Rêveries romaines, fictives  et passablement anachroniques de D. Vasco MARINHO

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Dans cette moiteur d’août, combien je regrette la fraîcheur de mon MINHO ! Rome est étouffante,  Bernardina et les enfants  sont partis à la villa, heureusement. Mais moi, ici, au Vatican, je dois assurer la  permanence. Monseigneur Jean est parti à Florence, pour des histoires de famille. Là, je dois rester en observation, pour parer à tous les coups, d’où qu’ils viennent. Les espagnols intriguent et versent des kilos d’or, pour corrompre. Que dois-je faire ? Réclamer un peu ?  Mais si Monseigneur l’apprend… adieu l’archevêché qu’il m’a promis pour bientôt. Je dois être sur mes gardes par rapport à tout le monde. Les agents d’Isabelle et Ferdinand je les ai tous plus ou moins identifiés, les « monsignori » italiens qui mangent à tous les râteliers et vont vers le plus offrant, ce sont  ceux-là  les plus dangereux.

 Les histoires des Borgia, la belle  Lucrécia, ses frères, le père… le saint ; tout ça est fini, heureusement, tout ça a excité la cité, les racontars, pendant des années.   Quelle honte, quelle infamie ! Au Vatican ! On sait qu’il y a eu beaucoup de mensonges, d’horreurs sur les incestes, les meurtres, etc. Dès que je peux,  je rentre chez moi. En Galice ou à Monção les enfants seront plus  en sécurité qu’ici. Il est certain que jamais ils ne retrouveront les magnificences de Rome, la grande musique, les beautés antiques et tout ce qui est en train de se faire.   Giuliano DELLA  ROVERE, qui a tant intrigué pour ça, est le Pape Jules II à présent. Et au prix de beaucoup d’entourloupes par rapport aux indulgences, qu’est- ce qu’il investit dans l’Art ! Je crois que là, il est aussi fort que mes Maîtres de Florence, Laurent et Jean. Il paraît que le plafond de la SIXTINE sera une splendeur comme on n’en a jamais vu. MICHELANGELO, des BUONARROTI de Florence, que je connaissais bien, est sur les échafaudages depuis des années, on dirait un mendiant, tout sale, déguenillé. RAPHAEL a droit à tous les égards  de la part du Saint Père.

Mais pour revenir à Jules II,   on est certain qu’il  est  à l’origine des infamies colportées sur les Borgia. Moi, je m’entends bien avec les uns et les autres. Il le faut bien ! Avec les Borgia, comme ils sont de Valência, mes origines galiciennes, aidaient. On parlait pays. Quoique moi je ne me considère pas espagnol. Je suis galego par ma mère et portugais par mon père. Je suis un « raiano », pur galaico-portugais. Les italiens de DELLA  ROVERE savent l’affection que me porte mon  Maître, et ils connaissent la puissance des MEDICIS …  A Florence, Laurent  le Magnifique, père de mon Maître, était vraiment Magnifique. D’ailleurs,  j’aurais préféré rester à Florence, plutôt que de vivre à Rome.  C’est au moins aussi beau, et  pour élever des enfants,  tellement plus calme, sans cette agitation malsaine. Mais Monseigneur Jean, s’il  voulait préparer son avenir pontifical, se devait d’être présent au Vatican.

 Joana, mon aînée, est sage et se réserve pour le mariage qui l’ attend à Pontevedra. Le promis est Lançarote FALCAO. Les FALCAO sont une très vieille famille, d’origine anglaise, les FOLCH,  Et le futur beau-père de Joana, Tristan FRANCES, d’origine transpyrénéenne, après son mariage avec Lucrécia FALCAO, a acquis une très belle position à Pontevedra. Il en est déjà le regidor et son commerce maritime, hérité du père, progresse de façon spectaculaire, on me dit. Lors du pèlerinage de mon roi D. Manuel I, à Compostelle, c’est chez Tristan FRANCES qu’il séjourna, à Pontevedra. En retour, et en reconnaissance de la qualité de l’accueil, le roi lui a attribué une rente viagère  de 15000 reis, payée annuellement. La rente part du 1er janvier 1503. Le Seigneur fasse, qu’elle soit servie longtemps. Et j’apprends que le frère de Lançarote,  Guterre FALCAO, vient d’être nommé Alcaïde de Pontevedra.

Joana se trouvera bien, j’en suis sûr. Avec toute la culture acquise ici à ROME, lors de son retour  en Galice , au sein d’une famille  puissante, elle marquera sa place. Sauf à la Cour, à Madrid, il y a peu de dames éduquées comme elle.   En Angleterre, les FALCAO s’appelaient  FOLCH, c’étaient des gens de la Chambre HAUTE, très liés au Duque de LANCASTER.  Les premiers à venir dans la Péninsule Ibérique faisaient partie de la délégation qui accompagna  notre reine, D. Filipa de LANCASTER, quand elle est venue pour épouser le roi  D. Joao I. Ma seule crainte par rapport aux FALCAO, c’est qu’ils soient   du genre  » rêveur « , toujours le nez dans les livres de chevalerie. Un transport au cerveau est vite arrivé ! Le fiancé de ma petite Joana  s’appelle Lancelot, son père s’appelle Tristan. En attendant  Parcifal ?  Mais Lancelot, selon les informations venant de Galice, a les pieds sur terre, et j’ai suffisamment de garanties de la part de Lisbonne sur son avenir dès notre retour.

Si je mène à bien «  la mission », la création de la Commanderie de Monção se fera. Et le mari de Joana en sera le premier Commandeur.

Leurs enfants seront MARINHO FALCAO.

 Dans la famille de mon  père, chez  les BACELAR et les ABREU de REGALADOS, on disait que le cortège des Anglais qui accompagnait Dona Filipa de LANCASTER était entré au Portugal par la frontière nord, par Melgaço, parce que c’étaient eux, mes ancêtres, qui avaient eu la haute main sur tout, l’hospitalité  offerte à toute la délégation anglaise, la sécurité, le personnel, les déplacements, tout. Mes ancêtres maternels, les MARINHOS,  galegos de pure souche, si  on met de côté la poétique légende de la sirène,  sont en fait une branche des TRAVA, TRABA ou TRASTAMARA. En Galice, depuis les wisigoths, on ne fait pas mieux.

Pour revenir à mes soucis de père, c’est la petite, Margarida, qui m’en donne, du souci. Sa mère n’arrive pas à la tenir, elle veut faire comme les romaines, sortir, batifoler, s’occuper de colifichets. Les garçons, et comment faire autrement ? Se battent à l’épée, plus que de raison, car leur qualité de fils d’un protonotaire apostolique,  protégé par le probable futur Souverain Pontife, engendre beaucoup de jalousies et d’affronts. Mon travail missionné par Lisbonne,  a fini par aboutir. Sur le terrain, ici à Rome, ce fut harassant. Les soi-disant Rois Catholiques s’opposèrent par tous les moyens  aux différentes ébauches de Traité. Tant de travail, de nuits blanches, de dangers à déjouer, tant d’or distribué, pour finir par des refus. Moi, j’avais comme instruction ultime, comme dernière limite dans les concessions, cette ligne à l’Ouest du Cap-Vert. Je ne sais pas  pourquoi  précisément là, mais on m’avait laissé entendre qu’un ou deux voyages secrets de Duarte PACHECO PEREIRA y seraient pour quelque chose. Ce serait arrivé  en 1492  et  en 1498 à peu de temps de distance de  celui de COLOMBO , le gendre de  Bartolomeu PERESTRELO.

Celui-là aussi, c’est le brouillard. Colombo, pour les uns  est né à Gênes, pour les autres il est ou Portugais ou Espagnol. Il a appris à naviguer avec les portugais, à Sagres, ça c’est sûr. Mais, pourquoi écrit-il toujours en castillan ? Pourquoi pas en italien ou en portugais ?  PACHECO PEREIRA, selon ce qui m’a été dit, aurait découvert des terres merveilleuses, avec une végétation incroyable, où des arbres rouges, d’un bois rouge de braise, se voyaient de loin, mais ça, c’est le « grand secret ». Si les espagnols l’avait su,  il n’y aurait  jamais eu, ni même d’ébauches   de traité. Surtout que depuis que le Génois a découvert ce qu’il appelle les Indes Occidentales, ils étaient devenus intraitables.  L’Inde, on la connaît  depuis longtemps, avant que  Vasco da GAMA y  arrive par la mer, on faisait déjà le commerce des épices avec elle. C’est justement pour casser le monopole de Venise  sur les épices, que Vasco da GAMA était  parti. Après que Bartolomeu DIAS  a  doublé le fameux Cap des Tourmentes, que feu le roi D. Joao II a rebaptisé en « Cap de Bonne Espérance ». Bonne Espérance de quoi ? Justement d’arriver  en Inde par cette voie.

 Le projet de la ligne  méridienne à 370 lieues à l’ouest de Cap-Vert, c’est autre chose. C’était  se garder pour le  Portugal, et là, grâces lui soient données, le roi D. Joao II a tenu bon. Il a refusé de signer la première mouture du Traité. Ce  serait donc,  nous réserver ces îles ou terres plus vastes touchées par Duarte PACHECO PEREIRA en 1498, celles que très officiellement Pedro ALVARES CABRAL découvrit en 1500 et appela Terras de VERA CRUZ. Et dont personne, à  part une toute petite poignée de personnes, n’avait idée.

Feu le Pape, Alexandre de BORJA, BORGIA, comme on dit ici, en tant qu’espagnol a fait  ce qu’il fallait pour satisfaire Isabel et Ferdinand. Et les projets de Traité sont  restés  dans les maroquins ! Dès  que le Cardinal DELLA  ROVERE est devenu le Pape Jules II, mon roi a eu plus de chances de voir aboutir toute l’affaire.  Et c’est à TORDESILLAS, près de Valladolid, que la ligne imaginaire se concrétisa dans le Traité qui accordait au Portugal, par avance,  ces terres magnifiques que Pedro ALVARES CABRAL « découvrit par hasard » quelques années plus tard,  le BRESIL.

Moi,   on ne peut pas dire que je sois maltraité par le nouveau Pontife. Les Bulles que j’espérais depuis si longtemps viennent d’être promulguées. J’ai obtenu le canonicat de  S. Jacques de Compostelle que j’espérais. La Commanderie de S. Joao de LONGOS VALES, tout près de Monção vient de m’être attribuée ainsi que des archidiaconats dans le Minho et en Galice. S. Joao de LONGOS VALES, le nom seul de ce petit coin de mon Minho  me remplit d’émotion, « les Longues Vallées »…  Mes rentes des Abbayes, Chapelles et Eglises sont confirmées. En ce moment et avant de songer au retour chez moi, dans mon Minho verdoyant, je dois m’occuper de l’Ambassade que mon Roi confia à Tristao da CUNHA. Je ne sais pas comment, à partir de Lisbonne,  ils vont acheminer plus d’une centaine de personnes et surtout  ces animaux exotiques, qui, venus de l’Inde, n’ont jamais été vus en Europe. On m’a annoncé un éléphant, qui sera offert à Sa Sainteté, des léopards, des panthères, des oiseaux rares. Comment nourrir et soigner ces pauvres bêtes ? Et la sécurité des joyaux, des tissus incrustés de pierres précieuses et de gemmes ? Et les tonnes d’épices, inconnues en Europe ? Je ne voudrais pas être à la place de Tristao da CUNHA.  En attendant  l’aboutissement de ce que mon Maître a entrepris depuis des années et dont je tirerai aussi bénéfice, je vais thésaurisant ce que je peux. J’ai quatre enfants, un train de vie très dispendieux, et ROME ruinerait  Crésus.  Bernardina appartenant à la « gens ANICIA », très ancienne famille patricienne, a l’habitude de dépenser sans compter, mais moi je ne reviendrai au pays que si je peux y figurer dignement, ainsi que mes enfants.


D. Vasco MARINHO de CASTRO est mon ancêtre, mon 14ème grand-père, présent dans plusieurs branches. Né vers 1465 dans le manoir de REGALADOS, à MONCAO, demeure de ses Grands-Parents  paternels,   Comtes du même nom,   il est le fils de  Alvaro VAZ BACELAR  et de la noble et jeune galicienne Joana MARINHO.  Son enfance, entourée de mystère, se partagea entre  son lieu de naissance, Monção, et les manoirs de sa famille maternelle, en Galice. Les années d’adolescence, son éducation s’y  sont passées  et c’est là que le destin se présenta à lui, en la personne du cardinal Jean de Médicis, fils du célèbre Duc, Laurent le Magnifique. Lors d’un pèlerinage à Santiago de Compostela, le Cardinal et sa suite furent les hôtes de la famille MARINHO (MARINO). L’intelligence et la vivacité du jeune Vasco auraient impressionné à tel point   les italiens, que la proposition de l’amener en Italie et de prendre en charge sa formation, fut faite et acceptée. Il vécut les années du cardinalat de Jean de Médicis  dans son intimité, en tant que Secrétaire Privé. Quand Jean de Médicis fut élu Pape, sous le nom de Léon X, de Secrétaire Particulier, D. Vasco devint Protonotaire Apostolique, ayant  rang d’Archevêque, mais son intimité avec le Pape se maintint, et les repas journaliers pris à la table pontificale aussi. Les bénéfices personnels dont il jouit, ainsi que toute sa famille, à Rome, au Portugal et  en Galice, dépassèrent tout ce qui se faisait jusque -là. A tel point que son entregent est soupçonné dans les grandes manœuvres diplomatiques qui eurent lieu à ce moment -là de l’Histoire de l’Europe.

Il  est à Rome quand COLOMB découvre le Nouveau Monde, quand Pedro ALVARES CABRAL  découvre le Brésil, quand Vasco da GAMA atteint l’INDE, en contournant l’AFRIQUE. D. Joao II, à qui succède D. Manuel I, pour le côté portugais, et Isabel de Castille  et Fernand d’Aragon pour l’Espagne se disputent le partage du Monde. Et le Pape Jules II, avant Léon X, doit trancher dans ces conflits. En secret, D. Vasco aurait été à la manœuvre, et le Traité de TORDESILLAS aurait  apporté la touche finale à tant d’interminable diplomatie.  La ligne méridienne imaginaire, tracée à 370 miles maritimes à  l’ouest des îles du Cap-Vert, offre le BRESIL comme un paquet-cadeau au Portugal. Les négociateurs portugais restèrent arcboutés  sur l’établissement de cette ligne pendant des décennies. Le succès des enseignements de l’Ecole de SAGRES, créée 100 ans avant,  évidents pour ce qui concerne la navigation, ont très probablement porté leurs fruits dans la cartographie, aussi.

Et, installé avec femme et enfants au Vatican, il a pu suivre la création de la Chapelle Sixtine. Les visites du Pape au « chantier » de création de Michelange se passaient, régulièrement,  après le repas papal, et il ne faut pas oublier que D. Vasco MARINHO de CASTRO prenait tous les repas à la table du Souverain   Pontife.

D. Vasco revient chez lui, dans son petit coin du nord du Portugal, accompagné de ses enfants, trois ou quatre selon les sources.  Ces enfants, Joana, mon ancêtre, Pedro et Margarida, et peut-être un quatrième Payo sont nés à ROME, des amours du Protonotaire Apostolique  avec Dame Bernaldina ANICIA, d’une très vieille famille patricienne, les ANICIA.  Cette famille a eu plusieurs saints, fondateurs d’Ordres religieux, au moins deux  PAPES, S. Grégoire le Grand et S. Félix et deux empereurs, Constantin et Justinien, sans compter les savants, les philosophes et les politiciens, les Consuls et Sénateurs, qui furent plusieurs dizaines à travers le temps. Le grand ANICIUS Manlius Severinus BOETHIUS, philosophe et mathématicien, traducteur d’ ARISTOTE, appartenait à cette « gens ANICIA ».  L’Empereur Charles Quint, puisque la Maison d’Autriche avait un ANICIUS parmi ses ancêtres, et   se sachant, donc,  parent d’une vieille dame ANICIA encore présente dans le voisinage de Rome, lors de sa visite en Italie, pour son  Couronnement, voulut l’ attirer  vers des palais plus conformes à son statut, ce qu’elle refusa. Elle lui dit préférer mourir là où elle était née et avait passé sa vie. Pendant ce séjour romain, il lui aurait rendu visite à plusieurs reprises.

Quant à D. Vasco,  il revint dans son  Minho, sans Bernardina, peut-être décédée en 1496, couvert d’honneurs et de richesses.  Le roi D. Manuel I   légitima ses enfants  le 7/6/1511  (ARCHIVES de TORRE do TOMBO, , Légitimations, page 93),  confirma tous les bienfaits, en rajouta même. Son gendre, D. Lançarote FALCAO fut nommé par le roi D. Manuel I,  le premier Commandeur de la ville de Monção, le 17-07-1521.  D. Vasco MARINHO de CASTRO a  quitté ce monde en 1522, et dort de son dernier sommeil dans l’Igreja Matriz de Monção, où je fus baptisée en 1930.

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  • -D. Vasco MARINHO de CASTRO , Protonotaire Apostolique auprès du Pape LEON X     et  Bernardina ANICIA
  • -D. Joana MARINHO da LOBEIRA mariée à D. Lançarote FALCAO, premier Commandeur de Monção
  • -Dionisio MARINHO FALCAO marié à Isabel de ALMEIDA
  • -Joao MARINHO FALCAO marié à Potência VAZ
  • -Catarina MARINHO FALCAO mariée à Joao RODRIGUES VILARINHO ou BACELAR
  • -Catarina MARINHO mariée à Manuel ALVARES
  • -Joao RODRIGUES VILARINHO, o Saramago marié à Francisca SOARES de BRITO
  • -Ana SOARES de BRITO ou Ana ROIZ SOARES marié à Manuel de CASTRO e ARAUJO
  • -Caetana de CASTRO SOARES mariée à Antonio ALVARES de SOUSA
  • -Ana ALVES de SOUSA mariée à Lourenço José FERNANDES
  • -Rosa Quitéria ALVES FERNANDES mariée à Manuel Nicolas LORENZO de PUGA
  • -Manuel José de JESUS PUGA marié à Maria da Natividade RODRIGUES
  • -Manuel JESUS de PUGA marié à Ana Joaquina BALEIXO
  • -Laura da Conceiçao PUGA mariée à Joaquim José PEREIRA JUNIOR
  • -Joao Antonio PUGA PEREIRA marié à Amândia SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES
  • -Natércia Estela SENDIM de RIBAS-LIRA RODRIGUES PUGA PEREIRA mariée  1° Alfredo Ernesto de SA  LEAO  PIMENTEL  FERREIRA, 2°  à  Pierre LAFORIE

DEVANEIOS ROMANOS, FICTICIOS e BASTANTE ANACRONICOS de D. VASCO MARINHO

Nesta moleza de Agosto, que falta me faz  a frescura do meu MINHO ! ROMA é uma estufa, a Bernardina e as crianças foram para a quinta, felizmente. Mas eu, aqui, no Vaticano tenho de ficar de permanência. Monsignor João foi a FLORENCIA tratar de questões de famìlia. Aqui, eu fico em observação, pronto a enfrentar todas as situações, sejam elas o que forem. Os Espanhois intrigam e distribuem kilos de ouro para corromper. Que é que devo fazer ? Apanhar algum para mim ? Mas se o Monsignor João vem a saber… adeus o arcebispado que me foi prometido para breve. Tenho de desconfiar de tudo e de todos. Os agentes da Isabel e do Fernando, consegui mais ou menos identificà-los todos, os mais perigosos a meu ver são os « monsignori » italianos, que comem em todas as mangedouras e vão para o lado que mais paga, esses são  os mais perigosos. As històrias sobre os BORGIAS, a bela Lucrécia, os irmãos, o Pai…o Santo ; tudo isso acabou, felizmente, tudo isso trouxe  a cidade em alvoroço durante anos. Que vergonha, que infâmia ! No Vaticano ! Sabe-se que houve muitas mentiras, houve horrores inventados sobre os incestos, os assassinatos, etc. Eu, desde que posso, regresso à casa. Na Galiza ou em Monção, as crianças ficarão muito mais em segurança do que aqui.

O que é certo é que nunca mais disfrutarão das magnificências de ROMA, a grande mùsica, as belezas antigas e tudo o que està a realizar-se agora. O Giuliano DELLA ROVERE, que tanto intrigou para chegar là, é agora o Papa Jùlio II. E, à custa de muita trafulhice quanto às indulgências, que de ouro ele aplica nas obras de Arte ! Penso, que a esse propòsito, ele pode comparar-se aos meus Senhores de Florência, Lourenço e João. Parece que o tecto da SIXTINA vai ser  uma maravilha como  nunca se viu. MICHELANGELO, dos BUONARROTI de Florência, que eu bem conheci, anda pelos andaimes desde hà anos, parece um mendigo, todo sujo, em farrapos. O RAPHAEL, esse, tem direito a todos os salamaleques do Pai Santo. Mas, para voltar ao Jùlio II, toda a gente sabe que foi ele que lançou a campanha infamante sobre os BORGIAS.

Eu dou-me bem com uns e com os outros. E preciso ! Com os BORGIAS, como eles são originàrios de VALENCIA, as minhas origens galegas, ajudavam. Falavamos da « terrinha ». Embora eu não me considere espagnol. Sou galego pela minha mãe e português pelo meu pai. Sou um « raiano », puro galaico-português. Os italianos de DELLA ROVERE sabem bem a afeição que tem por mim o meu Signor, e eles sabem também o poder dos MEDICIS… em Florência, Lourenço o Magnìfico, pai do meu Patrão, era realmente Magnìfico. De resto  se me tivessem dado a escolher eu teria preferido ficar em FLORENCIA, em vez de ROMA. E pelo menos tão bonita, e para a educação das crianças, quanto mais calma, sem este alvoroço permanente. Mas  Monsignor Jean para preparar o pontificato, tinha que se instalar no Vaticano.

A minha Joana é muito sensata e prepara-se para o casamento que a espera em Pontevedra. O noivo é o Lançarote FALCAO. E o futuro sogro da Joana é o Tristan FRANCES, de origem transpyrenaica. O Tristan, depois do casamento  com a Lucrécia FALCAO adquiriu uma òptima posição social  em Pontevedra. E jà regedor e o comércio marìtimo, que herdou do seu pai, progressa de maneira espectacular, segundo me dizem. Quando o nosso rei D. Manuel I foi en peregrinação a Compostela, ficou hospedado em casa do Tristão FRANCES, em Pontevedra. Como recompensa, por reconhecimento da qualidade do acolhimento, o rei atribuiu-lhe uma renda vitalìcia de 15000 reis anuais. Deus faça que a renda seja mantida por muitos anos. E também fui informado hà pouco de que o irmão do Lançarote, o Guterre FALCAO, tinha sido nomeado Alcaïde de Pontevedra.

A Joana vai encontrar-se muito bem, tenho a certeza. Quando entrar no seio de uma famìlia poderosa, tudo o que retirou da vida cultural aqui em ROMA, vai fazê-la salientar-se. A não ser em MADRID, na Côrte, não hà senhoras que possam comparar-se com ela.

Na Inglaterra, os FALCAO chamavam-se FOLCH, eram gente da Camara dos Lordes, gente muito ligada aos Duques de LANCASTER. Os primeiros que vieram para a Peninsula Ibérica faziam parte da delegação que acompanhou a nossa Raìnha, D. Filipa de LANCASTER, quando ela veio para se casar com o rei D. João I. A ùnica coisa que me inquieta quanto aos FALCOES,  é que eles sejam do género « sonhadores », o nariz sempre metido nos livros de Cavalaria. Uma congestão cerebral pode vir depressa ! O noivo da minha Joaninha chama-se Lançarote, o Pai chama-se Tristão. Para quando o Perceval ? Mas, segundo as informações que recebo da Galiza, o Lançarote tem a cabeça bem assentada, e a mim Lisboa garantiu-me  muito boas coisas para o seu futuro, desde o nosso regresso a Portugal.    Se eu levar ao cabo a minha « missão », a Comenda de MONÇAO serà criada. E o marido da minha  Joana serà o primeiro  Comendatàrio.

Os filhos deles serão os MARINHOS FALCOES.

Na famìlia do meu pai, nos BACELARES ou nos ABREUS de REGALADOS, dizia-se que o cortejo de Ingleses que acompanhava a Raìnha D. Filipa de LANCASTER, tinha entrado em Portugal pela fronteira do norte, por MELGAÇO, porque tinham sido eles, os meus antepassados, que tinham tratado de tudo, a hospitalidade oferecida a toda a delegação inglesa, a segurança, o pessoal, os transportes, tudo. Os meus antepassados maternos, os MARINHOS, galegos de pura gema,  se se deixa de lado a lenda tão poética da sereia, são na realidade um dos ramos dos TRAVA, TRABA ou TRASTAMARA. Na GALIZA, depois dos wisigodos, nao hà  melhor.

Mas para voltar às minhas preocupações de pai, é a mais pequena, a Margarida que me preocupa. A mãe não consegue segurà-la, ela quere fazer tal como as romanas, passsear, namoriscar, sò pensar em ninharias. Os rapazes, esses, e como fazer de outra maneira ?  Batem-se à  espada, com razão e sem razão, porque o facto de serem filhos de um Protonotàrio Apostòlico, protegido pelo provàvel futuro Soberano Pontìfice, suscita muita inveja e afrontos.

O meu trabalho ordenado por Lisboa, foi levado a cabo. Aqui mesmo, em ROMA, foi dificìlimo. Os tais Reis Catòlicos tentaram sabotar por todos os meios  as diferentes fases do Tratado. Tanto trabalho, tantas noites sem dormir, tantos perigos a evitar, tanto ouro distribuìdo, para enfrentar sempre  rejeitas. Eu tinha como meta inultrapassàvel, como ùltimo limite nas concessões, essa linha a Oeste do Cabo Verde.  Durante  todo esse tempo, eu não sabia  porque era ali precisamente, mas  tinham-me dado a entender  que uma ou duas viagens secretas do Duarte PACHECO PEREIRA estavam ligadas a isso.  Teriam acontecido em 1492 ou 1498, a pouco tempo de distância  da viagem do COLOMBO, genro de Bartolomeu PERESTRELO. Esse também, que brumas ! O COLOMBO, para uns nasceu em Génova, para outros é português ou espagnol. Aprendeu a navegação com os portugueses, em Sagres, isso é certo. Mas, porque é que escreve sempre em castelhano ? E nunca em italiano ou português ? PACHECO PEREIRA, segundo o que me tinham dado  a entender, descobriu terras maravilhosas, com uma vegetação incrìvel, onde àrvores vermelhas, de um vermelho de brasa, se avistavam de longe, mas isso é o « grande segredo ». Se os espanhois tivessem tido conhecimento da coisa, nunca se teria obtido nem sequer rascunhos de tratados. E até mesmo porque, depois de o Genovês ter descoberto o que ele chama as Indias Ocidentais, eles tinham-se mostrado intratàveis. A India, conhecêmo-la hà muito, jà antes de o Vasco da GAMA ter là chegado por mar, negociavamos as especiarias com ela. E foi exatamente para fazer cair o monopòlio de VENEZA sobre as especiarias, que Vasco da GAMA empreendeu a viagem por mar. Depois de o Bartolomeu DIAS ter dobrado o famoso Cabo das Tormentas, que o defunto rei D. Joao II  chamou  « Cabo de Boa Esperança ». Boa Esperança de quê ? Exatamente disso, de chegar à India por mar.

O projecto da linha meridiana, a 370 léguas a oeste do  Cabo Verde, isso é outro assunto. Era guardar para Portugal, e ali graças lhe sejam dadas, o rei D João II não cedeu, rejeitou  a primeira prova do Tratado. O projecto era, pois, de  nos reservar   essas ilhas ou terras mais vastas, que o Duarte PACHECO PEREIRA  tinha descoberto, aquelas que muito oficialmente o Pedro ALVARES CABRAL descobriu em 1500 e que chamou Terras de VERA CRUZ. E  das quais, ninguém, a não ser meia dùzia de pessoas, tinha conhecimento ! O defunto Papa, Alexandre BORJA, BORGIA, segundo dizem por aqui, como espanhol fez o que era preciso para satisfazer a Isabel e o Fernando. E os projectos de Tratado ficaram nos cartões! Desde  que o Cardinal DELLA ROVERE foi eleito Papa sob o nome de Jùlio II, o meu soberano recuperou mais umas chances de concluìr  a questão. E foi em TORDESILLAS, perto de VALLADOLID, que a linha imaginària se concretisou no  Tratado que atribuìa a Portugal, a priori, essas terras magnìficas que o Pedro ALVARES CABRAL descobriu «  por acaso » pouco tempo depois.

Eu, pessoalmente, nao posso dizer que o novo Pontìfice me trate mal. As Bulas que eu esperava hà tanto tempo, acabam de ser promulgadas. Recuperei o canonicato de Santiago de Compostela de que estava à espera. A Comenda de S. João de LONGOS VALES, perto de Monção, foi-me atribuìda, assim como os archidiaconatos no Minho e na Galiza. S. João de LONGOS VALES, basta sò o nome desse cantinho do meu Minho para me emocionar, «  os Longos Vales »… As rendas dos Mosteiros, Capelas e Igrejas  foram-me confirmadas.

Neste momento e antes de preparar o regresso ao Paìs, ao meu  verde Minho, tenho que tratar da Embaixada que o meu Rei confiou ao Tristão da CUNHA. Não sei como, a partir de Lisboa, eles vão encaminhar mais de uma centena de homens e, principalmente, esses animais exòticos, que, vindos da India, nunca foram vistos na Europa. Anunciaram-me um elefante, que serà oferecido à Sua Santidade, leopardos, panteras, pàssaros rarìssimos. Como vai ser possìvel alimentar e tratar de todos esses pobres bichos ? E a segurança das joias, dos tecidos incrustados de pedras preciosas ? E as toneladas de especiarias, desconhecidas na Europa ? Eu por nada  quereria da missão do Tristão da CUNHA.  Na esperança que chegue em breve o que o meu Senhor prepara desde hà tanto tempo, e de que eu também tirarei  proveito, vou aferrulhando o que posso. Tenho quatro filhos, um trem de vida muito custoso, e ROMA seria capaz de arruinar, mesmo Crésus. A Bernardina, vindo da « gens ANICIA », familia patrìcia muito antiga, gasta sem contar, mas eu sò voltarei à minha terra quando là puder figurar dignamente, assim como os meus filhos.

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D. Vasco MARINHO de CASTRO é um dos meus antepassados, o meu 14° avô, presente en vàrias linhas. Tendo nascido por volta de 1465 na quinta de REGALADOS, em Monção, propriedade dos seus avòs paternos, Condes do mesmo nome, o seu pai foi  Alvaro VAZ BACELAR e a sua mãe a jovem  galega Joana MARINHO. A sua infância, bastante misteriosa, repartiu-se entre a terra onde tinha nascido, MONÇAO, e as Quintas da sua familia materna, na Galiza.

Os anos da adolescência, a  educação passaram-se ali e foi ali também que o destino se apresentou a ele, na pessoa do Cardeal João de MEDICIS, filho do cèlebre Lourenço, o Magnìfico, Duque de FLORENCIA. Durante uma peregrinação a Santiago de Compostela, o Cardeal e a sua comitiva foram os hòspedes da famìlia MARINHO (MARINO). A inteligência e a vivacidade do jovem Vasco teriam impressionado os italianos a tal ponto, que a proposta de o levar para a Italia, foi feita e foi aceite.

Viveu  durante anos na  intimidade do Cardeal, a tìtulo de secretàrio particular. Quando João de MEDICIS foi eleito Papa, sob o nome de Léon X, D. Vasco, de Secretàrio Particular, passou a Protonotàrio Apostòlico, equivalente a Arcebispo, mas a intimidade com o Papa manteve-se, assim como a participação diària às refeições  pontificais. Os benefìcios pessoais que recolheu, assim como toda a sua famìlia, em Roma, em Portugal e na Galiza, ultrapassaram o que se tinha visto até então.

A tal ponto, que hà duvidas sobre a sua implicação nas grandes manobras diplomàticas que decorriam nessa época, na Història da Europa. Ele encontra-se em Roma quando o Cristovão COLOMBO descobre o Novo Mundo, quando o Pedro ALVARES CABRAL descobre o Brasil. D. João II, a quem sucedeu D. Manuel I, pelo lado português, e Isabel de Castilha e Fernando de Aragão, pelo lado da Espanha, disputam-se sobre a partição do MUNDO.E o Papa JULIO II, antes de LEON X, deve arbitrar quanto a essas questões. Em segredo, D. Vasco poderia ter participado às negociações, e o Tratado de TORDESILLAS, teria trazido o retoque final a tão longa diplomacia. A linha meridiana imaginària, traçada a 170 milhas marìtimas a Ouest de CABO-VERDE, oferece o BRASIL, como um presente a PORTUGAL. Os negociadores portugueses, entre os quais se destacava Duarte PACHECO PEREIRA, fincaram-se sobre a definição dessa linha, durante anos. O sucesso do ensino da Escola  de Sagres, criada uns 100 anos antes,  no que toca à navegação jà não precisa de ser demonstrado. Provàvelmente, também se fez sentir na cartografia.

D. Vasco regressou ao seu berço, num cantinho do norte de Portugal, acompanhado dos filhos, três ou quatro, não se tem a prova documental da existência do quarto. Esses filhos, Joana, a minha antepassada, Pedro e Margarida, talvez um quarto, Payo, nasceram em Roma dos amores do Protonotàrio Apostòlico com a Dama Bernaldina ANICIA, duma muito antiga familia patrìcia, os ANICIA. O Imperador Carlos V, sabendo que a Casa da Austria contava o romano ANICIO Alibrio, entre os seus antepassados, quando veio à Italia para se fazer coroar, foi visitar vàrias vezes uma Dama ANICIA, residente numa velha propriedade dos arrabaldes de Roma. Esta senhora recusou a proposta que Carlos V lhe fez de uma vivenda na capital mesmo, e mais conforme ao seu nìvel social. Preferia, disse ela, morrer là onde tinha nascido e vivido.

D. Vasco, como disse, regressou ao Minho, coberto de honras e de riquezas, mas sem Bernardina, falecida talvez em 1496. O rei D. Manuel I legitimou os filhos em 07-06-1511, confirmou todas as mercês, juntou  algumas suplementares. O genro de D. Vasco, D. Lançarote FALCAO, meu 13° avô, foi nomeado primeiro Comendatàrio da vila de Monção pelo mesmo  rei em 17-07-1521. D. Vasco MARINHO de CASTRO despediu-se deste mundo em 1522,  e dorme do seu ùltimo sono na Igreja Matriz de MONÇAO, onde eu fui batisada em 1930.

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