando-se da ausência do poder real, e tomando apoio nas forças mais reaccionàrias do Paìs, a Igreja e o Exército, tentava bloquear por todos os meios as ideias de Progresso. Apòs as invasões francesas na Penìnsula Ibérica o momento parecia ideal, para os Ingleses, de fazer de Portugal um protectorado e de se apropriar o seu enorme Império Colonial. A velha aliança Anglo-portuguesa, que datava de 1386, tinha sempre beneficiado aos Ingleses. Mas, nessa época de governo pelo gigante BERESFORD, com o Paìs sob tutela, o momento era o mais propìcio para o « golpe final ». A famìlia Real protuguesa estava longe, bem abrigada no Brasil, com um chefe, D. Joao VI, regente inicialmente, rei apòs a morte da Rainha sua Mãe, totalmente controlado pelos Ingleses. Havia um Conselho de Regência,em Lisboa, nas mãos do Inglês, que tal um “gauleiter”, decidia de toda a administração do Paìs. E finalizava os anteprojectos dos acordos, que logo a partir de 1808, permitiram aos Ingleses, e a eles exclusivamente, o libre acesso aos portos do Brasil, para fazerem comércio. O inìcio do declìnio do pequeno pais, possuidor dum tão vasto império colonial, data daì.
Os franceses tinham deixado muita miséria, muitos desastres de toda a natureza, muito ressentimento, mas tinham deixado também aqueles fermentos de liberdade, aquelas sementes de progresso, que foram, posteriormente, os alicerces das monarquias constitucionais atravès da Europa, durante o XIX° século.
Gomes FREIRE de ANDRADE foi um homem do « século das Luzes ». Foi também um Heroi Sacrificado.
PORTUGAL, sob a Monarquia e sob a Repùblica fez do dia 18 de Outubro, dia em que ele foi executado, um dia feriado para honrar a sua memòria. Durante um século mais ou menos.
O salazarismo suprimiu esse dia feriado.
Gomes FREIRE de ANDRADE nasceu em 27-01-1757 em VIENA, AUSTRIA. O seu pai, Ambròsio , que pertencia à familia dos Condes de BOBADELA era ali o embaixador de PORTUGAL. Ambròsio FREIRE de ANDRADE e CASTRO era parente e protegido do poderoso Marquês de POMBAL, primeiro ministro de D. José I. A mãe de Gomes FREIRE de ANDRADE era a condessa Maria Anna Elisabeth SCHAFFGOTSCHE, da Boémia. Quando, nessa Mitteleuropa agitada por tão diversas correntes de filosofia, a Revolução Francesa fazia tremer sobre as suas bases todas as sociedades contemporâneas, a educação de Gomes FREIRE foi liberal.
Mas, é necessàrio precisar o sentido da palavra « liberal », tão diferente do sentido detestàvel que ele tem nos nossos dias. O sentido actual é o da “liberdade da raposa libre no galinheiro libre”. No século XVIII e felizmente ulteriormente, o liberal é aquele que, pela educação e pela cultura, procura dar ao povo, oprimido pelos obscurantismos, os meios para aceder à liberdade.
Ele foi maçon ou como se dizia pedreiro libre e a primeira loja que frequentou, segundo consta, teria sido a que MOZART frequentava. Ele conheceu MOZART em Viena e pràticamente eram da mesma idade. Gomes FREIRE é considerado como o introdutor da Maçonaria em PORTUGAL e como o seu primeiro Grão-Mestre.
Nascido em Viena, foi nomeado Coronel no exército russo aos 26 anos e tomou parte, ao lado de POTEMKINE a diversas campanhas na RUSSIA, em CONSTANTINOPLA, na CRIMEIA, e foi condecorado, feito excepcional, da Ordem Militar de Sao Jorge, pela Czarina Catarina II.
A Soberana russa, ofereceu-lhe, pessoalmente, uma espada. O favor particular de Catarina II, e o arrefecimento das relações entre Gomes FREIRE e o prìncipe POTEMKINE, tinham alimentado rumores de uma relação amorosa entre a Czarina e o jovem e fogoso português, que foi visto no camarote de Catarina, na Opera ou no Teatro, em vàrias ocasiões. Falso ou verdadeiro, atribue-se tanto neste capìtulo à Grande Catarina…
Renuncio a relatar a sua actividade militar, tão complexa é ela. Sò para memòria, podemos citar que saìu de VIENA para LISBOA em 1781, afim de seguir uma formação militar, como era de tradição na Aristocracia. Que foi autorisado a partir para a Rùssia en 1784 e que deixou a Rùssia em 1793. PORTUGAL tinha-lhe reconhecido, em 1790, o grau de Coronel, que os russos lhe tinham concedido. Em 1796 é feito Marechal de Campo e inicia então o que se pode chamar a sua segunda carreira militar, franco-portuguesa. Foi nomeado General em 1801, antes da primeira invasão francesa em Dezembro 1807. E, seria por fraternidade maçònica com JUNOT, que integrou a Legião Portuguesa, que vinha de ser criada. A frente dessa Legião, acantonada em GRENOBLE, participou às campanhas de BONAPARTE, por toda a Europa.
Sustentou que nunca a sua espada tinha derramado sangue português.
Encontrou vàrias vezes o Imperador, e foi nomeado por ele governador d’IENA, comandante de DANTZIG, governador de DRESDE. Encontrou-se junto de BERTHIER, na ALEMANHA, à frente de dois batalhões portugueses.
E de salientar, segundo a géo-politica « da hora », e de acordo com a tradição de disciplina nos exércitos, em todos os tempos e em todos os paìses, que durante a campanha do ROUSSILLON, tinha combatido os Franceses ao lado dos Espanhois e dos Ingleses. Mas, dez anos mais tarde, a principal acusação que lhe foi feita, foi a de ter saìdo do Paìs com a Legião Portuguesa, para participar ao lado dos Franceses, às campanhas de Bonaparte. E, òbviamente, de ter combatido contra os Ingleses.
Ele encarna perfeitamente o heroi romântico, belo, colérico, a palavra fàcil, fiel a um ùnico amor. Uma mulher casada, mãe de um menino, Matilde de FARIA e MELO, abandonou tudo, marido, filho, posição social para o acompanhar em todos os campos de batalha da Europa. Tinham-se conhecido em 1808 e sò a morte os separou. O desconforto dos acampamentos, os perigos, a promiscuidade, a imundìcie, tudo, Matilde suportou tudo para ficar junto de Gomes, a travès de toda a Europa, em França, na Alemanha, na Polònia.
A troca de cartas entre este ùltimo e o seu primo de coração Antònio de SOUSA FALCAO, que tinha ficado em Lisboa, fazem-nos conhecer FREIRE de ANDRADE, melhor do que uma psychanalyse poderia fazê-lo. A sua preocupação permanente, os ùnicos apelos a socorro material, dizem respeito ùnicamente a Matilde. Ele sò procura protegê-la, para ele tudo està bem. O que é também admiràvel é o apoio a fidelidade sem limites de Antònio de SOUSA FALCAO, na Côrte, nos cìrculos do Poder, procurando durante anos contrariar a perseguição secreta, as intrigas, e procurando desfazer as armadilhas preparadas por um outro primo, primo direito esse, D. Miguel PEREIRA FORJAZ.
PEREIRA FORJAZ é exactamente o contràrio de FREIRE de ANDRADE. Tinham sido condiscìpulos no inìcio das suas carreiras militares e D. Miguel tinha casado com uma prima direita de Gomes. D. Miguel era todo em dissimulação, intrigante, obsequioso nas relações humanas, atrevo-me a qualificà-lo de « torcido ». Durante os anos de 1808, 1809, 1810, quando Gomes FREIRE guerreava no estrangeiro, D. Miguel PEREIRA FORJAZ, 9° conde da FEIRA, pertencendo ao Conselho de Regência, era Secretàrio d’Estado dos Negòcios Estrangeiros e da Guerra. Ele pertencia ao pequeno nùcleo de nobres e de religiosos, que recebiam directamente as ordens de BERESFORD. Por vàrios mensageiros fez acreditar a Gomes FREIRE que no regresso deste a Portugal, a formação da Legião Portuguesa e as campanhas integrado nas tropas francesas, tudo seria « esquecido ». A armadilha estava pronta e, apesar dos conselhos de prudência do Antònio FALCAO, Gomes cai nela. Tem sò o desejo de partilhar uma vida simples junto da Matilde. E o que ele exprime numa carta ao Antònio FALCAO : « quero pendurar as minhas espadas e deixà-las enferrujar devagarinho » .
Ele é aberto, franco, colérico, mas de uma generosidade incrivel, ele que no regresso de VIENA, apòs a morte do Pai, acompanhado da sua Mãe e de uma irmã, sò trouxe dìvidas paternas nas bagagens. Quando um amigo tinha dificuldades financeiras e lhe pedia ajuda, estendia-lhe a bolsa e o amigo servia-se à vontade. Durante as campanhas no estrangeiro partilhou o « rancho » dos soldados, ele que tinha comido à mesa dos Reis, Prìncipes, Napoleão, Eleitores, de todos aqueles « que dizemos Grandes ».
Como um autêntico aristocrata, Gomes sabia de onde vinha e dava pouco valor às honras, às riquezas.
A prova desse desapêgo encontra-se no relatòrio de polìcia descrevendo o conteùdo do seu ùltimo domicìlio, partilhado com o amor da sua vida, Matilde de FARIA e MELO.
Passo a reproduzir fielmente o teor desse relatòrio.
« Aluga em LISBOA, rua do Salitre, junto ao chafariz do Rato, uma casa pequena, que partilha com Matilde deFARIA e MELO.
Um salão pequeno mobilado com um canapé estufado, algumas cadeiras em palhinha, dois ou três quadros com moldura de pau-santo. Na sala de jantar um banco em madeira do Brasil, dez cadeiras chamadas tripeças. No escritòrio, um banco em pau-preto e duas estantes de pinho com 395 livros. Hà 6 pratos e travessas de pò de pedra e 15 pequenos, 17 guardanapos, 5 copos para vinho do Porto, 6 para licor, 2 copos para àgua, uma garrafa de vinho branco, 5 xìcaras para chà « sem pires ». Hà quatro castiçais de casquinha e três pequenas bandejas lavradas e fatos e casacos velhos, 12 lenços e duas espadas ».
Em 1815, depois do seu regresso a Portugal, perante um tribunal, tendo dado conta das suas ausências no estrangeiro e respondido das suas actividades atravès da Europa, viu-se livre de todas as acusações, e reintegrado em todos os direitos. Dispunha-se então a viver junto da Matilde os anos de vida que lhe sobravam.
Era ignorar o òdio de D. Miguel PEREIRA FORJAZ.
Espiões, amigos traidores contra recompensa, visitas duvidosas, a rede foi tecida e o ponto final foi o horror desse dia 18 de Outubro 1817.
Tinha ele 60 anos.
A vida e o fim tràgico de Gomes FREIRE inspiraram muitos autores. Mas a peça « Felizmente hà luar » do Luis de STTAU MONTEIRO, moderna, de um ton brechtiano, proìbida durante o salazarismo e levada ao palco pela primeira vez em 1978, comove-me particularmente. E interessante notar, que antes de ser representada em Portugal, ela foi representada pela primeira vez em PARIS, em 1969.
O tìtulo, enigmàtico, é simplesmente uma frase extraìda de uma nota administrativa, que figura nos Arquivos Nacionais da Torre do Tombo, em Lisboa.
Essa nota, inserida nos Arquivos da I.G.P., foi endereçada por D. Miguel PEREIRA FORJAZ, a tìtulo de superior hieràrquico, ao Intendente Geral da Polìcia, na tarde de 18-10-1817, uma horas antes da execução de Gomes FREIRE de ANDRADE e dos seus 11 co-inculpados.
« E verdade que a execução se prolongarà pela noite, mas felizmente hà luar, e parece –me tudo tão sossegado que… »
O terror esperado não sobreveio. Com efeito o fogo brilhou tarde na noite, mas simbòlicamente, muito mais tarde, ainda. Pois, desde que a Famìlia Real regressou do BRASIL, a Carta Constitucional impôs-se e PORTUGAL, ao preço de muitos altos e baixos acedeu à Républica.
Matilde no decurso da peça, com uma intenção diametralmente oposta à de D. Miguel PEREIRA FORJAZ, pronuncia a mesma frase « felizmente hà luar ». O « luar » que permite de ver na escuridao…
A verdadeira Matilde de FARIA e MELO desapareceu para sempre. Nunca se pôde localizà-la, nem encontrar traços dela, apòs o sacrifìcio do seu « Homem ».
Nota pessoal : alèm do facto de partilhar um pouco de A.D.N. com o Gomes FREIRE de ANDRADE, o que me dà imensa satisfação, é de notar que a primeira tentativa de representação da peça, em 1962, pelo pròprio autor, o dramaturgo STTAU MONTEIRO teve lugar no Teatro Experimental do PORTO, de que tenho a honra de ter sido uma das actrizes fundadoras, em 1953, sob a direcção do grande Antònio PEDRO. Esta primeira representação foi proìbida « pelas autoridades », fascismo-soft oblige.
Como eu disse mais acima, a estreia da peça « Felizmente hà luar » teve lugar em PARIS, em 1969.

